Voir l'état des eaux et son évolution - rivières et aquifères

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Sélection de l'actualité (1)


Quelques éléments d'actualité sur les états qualitatif et quantitatif des eaux et des milieux aquatiques ainsi que sur la gestion de la ressource en eau et la pression exercée par les secteurs agricoles, domestiques et industriels. Ce regard sur l'actualité commence en 2011, après l'ouverture du site Eau-Evolution. Les informations sélectionnées dans cette revue ne sont pas bien entendu pas exhaustives, mais elles nous ont paru importantes ; vos commentaires sont les bienvenus. La plupart de ces informations complètent, illustrent ou actualisent des articles du site Eau-Evolution indiqués par le lien "Contexte" ; elles y sont souvent elles-mêmes commentées.



>>>L'ACTUALITE PLUS RECENTE


18/09/2013 Évaluation de la politique de l'eau : budget en baisse et difficultés croissantes. Extraits :
"Le rapport d'analyse "Évaluation de la politique de l'eau" du CGEDD rendu public le 11 septembre met en lumière les difficultés de gestion des petit et grand cycles de l'eau. Zoom sur les principaux écueils identifiés".

"L'objectif du Grenelle de l'environnement d'atteinte du bon état écologique des eaux de surface pour 66% des masses d'eau dès 2015 n'est pas atteignable, selon le rapport du CGEDD".

"Un changement prévu des règles concernant l'objectif de la DCE
Pollutions diffuses agricoles, émergence de nouvelles pollutions chimiques, morphologie des cours d'eau, gestion sous tension des étiages et des zones humides : les difficultés posées par le grand cycle de l'eau s'avèrent particulièrement complexes.
Le document dénonce un décalage entre les objectifs et les possibilités. Le Grenelle de l'environnement a en effet fixé l'objectif d'atteinte du bon état écologique des eaux de surface pour 66% des masses d'eau dès 2015. Selon le rapport, l'analyse initiale de 2009, pourtant optimiste, aurait dû conduire à des objectifs d'amélioration de 15%,
"Pour le cycle suivant (2016-2021), la situation devrait s'aggraver du fait d'une modification de la règle du jeu à la demande de la Commission avec, d'une part, l'introduction de concentrations minimales pour de nouvelles substances chimiques et, d'autre part, des modifications apportées à certains indicateurs biologiques", détaille-t-il."

"Une police de l'eau en difficulté
Acteurs insuffisamment coordonnés, police appliquée de façon hétérogène et nombre peu important de sanctions, ou n'étant pas proportionnées aux dommages occasionnés : le rapport fait le constat d'une police de l'eau en difficulté.
Autre instance en souffrance : le système d'information sur l'eau (Sie). Il serait pénalisé par "un pilotage stratégique insuffisant, aggravé par l'absence d'autorité sur des acteurs extérieurs à la sphère État, une rationalisation incomplète des réseaux de mesures, et un dispositif qualité incomplet", regrette le rapport. Selon le document, les producteurs peineraient par exemple "faute de compétences suffisantes" à encadrer l'activité des laboratoires placés en situation monopolistique."

"Des crédits budgétaires en baisse
Depuis quelques années, les crédits budgétaires connaissent une baisse régulière, pointe le rapport. Ils s'élèvent aujourd'hui à un montant de 14,6 M€ pour 2013 (avant répartition du surgel budgétaire et hors coût des personnels). "La tendance est à la poursuite de la réduction de ces crédits budgétaires du fait du surgel du budget 2013 (impact sur les crédits du domaine public fluvial (DPF) notamment)", détaille le rapport. Cette réduction du financement s'observe également dans la contribution des collectivités territoriales, qui apportent la majeure partie des financements.
"On assiste ces dernières années à un retrait progressif des conseils généraux, voire régionaux, qui se replient sur leurs compétences obligatoires", explique le document.
Concernant le petit cycle de l'eau, le prix et la qualité semblent globalement satisfaisants. En revanche, la mission a constaté plusieurs axes d'améliorations. La gestion des eaux pluviales, tout d'abord, poserait des problèmes d'inondations (par ruissellement urbain) et de pollution.
"Si la mise aux normes de l'assainissement collectif avec les exigences de la directive sur les eaux résiduelles urbaines (Deru) est en bonne voie, la mise aux normes des installations des petites collectivités de moins de 2.000 habitants est encore largement devant nous", déplore le document."

"Vingt-neuf agglomérations non conformes à la Deru
Concernant les DOM, au 1er janvier 2013, 29 agglomérations restaient toujours non conformes à la Deru, en Guadeloupe, à la Martinique, en Guyane et à La Réunion (dont 17 qui n'ont toujours pas commencé les travaux nécessaires).
Autre difficulté soulevée : le vieillissement des réseaux et la connaissance patrimoniale. Le taux moyen national de rendement sur les réseaux d'eau potable est aujourd'hui estimé à 78 %.
"Le coût de l'eau perdue doit être supérieur au coût de recherche et réparation du défaut engendrant la perte, considère le rapport, de plus, la réduction des fuites se heurtera à la capacité de financement des services publics d'eau et d'assainissement, notamment lorsque les réseaux, anciens, n'ont pas été amortis (le prix de l'eau va augmenter et ce d'autant plus que les consommations baissent)."
Le problème majeur pour l'efficience du service serait, selon le rapport, l'émiettement de la gouvernance. La petite taille d'un grand nombre d'autorités organisatrices pourrait entraîner des difficultés à contrôler le délégataire, ou à effectuer le service en régie dans de bonnes conditions.
La garantie de la transparence de l'information sur la qualité des services reste également un objectif.
"
>>> Contexte


18/09/2013 Onema : une mission gouvernementale réaffirme la nécessité d’un audit des données publiques sur l’eau. Extraits :
"A une semaine de la table ronde sur l’eau qui se tiendra les 20 et 21 septembre 2013 dans le cadre de la seconde Conférence environnementale, un groupe d’évaluation interministériel de la politique de l’eau vient de réaffirmer dans un rapport en date du 5 septembre 2013 la nécessité d’engager un audit indépendant du Système d’information sur l’eau français géré par l’ONEMA…"

"Car à ce jour aucun audit indépendant du système de production de données sur l’eau français n’a été engagé. En dépit de l’engagement public de Delphine Batho, alors ministre de l’Ecologie, en dépit de la demande publique formulée par le président de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, en dépit de la demande réitérée par Michel Lesage, parlementaire en mission et auteur d’un Rapport sur la politique de l’eau, remis au Premier ministre le 4 juillet dernier.
En dépit des inquiétantes découvertes et confirmations découlant de l’instruction d’une plainte diligentée au pénal dans l’affaire de l’ONEMA.
La manœuvre vise en fait, comme le détaille par ailleurs le Rapport précité, à revoir considérablement à la baisse les objectifs d’atteinte de bon état des eaux fixés par les textes communautaires, s’agissant de la prochaine étape de mise en œuvre de la DCE.
Mais pour ce faire il bien auditer l’actuel SIE, sans quoi, par ailleurs, la création de la future Agence française de la biodiversité est impossible : on ne va pas confier aux architectes d’un système d’information totalement défaillant, pour n’en pas dire davantage, la responsabilité de produire des informations sur la biodiversité, alors qu’ils ont totalement failli à leur tâche.
Dilemme impossible : ne rien faire c’est courir à la catastrophe, engager un audit du SIE c’est courir le risque d’un scandale sans précédent.
On attend donc avec grand intérêt de voir comment la Conférence environnementale va réagir à la demande renouvelée dans le Rapport Levraut de réalisation d’un audit du SIE…
"
>>> Contexte


18/09/2013 Les forages intensifs contaminent à l'arsenic l'eau d'Hanoï. Extraits :
"De l'arsenic infiltre la nappe phréatique qui fournit de l'eau potable à la population de Hanoï et ce phénomène, heureusement très lent, pourrait se produire dans d'autres aquifères dans le monde, selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature.
En Asie du sud, de nombreux bassins sont déjà contaminés «naturellement» par de l'arsenic provenant des sédiments du plateau himalayen, mais cette étude montre que l'activité humaine, liée au forage intensif, étend ce problème aux aquifères sains.
«C'est la première fois que nous sommes capables de prouver qu'une nappe d'eau considérée comme saine a été contaminée», explique dans un communiqué le professeur de géochimie, Alexander van Geen de la Columbia University, co-auteur de la publication.
Les tests ont été réalisés dans le village de Van Phuc, à 10 km d'Hanoï. Dans l'ouest, des chercheurs ont mesuré des concentrations d'arsenic de 10 à 50 fois supérieures à la valeur guide de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui est de 10 microgrammes par litre d'eau.
Entre 2000 et 2010, les prélèvements d'eau pour la municipalité d'Hanoï ont été multipliés par deux. L'eau potable provient essentiellement d'un aquifère, relativement sain, datant de l'ère du Pléistocène (12.000 ans) donc profond.
Or, dans les faubourgs de Hanoï, de nombreux villageois ont creusé eux-mêmes des puits dans un autre aquifère, datant de la période de l'Holocène (5000 ans), proche de la surface, et présentant naturellement de hauts niveaux d'arsenic.
Les forages ont changé «les conditions d'écoulement de l'eau» et entraîné «la contamination à l'arsenic sur plus de 120 mètres depuis l'aquifère de l'Holocène vers celui du Pléistocène, qui n'était pas contaminé», écrivent les chercheurs, qui mettent également en avant une réaction chimique des sédiments pour expliquer ce phénomène.
«Nous sommes en train de chambouler les systèmes naturels un peu partout dans le monde» explique Michael Berg de l'Institut fédéral suisse pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux, co-auteur de la publication.
"
>>> Contexte


05/09/2013 Appel à projets : Innovations et changements de pratiques - Lutte contre les micropolluants chimiques des eaux urbaines. Extraits :
"Les micropolluants des milieux aquatiques sont des substances (résidus de médicaments, cosmétiques, détergents, pesticides urbains, polluants issus des matériaux, des revêtements urbains, hydrocarbures, plastifiants, contaminations métalliques, nanoparticules …) susceptibles d’avoir une action toxique pour l’homme et/ou les organismes aquatiques, même à des concentrations infimes."

"Face à la problématique grandissante des micropolluants, le Ministère de l’Ecologie, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) et les Agences de l’eau, en partenariat avec le Ministère en charge de la santé, lancent conjointement un appel à projets sur les moyens de lutter contre les micropolluants des eaux usées urbaines.
Quels types de solutions innovantes peuvent être soutenues ?
Changements de pratiques des usagers et des professionnels, collecte ciblée des déchets, rétention ou traitement avant rejet dans les réseaux collectifs, aménagements urbains pour la gestion du pluvial et des surverses de réseau, produits de substitution, méthodes de mesures des micropolluants et de leurs flux, etc…
Quelles sont les caractéristiques principales des projets attendus ?
-Avoir une dimension partenariale et être portés de préférence par une collectivité territoriale
-Pouvoir tester en conditions réelles, sur le terrain, la faisabilité des solutions
-Intégrer plusieurs dimensions de la gestion des micropolluants : diagnostic, prévention, traitements innovants des micropolluants, métrologie (science des mesures), acceptabilité des projets par la population
-Etre porteurs d’innovation dans le domaine technologique ou vis à vis du changement des pratiques de gestion et des comportements.
-Intégrer l’étude coût-efficacité des solutions envisagées et définir les conditions de réussite ou les indicateurs de performance.
"
>>> Contexte


05/09/2013 L’écologie défaite par l’idéologie de la croissance. Extraits :
"Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), vient de publier une étude prospective intitulée "Eau, milieux aquatiques et territoires durables 2030".
L’étude part de l’analyse de la situation en Languedoc-Roussillon et l’étend au niveau national. Cette démarche a du sens puisque la gestion de l’eau en LR n’est absolument pas durable. La crise de l’eau y sera particulièrement grave si rien est fait d’ici 2030.
L’étude a été menée par des experts de 3 bureaux d’étude privés et de l’IRSTEA.
L’IRSTEA (ex-Cemagref), dont nombre d’ex-(mais toujours) fonctionnaires- ingénieurs ont monté leur petite entreprise, joyeusement financée sur fonds publics par l’Agence, l’Onema, etc., fait partie du pôle de compétitivité Eau de Montpellier et à ce titre, certains de ses projets de recherche sont financés par Veolia, Suez and co, et d’autres par les collectivités territoriales.
Lors des 2 débats sur l’eau qui ont agité récemment la région (Aqua Domitia, expiration des DSP eau et assainissement de l’agglo de Montpellier), l’IRSTEA a eu des positions officielles qui allaient dans le sens souhaité par les délégataires privés et les élus des collectivités territoriales, et la question de la durabilité ne dépassait pas le stade du slogan.
"
>>> Contexte


05/09/2013 Cours d'eau : l'impact des pluies acides. Extraits :
"Héritage des pluies acides, les deux tiers des cours d'eau du nord-est américain sont aujourd'hui nettement alcalins, ce qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l'approvisionnement en eau potable des grands centres urbains ainsi que sur les écosystèmes aquatiques.
Une étude parue aujourd'hui dans la revue Environnemental Science and Technology a été la première à étudier l'évolution sur une période prolongée (25 à 60 ans) de l'alcalinité de 97 grands cours d'eau, de la Floride (sud-est) au New Hampshire (nord-est). Une eau plus alcaline complique le traitement des eaux potables et usées, favorise la croissance des algues et peut accélérer la corrosion des canalisations, explique Sujay Kaushal, un géologue de l'Université du Maryland (est), un des principaux auteurs de cette recherche.
"La plus grande inquiétude c'est que des niveaux élevés d'alcalinité ne provoque une toxicité de l'ammoniac dans l'eau, ce qui peut être néfaste aux récoltes irriguées avec ces eaux ainsi qu'aux populations de poissons dans les fleuves et rivières", précise-t-il. Aucun de ces cours d'eau n'est devenu plus acide mais paradoxalement, des niveaux plus élevés de pluies acides dans le sol et les eaux résultant de l'activité humaine, sont la plus grande cause de cette alcalinité grandissante, déplore ce géologue.
Selon ces scientifiques, les pluies acides qui se forment avec la pollution produite par la combustion du charbon et du pétrole, ainsi que par les activités minières, précipitent la dissolution des roches carbonatées ainsi que des revêtements de surface naturellement riches en minéraux alcalins.

"Sources majeures d'eau potable"
L'acide dans les eaux ronge le calcaire et les autres roches carbonatées, dissolvant les particules alcalines qui se retrouvent dans les cours d'eau et rivières. "C'est un peu comme si les fleuves et rivières étaient traités avec du Rolaids", un médicament antiacide, ironise Sujay Kaushal.
Jusqu'alors les scientifiques s'étaient seulement penchés sur les effets de la dissolution chimique des roches carbonatées dans de petits cours d'eau de montagne affectés par les pluies acides où ce processus peut en fait aider à rééquilibrer leur pH (potentiel hydrogène). Avec une valeur de 7 le pH est neutre, à moins de sept un liquide est acide, à plus de 7 il est alcalin. "La découverte de la forte alcalinité des grandes rivières et fleuves de l'est des Etats-Unis parmi les plus importants du pays a été une surprise totale", dit à l'AFP Sujay Kaushal, ajoutant que "cela montre que ces grands systèmes d'eau sont plus sensibles qu'on ne le pensait".
Les rivières affectées sont des sources majeures d'eau potable pour entre autres Washington D.C., Philadelphie, Baltimore et Atlanta et d'autres de ces cours d'eau se jettent dans la baie du Chesapeake, le plus grand estuaire des Etats-Unis, déjà affecté par une croissance excessive des algues, précise-t-il. Le géologue relève aussi que les pluies acides continuent à diminuer depuis plusieurs années grâce au renforcement des réglementations de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) voté par le Congrès américain dans les années 1990, mais "on ignore combien de temps il faudra pour que ce phénomène d'alcalinité cesse et si cela est possible".
"Il s'agit d'un autre exemple de l'impact très étendu des activités humaines sur des systèmes naturels, ce qui est de plus en plus préoccupant", juge Gene Likens, un écologiste de l'Université du Connecticut (nord-est), co-découvreur des pluies acides en 1963, qui a collaboré à cette dernière recherche. "Les décideurs et le public pensent que les pluies acides sont une affaire du passé mais ce n'est pas du tout le cas", commente-t-il."

>>> Contexte


24/08/2013 Les abeilles en danger de disparition (et l’humanité par la même occasion) : état des lieux des dernières connaissances scientifiques. Extraits des propos de Henri Clément, président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française, à propos des causes de la raréfaction des abeilles :
"Il y a plusieurs problèmes :
-Les pesticides : qui restent la cause principale.
-L’évolution agricole : on observe un manque de diversité dans nos cultures.
-Les conditions climatiques qui évoluent.
-Le varroa : petit acarien qui s’attaque aux larves des abeilles, il est arrivé depuis les années 80.
-Virus et champignon : les scientifiques ont démontré qu’il fallait des conditions aggravantes pour qu’ils se développent. Ce sont des maladies opportunistes qui ne se déclenchent qu’en cas de stress dû notamment aux résidus de pesticides. Cela a été démontré par le CNR et l’Université de Clermont-Ferrand et des chercheurs américains.

L’Europe a récemment pris la décision d’enlever des molécules des pesticides ce qui est une bonne nouvelle.
Le cumul de ces facteurs entraîne le phénomène que l’on observe aujourd’hui, avec comme causes prépondérantes : les pesticides et nos modes de cultures actuels.
"
>>> Contexte


24/08/2013 Le réchauffement climatique rapetisse les poissons de rivière. Extraits :
"Mauvaise nouvelle pour les pêcheurs : les poissons de rivière sont de plus en plus petits, du fait du réchauffement climatique. C'est le résultat d'une étude du laboratoire Biogéochimie et écologie des milieux continentaux, relayée par Sciences et Avenir, portant sur quatre millions de mesures prises entre 1980 et 2008, concernant 52 espèces de poissons de rivière capturés sur 7 000 sites.
Un constat pas si étonnant, puisqu'un biologiste allemand, M. Bergmann, avait, dès le XIXe siècle, fait le lien entre températures et taille des organismes vivants. Plus il fait chaud, plus ils sont petits. La règle s'applique par exemple à merveille aux ours polaires, bien plus grands que les ours des tropiques.
Les chercheurs expliquent aujourd'hui le phénomène par une cause indirecte, liée à la compétition pour la nourriture : "lorsque la température s’élève, l’énergie accumulée (la différence entre ce que l’individu ingère et ce qu’il dépense pour se maintenir en vie) augmente plus vite chez les petits individus. Ce mécanisme les rend plus compétitifs pour l’exploitation des ressources par rapport aux grands, qui peuvent alors être exclus", explique le chercheur Eric Edeline, interrogé par Sciences et Avenir.
"
>>> Contexte


24/07/2013 Ecological Health in the Nation's Streams, 1993-2005. Extraits :
"Highlights of Major Findings and Implications
• The presence of healthy streams in watersheds with substantial human influence indicates that it is possible to maintain and restore healthy stream ecosystems. Such streams can also offer insights into how stream health can be maintained amid anticipated changes in land use or restored when stream health has deteriorated as a result of human actions.
• Assessments that are limited to a single biological community are likely to underestimate the effects of land and water use on stream health. Assessments of multiple biological communities increase our ability to detect streams with diminished health and provide a more complete understanding of how land and water use influence stream health.
• Water quality is not independent of water quantity because flows are a fundamental part of stream health. Because flows are modified in so many streams and rivers, there are many opportunities to enhance stream health with targeted adjustments to flow management.
• Efforts to understand the causes of reduced stream health should consider the possible effects of nutrients and pesticides, in addition to modified flows, particularly in agricultural and urban settings.
• Stream health is often reduced due to multiple physical and chemical factors. Assessments and restoration efforts should therefore take a multifactor approach, wherein a number of factors—and their possible interactions—are considered. Understanding how these multiple factors influence biological communities is essential in developing effective management strategies aimed at restoring stream health."

"At least one biological community-algae, macroinvertebrates, or fish-was altered in 83 percent of assessed streams."

"Reduced stream health was associated with manmade modifications to physical and chemical factors that often result from land and water management."

"No single physical or chemical factor was universally associated with reduced stream health across the Nation."

"Annual low or high flows were modified in 86 percent of the almost 3000 assessed streams."

"Macroinvertebrate and fish communities were frequently altered as streamflow modification increased."

"Biological communities, particularly algae, were more frequently altered in streams with elevated nutrients."

"Biological communities were more frequently altered in streams with increasingly elevated salinity relative to background levels."

"Macroinvertebrate communities were more frequently altered in streams containing pesticide mixtures with higher potential toxicity."

"Macroinvertebrate communities were more frequently altered in streams with greater potential toxicity of sediment contaminant mixtures."

"Understanding multiple factors - Improve assessment and understanding of the effects of the interactions of multiple manmade factors on biological communities. A major challenge to understanding why biological communities are altered is the ability to unravel the effects of many interacting natural and manmade factors. New studies are needed to specifically assess the interactions of multiple factors on stream health."

"A stream is considered healthy if it is capable of supporting its full complement of native species and natural processes."

"Species Traits Influence Exposure to Chemical Contaminants
Biologists often catalogue facts on plant and animal species, organizing their traits into categories including physical appearance, habitat, behavior, and food requirements. A species’ response to changes in its environment depends in large part on its traits, which influence where it can survive, grow, and successfully reproduce. Manmade changes to the environment eliminate only species that are most sensitive to those changes, whereas tolerant species may thrive. Changes in the relative abundance of different species in a community therefore provide important clues of the well-being of the ecosystem.
A species’ traits also influence its exposure to chemical contaminants. Aside from the physical properties of chemical contaminants and their concentrations in the environment, an organism’s exposure to contaminants depends largely on its habitat, living habits, food preferences, and other traits. This principle is illustrated in a NAWQA study evaluating the relation among the traits of fish species and the bioaccumulation of trace elements in their body tissues (Short and others, 2008). The accumulation of trace elements in body tissues varied among fish species largely due to differences in their traits. Specific trait characteristics were identified that were least and most strongly associated with trace-element bioaccumulation. For example, fish species that attain large adult body size typically had greater trace-element bioaccumulation than small-bodied species. One explanation for this pattern is that large-bodied species are typically longer lived than smaller size species (Wooton, 1998) and therefore have a longer lifetime exposure to environmental contaminants."

"Summertime stream temperatures were modified throughout the Nation and in all types of land uses."

"Removal of stream-side trees and other natural vegetation by agriculture and urban development is widespread."

"Elevated salinity levels in streams and rivers occur throughout the Nation in basins with substantial urban and agricultural land use."

"Nutrient concentrations in stream water are as much as six times greater than background levels in urban and agricultural lands across the Nation."

"One or more pesticides exceeded Aquatic-Life Benchmarks in more than half of the streams assessed."

"Pesticides frequently occur in stream water in both agricultural and urban land-use settings and typically reflect patterns of land use in the watershed. NAWQA made a comprehensive national assessment of pesticide concentrations in streams from 1992 through 2001 and found that 56 percent of assessed streams had one or more pesticides in water that exceeded at least one U.S. Environmental Protection Agency Aquatic-Life Benchmark (Gilliom and others, 2006). Urban streams had pesticide concentrations that exceeded one or more benchmarks at 83 percent of sites—mostly for the insecticides diazinon, chlorpyrifos, and malathion. Agricultural streams had concentrations that exceeded one or more benchmarks at 57 percent of sites—most frequently for chlorpyrifos, azinphos-methyl, atrazine, dichlorodiphenyldichloroethylene (a breakdown product of DDT), and alachlor."

"The specific pesticide compounds contributing to the potential toxicity of pesticide mixtures vary geographically according to their use across the Nation (see facing page). Insecticides are the dominant compounds contributing to potentially high toxicity, largely because these compounds have much lower toxic thresholds than other pesticides due to the fact that they were designed to kill insects. For example, the insecticide chlorpyrifos was used during the study period in both urban and agricultural areas, such as on corn in the central United States and suburban lands in South Carolina. Diazinon was also used extensively in urban areas across the Nation, as well as in some agricultural areas. Other heavily used insecticides include malathion, azinphosmethyl, and carbaryl, which were also used in agricultural and urban areas (Gilliom and others, 2006)."

"Estimating the Potential Toxicity of Pesticide Mixtures
The toxicity of dissolved pesticide mixtures was estimated by NAWQA using a pesticide toxicity index (PTI) (Munn and others, 2006; Gilliom and others, 2006). The PTI accounts for the concentration of each compound measured in a water sample, the toxicity of each compound measured, and the possibility that multiple compounds have additive effects on aquatic organisms. Importantly, the PTI does not measure actual toxicity but is a relative index of potential toxicity—the higher the PTI value, the greater the potential toxicity of dissolved pesticides. The PTI is based on available toxicity data for major groups of aquatic organisms (Munn and others, 2006). In this Circular, the PTI for cladocerans (small crustaceans found in most freshwater habitats) was used because toxicity data for this common invertebrate are available for a large number of compounds. Relations among PTI and biological communities were therefore only examined for macroinvertebrates. For each stream site, PTI values were computed for each water sample collected within 90 days before macroinvertebrates were collected. The maximum of these separate PTIs was used to indicate the potential for toxicity of dissolved pesticides at each site."

"The pesticides contributing to the potential toxicity of mixtures vary geographically according to their use across the Nation."

"Pesticide Concentrations in Stream Water Vary Seasonally
Pesticide concentrations in stream water vary by season, with lengthy periods of low concentrations punctuated by seasonal pulses of much higher concentrations. This variation occurs because transport to streams is controlled, in large part, by the timing of precipitation and associated runoff relative to pesticide applications (Leonard, 1990). For example, before sales for residential use were phased out in 2004, diazinon was commonly used during the growing season to control insects on lawns and gardens. During 1994, concentrations of diazinon during summer frequently exceeded levels known to be harmful to aquatic life in Accotink Creek, Virginia (see map earlier in this chapter).
Seasonal variation in pesticide concentrations in stream water has important biological implications because of the timing of the life cycles of aquatic organisms. For example, aquatic insects are especially vulnerable to dissolved contaminants early in life because of their relatively small body sizes (Liess and others, 2005). A mayfly, Maccaffertium sp., that was common in a nearby reference stream was absent from Accotink Creek (see graph below). This aquatic insect species emerges from the stream as a terrestrial adult during the spring, then deposits fertilized eggs back into the water soon thereafter. By early summer, the eggs hatch and the small immature insects begin their aquatic life. This species would have been extremely vulnerable to diazinon and likely was eliminated from Accotink Creek because its early life stages coincided with the highest concentrations of dissolved insecticides."

"The potential toxicity of contaminant mixtures in stream sediments was higher in urban than in agricultural streams."

"Estimating the Potential Toxicity of Streambed-Sediment Contaminants
An index of relative potential toxicity derived from scientific consensus-based freshwater sediment-quality guidelines was used to assess the potential effects of sediment contaminant mixtures on biological condition (MacDonald and others, 2000). Each contaminant in a sample is divided by its respective sediment-quality guideline (SQG), which is the concentration above which toxic effects are expected based on laboratory toxicity tests. The mean SQG provides a basis for screening whether sediment samples are toxic to aquatic life (Long and others, 2006).
NAWQA sediment samples were categorized into one of three ranges of mean SQGs identified by Long and others (2006) that represent classes of increasing likelihood of toxicity to sediment-dwelling aquatic organisms. Importantly, mean SQGs include only those compounds for which sediment-quality guidelines have been developed and include organochlorine insecticides, polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs), polychlorinated biphenyls (PCBs), and trace metals such as mercury and zinc. Other important limitations of this approach are presented in Long and others (2006)."

"The types of compounds contributing to potential sediment toxicity are related to land use (see facing page). In agricultural areas, high potential toxicity was largely the result of elevated concentrations of legacy organochlorine compounds, such as DDT. In urban areas, high potential toxicity was mostly the result of elevated concentrations of polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs), many of which are known to be highly toxic to aquatic life (Albers, 2003). Recent USGS studies (Mahler and Van Metre, 2011) have identified coal-tar-based sealcoat—the black, viscous liquid sprayed or painted on asphalt pavement such as parking lots—as a major source of PAH contamination in urban areas for large parts of the Nation. Macroinvertebrates are particularly susceptible to PAH contamination, especially those that live in the fine stream-bed sediments where PAHs tend to accumulate.
"
>>> Contexte


23/07/2013 The European Grassland Butterfly Indicator : 1990–2011. Extraits :
"Grassland butterflies have undergone a huge overall decrease in numbers. Their populations declined by almost 50 % from 1990 to 2011. Although the causes for the decline are different for each species and country, the two main drivers are agricultural intensification and abandonment of grasslands."

"Intensification comprises a wide range of activities, including the conversion of unimproved grasslands to arable crops, and permanent grasslands into temporary grasslands, heavy use of fertilisers, drainage, the use of herbicides, insecticides and pesticides, enlargement of fields, removal of landscape features and field margins and the use of heavy machines. In its most extreme form, the remaining agricultural land is virtually sterile with almost no butterflies. In such situations, butterflies can survive only on road verges, in remaining nature reserves and urban areas. Even then butterflies are not safe, as wind-drifted insecticides kill many larvae on road verges next to sprayed fields and nitrogen deposition fertilises nutrient‑poor meadows. This speeds up succession and leads to the paradox of micro-climatic cooling in combination with climate warming (Wallis De Vries and van Swaay, 2006)."

"In most of Europe, grasslands are not the climax vegetation. Without any form of management, they would gradually change into scrub and forest. This means that grasslands and their butterflies are highly dependent on activities such as grazing or mowing. Traditional forms of farming management, such as extensive livestock grazing and hay-making where fertiliser and pesticide use are minimal, provide an ideal environment for these butterflies."

"This huge decline has important implications for the conservation of biodiversity because butterflies are considered to be representative indicators of trends observed for most other terrestrial insects, which together form around two thirds of the world's species (Thomas, 2005). Butterflies are therefore useful biodiversity indicators - for example, in evaluating progress towards achieving the EU target of halting biodiversity loss (EEA, 2012).
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>>> Contexte


21/07/2013 Replanter des arbres : un nouveau modèle économique. Extraits :
"Il fut un temps où les arbres et les cultures faisaient très bon ménage. La pratique avait été délaissée après guerre avec l'apparition de l'agriculture intensive. Mais depuis quelques années, l'agroforesterie renaît dans le monde mais aussi en France. Pur Projet et Vittel ont décidé de s'associer pour replanter des arbres dans le bassin vosgien. Et les enjeux ne sont pas qu'environnementaux."

"Des arbres qui dépolluent
"L'arbre, c'est l'investissement le plus rentable que l'on puisse faire sur terre, 48 % au minimum" rappelle Tristan Lecomte le co-fondateur de Pur Projet. Et agir en France prend un autre sens. Certains Français le réclament d'ailleurs en estimant qu'il est nécessaire d'agir chez nous aussi. Ces arbres ont de grandes vertus. C'est ainsi que l'impact du réchauffement climatique sur les cultures est limité par l'ombrage des arbres, qui retarde l'évaporation. La présence d'arbres profite également aux oiseaux. Ils reviennent combattre les rongeurs ou insectes nuisibles à la nature. Plus besoin dans ces conditions de produits chimiques.

Enfin, selon l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), "les racines des arbres non seulement participent à la conservation des sols en freinant l'érosion, mais jouent aussi le rôle de filtre naturel en réduisant la pénétration des polluants dans les sous-sols et nappes phréatiques." L'eau et l'arbre sont donc très dépendants. 50 à 100 arbres maximum par hectare suffisent. Et pourtant les bienfaits de l'arbre en matière de dépollution ne sont pas assez mis en avant, selon Tristan Lecomte. Les agriculteurs eux-mêmes doivent encore en être convaincus. Les habitudes ont été modifiées depuis longtemps. Comme l'explique Christophe Klotz, "il faut leur réapprendre mais nous ne sommes pas là non plus pour les embêter."
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21/07/2013 New York: eaux usées et bactéries résistantes dans l'Hudson River. Extraits :
"Les New-Yorkais et touristes tentés par un petit bain dans l'Hudson River pour se rafraîchir durant l'actuelle vague de chaleur vont devoir s'abstenir en raison de la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques dans le fleuve, selon les autorités jeudi.
Des chercheurs de l'Université de Columbia ont mis en lumière la présence importante de ces bactéries dans l'Hudson River, qui coule sur la partie ouest de Manhattan.
Le déversement d'eaux usées sans traitement préalable directement dans la rivière est vraisemblablement à l'origine de la présence de ces organismes. Ainsi, se baigner dans l'Hudson n'a jamais été aussi dangereux.
«Si vous trouvez des bactéries résistantes aux antibiotiques dans un écosystème, c'est difficile de savoir d'où elles viennent, mais dans l'Hudson on pense vraiment que cela vient d'eaux usées non traitées», a déclaré Andrew Juhl, micro-biologiste de l'Université de Columbia.
Les militants écologistes affirment que des eaux usées sont régulièrement rejetées dans l'Hudson parce que les stations d'épuration ne peuvent pas traiter l'intégralité de ces eaux sales en certaines occasions, notamment lors des grosses pluies d'orage.
Les autorités municipales tentent d'améliorer la situation en installant des revêtements qui permettent à l'eau de s'infiltrer dans le sol, et en plantant de la végétation sur les toits des immeubles pour réduire les écoulements.
La diffusion de bactéries résistantes aux antibiotiques a notamment été mise sur le compte d'une trop grande utilisation de ces médicaments pour des infections mineures. Rien qu'aux Etats-Unis, 100.000 personnes meurent chaque année d'infections résistantes aux antibiotiques attrapées dans des hôpitaux.
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21/07/2013 Irrigation : Philippe Martin ouvre les vannes. Extraits :
"Un décret du 15 juillet 2013, publié au JO du 17 juillet, prolonge les dérogations à l’interdiction de prélever de l’eau à des fins d’irrigation agricole dans les "zones de répartition des eaux" (ZRE), c’est-à-dire les zones en déficit quantitatif."
"Le texte confirme l’interdiction de recourir aux autorisations temporaires de prélèvement en eau dans les ZRE..., mais organise en même temps les dérogations qui vident cette interdiction de sa substance.
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11/07/2013 Rapport d’évaluation de la politique de l’eau en France. Extraits :
"Il ressort de l’évaluation réalisée par la Commission européenne que la France a pris du retard dans la mise en œuvre de la DCE et dans la lutte contre les pollutions diffuses agricoles et la restauration de l’hydromorphologie des cours d’eau.
Les efforts menés par la France pour l’établissement des SDAGE a été relevé : processus de coordination, de consultation, d’information, prise en compte des principes fondateurs de la DCE concernant les méthodes d’évaluation, la désignation des masses d’eau fortement modifiées, la surveillance.
Mais les faiblesses constatées laissent à penser que la France n’a pas mis en place de façon satisfaisante les outils de connaissance permettant d’évaluer correctement l’état des eaux et n’a pas pris les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs européens de 2015."

"Les défis et les nouveaux enjeux liés à l’eau sont considérables.
Ils concernent la disponibilité et la qualité de la ressource, la régulation de ses prélèvements, la résolution de ses conflits d’usage, sa préservation et sa protection, ainsi que celles plu généralement des milieux aquatiques et des zones humides.
Les défis portent aussi sur les enjeux liés au réchauffement climatique, aux problèmes de plus en plus graves d’inondation et de sècheresse, à la question fondamentale de l’accès à l’eau pour tous…
Or il n’y a peu de débat national sur l’eau, comme il en existe par exemple sur le réchauffement climatique et la transition énergétique.
C’est un paradoxe étonnant au regard de l’attention particulière que déclarent lui porter les acteurs de l’eau.
Ces débats lorsqu’ils ont lieu, se tiennent de plus en plus souvent dans des cercles restreints où prédominent des approches trop cloisonnées, une défense des structures trop repliées sur elles-mêmes et au langage technique quelque peu hermétique.
Il est donc indispensable et urgent de faire de l’eau une grande cause nationale. Il s’agit de bâtir une vision partagée de l’eau, de développer une conscience collective sur sa situation en France, d’en avoir une approche globale et complète, et de dresser les grands enjeux du futur qui se rattachent à elle."

"Le « modèle » français de l’eau a permis des avancées mais il a aujourd’hui atteint ses limites. Il a été considéré à son origine comme innovant par son approche (les bassins hydrographiques), ses principes fondamentaux (récupération des coûts, principe « pollueur-payeur »), sa gouvernance (comité de Bassin, Agence de l’Eau) et son système de financement (les redevances).
Cependant la qualité de l’eau ne cesse de se dégrader et les pollutions se multiplier. Ses usages évoluent et les conflits qui y sont liés s’intensifient. Les principes « pollueur-payeur » et « l’eau paye l’eau » ne sont pas, ou mal, appliqués. La « démocratie de l’eau » n’est l’affaire que de quelques-uns dans les structures décisionnelles. De nouveaux défis s’intensifient : problématiques des inondations, sécheresse, réchauffement climatique…
L’enjeu lié au financement de la politique de l’eau est extrêmement important et le modèle sur lequel il repose est à bout de souffle : complexité des structures, multitude d’acteurs, recettes en régression (diminution des consommations, crise des finances publiques) avec des besoins de financement considérables (réseaux d’eau et d’assainissement, prise en charge des eaux pluviales, préservation de la ressource, actions de protection contre les inondations..). Le dispositif de redevances et de taxation est déséquilibré, il pèse essentiellement sur les usagers domestiques. Le grand cycle de l’eau est mal financé, les flux financiers qui s’y rattachent sont peu lisibles, et la fiscalité environnementale en est absente."

"Des progrès considérables restent à faire en termes de connaissance sur l’état de l’eau et les pressions qui s’exercent sur la ressource ainsi que sur l’évaluation des données. Un audit approfondi de l’ensemble du système français de production et d’évaluation des données sur l’eau apparaît indispensable."

"Aujourd'hui, l'évaluation de l'état des masses d'eau est beaucoup plus complexe et porte sur des paramètres dont certains sont mal maîtrisés au plan scientifique (comme les diatomées ou les macrophytes) ou qui font appel à des données peu connues (cas de certaines substances toxiques et dangereuses).
Dans son rapport sur l'ONEMA de février 2013, la Cour des comptes constate que la mise en œuvre du SIE est défaillante et relève d'importants dysfonctionnements.
Un rapport sur la mise en œuvre du schéma national des données sur l’eau et du SIE a été présenté en 2011 par l’ONEMA au CNE. Il ressort de ce rapport que certains projets font l'objet de retards conséquents et que des projets achevés ne donnent pas satisfaction."

"Lisibilité et accès aux données du système d’information sur l’eau (SIE)
La maîtrise d'ouvrage des projets n'est pas aisément identifiable, notamment entre le ministère de l'environnement et le ministère de l'agriculture.
La coordination technique manque également de clarté. Confiée à l'ONEMA, sa mise en œuvre se caractérise par :
- l'intervention d'un très grand nombre d'acteurs dont le rôle et le périmètre d'intervention ne sont pas définis,
- des délais et des coûts non respectés pour la mise en œuvre des projets, y compris ceux identifiés comme prioritaires,
- des outils priorisés mais défaillants et des outils essentiels aux missions mais non priorisés,
- un manque de transparence dans la production et l'accès aux données : pas de suivi de bases de données (perte de données historiques), restrictions de l’accès aux données bancarisées des producteurs partenaires et des agents de l’ONEMA, absence d'accès aux données des partenaires, mise en place de protocoles de recueil de données et de référentiels et d'indicateurs complexifiant l’évaluation de l’état des eaux, utilisation d'indicateurs incertains.
Malgré le caractère obligatoire de l'échange ou de la mise à disposition des données, l'absence de contrainte effective favorise une situation de statut quo. Cette situation est particulièrement pénalisante dès lors qu'elle impacte l'exercice des missions dont l'efficacité dépend de l'accès aux informations (ex : difficultés rencontrées par les agents exerçant des contrôles de police pour accéder à certaines données détenues par les DDT)."

"Dans le domaine de la connaissance, réaliser un audit indépendant pour s'assurer de la fiabilité des données. Des progrès considérables restent à faire en termes de connaissance sur l'état et les pressions, et de valorisation de ces données.
On relèvera également qu'un audit indépendant « de l’ensemble du dispositif français de production des données publiques sur l’eau » a été demandé le 2 février 2013 par Jean-Paul Chanteguet, président de la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale afin « de permettre à la France de respecter ses engagements nationaux et européens (…) Il devra concerner les indicateurs et les méthodes statistiques, les référentiels, l’hébergement, l’administration et la publication des bases de données. Ceci afin d’assurer la maîtrise publique de l’ensemble du dispositif et de préserver celui-ci d’une quelconque marchandisation »."

"La connaissance, l’acquisition, la validation et la diffusion des données sont indispensables au bon fonctionnement d’une véritable démocratie de l’eau et au débat citoyen. Or dans ces domaines les lacunes sont nombreuses (voir orientation n° 7)."

"La connaissance et la recherche sont des enjeux centraux dans la mise en œuvre de la politique de l'eau pour orienter l'action, aider à la décision, à l'évaluation, à l’appropriation citoyenne. Elles doivent fortement progresser."

"L'échec de l'Onema dans la mise en place d'un vaste système centralisé d'intégration et de diffusion des données rend indispensable la réalisation d'un audit approfondi de l'ensemble du système français de production et d'évaluation des données sur l'eau."

"La pollution des eaux par les pesticides
La France utilise beaucoup de produits phytosanitaires générant des pollutions chimiques des nappes et des cours d’eau. Les pesticides et autres biocides, majoritairement épandus par voie terrestre dans les activités agricoles (tracteurs, pulvérisateurs à dos…) font parfois l’objet d’un épandage aérien et peuvent donc être transportés sur des grandes distances.
En 2007, les pesticides étaient présents dans 91 % des points suivis dans les cours d’eau et dans 59 % des points d’eau souterrains.
Si les teneurs mesurées sont parfois faibles, elles traduisent très clairement une dispersion quasi généralisée des pesticides dans les milieux aquatiques (rapport 2010 du Commissariat général au développement durable).
Il s’agit d’une pollution diffuse difficile à cerner car elle résulte de pertes directes dans les sols et dans l’air, du lessivage des plantes par les pluies…
Dans les eaux superficielles ces produits peuvent avoir des conséquences graves sur les écosystèmes car il suffit qu’une bouffée de pesticide circule dans une rivière pendant un temps relativement bref, une seule fois dans l’année, pour que tout l’édifice biologique soit appauvri."

"Concernant les méthodes d’évaluation de l’état écologique, la Commission constate que la totalité des 41 substances qui doivent être intégrées dans les méthodes d'évaluation n'a pas été prise en compte.
En outre, selon les bassins, ce ne sont pas les mêmes substances qui ont été utilisées.
Sur la prise en compte de l’annexe I de la directive 2008/105/CE établissant des normes de qualité environnementale (NQE), la Commission relève que la plupart des bassins l'ont utilisé mais pas tous. Les bassins d’outre-mer ne fournissent aucune information sur l’application ou non de la directive NQE et sur la manière d'appliquer les NQE au regard des 41 substances. Très peu d’informations sont fournies sur la prise en considération ou non des concentrations de fonds dans l’évaluation. Aucune explication n’est donnée sur la méthode. Des informations manquent également sur la façon dont les facteurs de biodisponibilité des métaux ont été pris en considération.
Enfin, sur les substances responsables de dépassements, très peu d'informations sont données concernant l’utilisation ou non de zones de mélange.
Elle constate également qu'aucune norme nationale plus stricte que les NQE n’a été fixée pour l’évaluation de l’état chimique des eaux de surface.
Au final, le constat de la Commission est sévère : les méthodes d’évaluation de l’état chimique des eaux de surface sont floues et ne précisent pas quelles substances ont été utilisées ni les raisons pour lesquelles certaines substances spécifiques ont été choisies."

"L'évaluation de l’état des eaux souterraines fait également l'objet de critiques importante de la Commission.
Elle constate que l’approche des méthodes d'évaluation varie sensiblement selon les bassins.
Sur l'état quantitatif, les incidences des captages d’eaux souterraines ont été prises en considération, mais aucune information n’est fournie sur la façon dont l’équilibre entre la recharge et le captage d’eaux souterraines est évalué.
Sur l'état chimique, certains bassins n'ont pas établi de méthode définissant les dépassements acceptables des valeurs seuils (VS). La Commission estime que si des VS ont bien été définies aux niveaux national et local, le lien entre elles n’est toutefois pas clair. Elle explique que les VS sont souvent établies en rapport avec les risques. Or, la prise en considération des niveaux de référence semble varier d'un bassin à l'autre.
En outre, des méthodes destinées aux évaluations des tendances et aux points de départ des inversions de tendance font souvent défaut."

"L'outil de simulation du SEEE devait être réalisé en octobre 2008 et l'outil d'évaluation en décembre 2009. L'outil d'évaluation n'est toujours pas fonctionnel.
Les lacunes relevées par la Commission associées aux dysfonctionnements constatés par la Cour des comptes sur la coordination du SIE interrogent sur l'efficacité de l'action menée par l'ONEMA.
À défaut de réaction des autorités de tutelle, le retard dans la mise en place des méthodes d'évaluation risque fort de s'accentuer et les objectifs visant l'évaluation des eaux à partir de réseaux complémentaires à ceux de la DCE semblent compromis."

"34,1 % des masses d'eau de surface sont dans un état chimique inconnu, ce qui constitue un pourcentage élevé. La Commission souligne qu'il s'agit d’un problème majeur entravant le reste du processus de planification (définition d’objectifs et conception de mesures appropriées en vue d’améliorer l’état)."

"Dans sa lettre de mission, le Premier Ministre écrit : « l’eau est par nature un bien commun qui peut et qui doit pouvoir être utilisé par tous et dont l’usage doit de ce fait être encadré : les règles de partage de la ressource sont donc nécessaires, elles doivent être élaborées avec la participation active des parties prenantes ».
L’eau, bien public, est de ce fait un véritable enjeu démocratique. La « démocratie de l’eau » fait partie des principes de la DCE. Des outils pour la favoriser ont été élaborés, mais dans les faits, elle demeure limitée.
Une véritable démocratie de l’eau reste à construire (orientation n°8) à partir d’un savoir commun, d’une vision partagée de l’eau, de la mise en œuvre d’une « hydro citoyenneté » et d’une démocratie de proximité.
La composition des instances de l’eau doit évoluer et être rééquilibrée au profit des ménages et des collectivités locales. L’accompagnement, la formation et l’information des acteurs notamment associatifs doivent être renforcés."

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11/07/2013 Pollution: pas plus de deux portions de poisson par semaine. Extraits :
"L'agence de sécurité alimentaire (Anses) recommande de consommer deux portions de poisson par semaine, mais pas plus, un équilibre entre nos besoins nutritifs et les risques de contamination au mercure ou aux PCB."

"l'agence émet également de sérieux bémols sur la consommation de plusieurs espèces de poissons d'eau douce et de certaines autres espèces, en particulier par les populations les plus à risque comme les femmes enceintes ou les jeunes enfants."

"un nombre croissant d'experts s'inquiètent de l'aggravation de la pollution des eaux de mer et de rivières par des produits toxiques allant des hydrocarbures aux métaux lourds : selon une étude publiée en janvier dernier juste avant l'adoption d'une Convention internationale sur le mercure, la déforestation dans le monde s'est traduite par un déversement dans les lacs et rivières de quelque 260 tonnes de mercure auparavant retenues dans les sols, tandis que les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeurs des océans ont doublé en 100 ans."

"La consommation de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) est pour sa part limitée à 2 fois par mois pour la population générale, mais à une fois tous les deux mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans, les fillettes et les adolescentes.

"Les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les jeunes enfants sont également invités à limiter leur consommation de poissons prédateurs sauvages (lotte, loup ou bar, bonite, anguille, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon) et même à éviter celle d'espadon, marlin, siki, requin «en raison du risque lié au mercure»."

"l'Anses relève que les produits de la mer et des rivières peuvent également être contaminés par des micro-organismes d'origine humaine ou animale, qui sont majoritairement détruits par la cuisson et met en garde tout le monde contre la consommation de produits crus ou insuffisamment cuits, qu'il s'agisse de poissons ou de coquillages.
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05/07/2013 Les polluants organiques contaminent les poissons. Extraits :
"Depuis plusieurs dizaines d'années, l'activité humaine a relâché dans l'environnement des quantités considérables de polluants organiques et inorganiques, comme les PCB naguère utilisés comme isolant électrique, ou le DDT employé comme insecticide pour lutter contre la malaria, sans oublier différents métaux toxiques. Aujourd'hui, la production de ces polluants est interdite ou sévèrement contrôlée, mais le mal est fait car il s'agit de molécules très persistantes. Il faut des dizaines d'années pour qu'elles se dégradent. Avec le ruissellement des eaux, ces polluants se retrouvent dans les rivières, puis dans la mer où ils contaminent d'abord le phytoplancton avant de remonter toute la chaîne alimentaire : zooplancton, petits poissons, gros poissons... comme le bar justement. Plus l'organisme vivant est haut dans la chaîne, plus il est contaminé."

"Le problème des polluants organiques, explique Joseph Schnitzler, chercheur au laboratoire d'océanologie de l'ULg, c'est qu'ils ressemblent aux hormones. Ils ont donc tendance à perturber le fonctionnement de certaines glandes comme la thyroïde, les ovaires ou les testicules. Les fonctions biologiques menacées sont essentielles : reproduction, régulation de la chaleur, croissance, etc."

"Certes, nous ne produisons plus de PCB ou même de DDT, mais l'industrie chimique invente chaque jour de nouvelles molécules qui les remplacent et causent le même type de problème."

"Et la santé de la mer, indépendamment des équilibres écologiques globaux, cela nous concerne immédiatement. "Si vous consommez trois fois sur un mois du bar provenant des régions côtières de la Seine ou de l'Escaut, a calculé Joseph Schnitzler, vous dépassez la dose de PCB considérée comme nocive pour la santé. Et certains poissons de mer, comme le thon, le saumon ou l'espadon, sont encore plus contaminés".
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05/07/2013 Les centrales électriques actuelles sont vulnérables au réchauffement climatique. Extraits :
"Selon une étude publiée dans "Nature Climate Change" et menée par des scientifiques européens et des chercheurs de l'Université de Washington, au cours des 50 ans à venir, le réchauffement de l'eau et la baisse du débit des rivières auront tendance à perturber la production d'électricité. Les auteurs prévoient que le manque d'eau de refroidissement entraînera une baisse de la capacité thermo-électrique entre 2031 et 2060 de l'ordre de 4 à 16 % aux U.S. et de 6 à 19 % en Europe. Ainsi, le nombre de chutes de tension électriques drastiques (dues à des arrêts complets ou quasi complet) devrait pratiquement tripler.
"L'étude montre qu'il va falloir repenser notre modèle de refroidissement thermique," commente Dennis Lettenmaier, co-auteur et professeur de génie civil et environnemental à l'Université de Washington."

"Toutes les centrales à tours de refroidissement seront affectées, surtout les plus anciennes car elles exigent un débit élevé : elles pompent directement l'eau d'une rivière ou d'un lac pour refroidir les turbines avant de la rejeter après un seul passage dans le circuit de refroidissement (circuit simple)."

"Les Etats-Unis et l'Europe ont des normes environnementales strictes pour les eaux pompées par les centrales et la température des rejets d'eau. En cas de canicule associée à de faibles débits des rivières, on assisterait à une incompatibilité accrue entre les impératifs environnementaux et de production énergétique. Les rejets d'eau chaude dans l'environnement sont également source de pollution thermique en aval.
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05/07/2013 Eau: une association tire l'alarme sur l'état des canalisations. Extraits :
"Les canalisations d'eau en France nécessitent une rénovation d'urgence mais «personne» ne connaît leur état exact, alors qu'un état des lieux est obligatoire d'ici la fin de l'année, alertent jeudi 60 millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterrand.
L'enjeu est de taille, avertissent les deux associations. Chaque année, 1,3 milliard de m3 d'eau sont perdus, 60% du réseau est constitué de matériaux (aciers, fonte et PVC) «pouvant représenter un risque sanitaire» et le retard pris dans le renouvellement risque d'alourdir la facture pour les Français.
«Or, la plupart des collectivités sont dans l'impossibilité de présenter ne serait-ce qu'un inventaire précis de leur réseau, pourtant obligatoire à la fin de l'année 2013», soulignent-elles dans un communiqué.
«Comment imaginer dans ces conditions que le réseau soit correctement entretenu alors que personne n'en connaît précisément l'état», poursuivent-elles.
Le rythme actuel de renouvellement moyen des quelque 850.000 km de canalisations en France est de 160 ans, 23% affichant même un taux supérieur à 500 ans.
4,5 milliards d'euros par an
«Or une canalisation a une durée de vie d'environ 75 ans», écrivent 60 millions de consommateurs et France Libertés, qui estiment la facture de la rénovation du réseau à 4,5 milliards d'euros par an sur la période 2015-2030.
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02/07/2013 Déclin d'une algue brune sous l'effet du réchauffement climatique. Extraits :
"Brest - Une espèce d'algue brune, d'un grand intérêt à la fois écologique et économique, pourrait disparaître de certaines zones côtières européennes dès 2050 dans le cas d'un réchauffement climatique modéré à fort, affirme une étude publiée dans la revue PLOS One."

"Les scientifiques ont étudié l'évolution de la probabilité de présence le long des côtes européennes de l'algue brune Laminaria digitata, en fonction de différents scénarios de réchauffement climatique. Ils ont conclu que la distribution de cette algue pourrait être largement modifiée au cours du siècle.
«Les projections varient avec l'intensité de l'augmentation des températures», a cependant assuré à l'AFP Virginie Raybaud, principale auteure de l'étude, en soulignant que deux modèles climatiques avaient été testés, ainsi que trois scénarios représentant différentes intensités de réchauffement (faible, modéré et fort). «Avec un réchauffement modéré à fort, l'espèce pourrait disparaître de certaines côtes dès le milieu du siècle», a dit Virginie Raybaud, du Laboratoire d'océanologie et géosciences.
L'espèce pourrait ainsi complètement disparaître des côtes françaises jusqu'au celles du Danemark, ainsi que sur les côtes méridionales des Iles Britanniques dès 2050.
Cette évolution aurait à son tour des répercussions sur la biodiversité et la ressource halieutique des régions concernées, selon l'étude.
Les champs de laminaires forment d'immenses forêts sous-marines qui abritent un grand nombre d'espèces animales et végétales, dont plusieurs espèces commerciales de poissons et de crustacés, expliquent les scientifiques.
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02/07/2013 Environmental concentrations of antibiotics are potentially damaging to aquatic life. Extraits :
"Antibiotics are in widespread use, not only for human medical conditions, but also for increasing growth rates in livestock, in the feed of farmed fish and to prevent bacterial crop damage. As a result, contamination of natural environments is common in Europe, and antibiotics have been found in groundwater, drinking water and soils. Although much of current concern regarding antibiotics is focused on bacterial resistance and the consequences for human health, the presence of antibiotics in the environment can also have damaging effects on ecosystems.

In this study, researchers examined the effects of antibiotics on a cyanobacterium and a green alga, key organisms which supply the nutrients needed for aquatic ecosystems. Five different types of antibiotics (amoxicillin, erythromycin, levofloxacin, norfloxacin and tetracycline) were chosen because they had been previously detected in aquatic environments.

In natural environments, it is likely that organisms will be exposed to mixtures of different antibiotics arising from different sources, it is therefore important that the combined effects of such compounds are studied. Researchers tested the toxicity of these antibiotics, both in isolation and in different combinations, up to all five at once. To assess toxicity, concentrations similar to those that had been measured in the environment were added to solutions containing the cyanobacterium or the alga.

The results suggest that erythromycin in particular was highly toxic to both cyanobacteria and algae, to such an extent that researchers warn that it could be classified as ‘very toxic to aquatic life’ under the EU regulation on classification, labelling and packaging of substances and mixtures. In general, the toxicity of all antibiotics was higher for the cyanobacterium than for the alga. This was to be expected, since antibiotics are designed to target bacteria. However, erythromycin and tetracycline were both highly toxic to the alga, demonstrating that antibiotics can be toxic even to non-target organisms, such as plants.

In order to assess the effects of interactions between antibiotics the researchers used a ‘Combination Index’. This showed that, in most cases, the toxic effects of antibiotics were increased when they were in combination with other antibiotics. The researchers stress that this result shows that even if compounds are in low concentrations in the environment, they may still have a toxic effect on ecosystems when mixed with other substances.

Finally, researchers calculated ‘risk quotients’: the ratio of observed concentration in the environment to no-effect concentration (i.e. the level at which the compound is expected to have no harmful impact). A ratio of greater than 1 was found for erythromycin and tetracycline individually in surface waters in relation to the cyanobacterium and the alga, respectively, and for a mixture of the two antibiotics in wastewater effluent in relation to both organisms. The results demonstrate that antibiotics, and in particular certain combinations, may pose a potential ecological risk for aquatic ecosystems.
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01/07/2013 Les polluants alimentaires accentuent les troubles du métabolisme. Extraits :
"L'exposition chronique d'un organisme à des doses infimes de certains polluants, peut-elle avoir des effets importants ? Posée depuis près de deux décennies aux toxicologues et aux évaluateurs du risque, cette question n'en finit plus de recevoir des réponses – positives – de la recherche académique. Les travaux menés des chercheurs du Laboratoire en cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition (Inserm, INRA et université Lyon-1) et publiés dans la dernière édition de FASEB Journal – la revue des sociétés américaines de biologie expérimentale – en sont une nouvelle illustration. Ces derniers montrent qu'un mélange de contaminants courants, à des doses fréquemment rencontrées dans l'alimentation humaine, aggrave significativement les troubles métaboliques induits par une alimentation trop riche.
Les auteurs ont soumis des souris femelles à un tel régime "obésogène" associé à un cocktail de bisphénol A, de TCDD (une dioxine), de PCB 153 (un pyralène) et de DEHP (un phtalate). Elles ont donné naissance à des animaux qui, dès le sevrage, ont à leur tour été exposés au même régime alimentaire – contaminants compris. Ces animaux ont été comparés à d'autres rongeurs nés et nourris dans des conditions identiques, à ceci près que ni eux ni leur mère n'ont été en contact avec les quatre contaminants.
"Nous nous sommes placés dans les conditions que nous estimons les plus réalistes, les plus proches de la situation à laquelle l'homme est confronté, expliquent Danielle Naville et Brigitte Le Magueresse, qui ont coordonné ces recherches. D'une part, les doses que nous avons choisies pour chacune des quatre molécules est très faible, à des niveaux proches des doses journalières tolérables. D'autre part, nous avons choisi une exposition des animaux permanente, depuis le moment de leur conception, car les humains sont exposés en permanence, par leur alimentation notamment, à ce type de molécules."

UN COCKTAIL DE PERTURBATEURS ENDOCRINIENS
Les quatre composants du cocktail sont tous des perturbateurs endocriniens avérés – des molécules capables d'interférer avec le système hormonal – mais appartiennent à des familles différentes, ayant des modes d'action distincts."Généralement, ces molécules sont testées séparément, précise Mme Le Magueresse. Chose qui n'avait jamais été faite auparavant, nous avons évalué l'effet de leur mélange, tel qu'il peut intervenir dans l'alimentation humaine."
L'effet mis en évidence par les chercheurs français dépend du sexe des rongeurs. Chez les femelles, l'exposition au cocktail de contaminants altère la capacité de l'organisme à réguler le taux de glucose dans le sang. Attention : par rapport aux femelles nourries avec un régime alimentaire équilibré, les femelles obèses présentent les signes de cette "intolérance au glucose", même en l'absence du fameux mélange de polluants. Mais lorsque celui-ci est ajouté, le trouble métabolique s'aggrave encore. Dans la population humaine, l'intolérance au glucose est l'une des composantes du "syndrome métabolique", qui accroît les risques de diabète de type 2, d'accidents vasculaires, etc.
Les auteurs apportent en outre une explication mécanistique au phénomène observé. Dans le foie des femelles exposées au cocktail, un gène (dit Sult1e1) est surexprimé et produit ainsi plus d'une enzyme impliquée dans l'inactivation des œstrogènes. Plus cette enzyme est abondante, plus le taux de ces hormones chute, dans le foie. Selon les auteurs, c'est le déficit de ces hormones qui accentue, chez ces rongeurs femelles, l'altération du métabolisme observée. De précédents travaux, conduits par Wen Xie (université de Pittsburgh, Etats-Unis) et publiés en 2012 dans la revue Diabètes, ont mis en évidence, là encore sur des souris femelles, cet effet "protecteur" des œstrogènes.
Chez les mâles c'est une autre histoire. Les effets, moins marqués, sont une altération du métabolisme du cholestérol.
Dans ces troubles, quelle est la part respective de chacun des quatre polluants du mélange ? Les auteurs ne peuvent le dire. Pas plus qu'ils ne peuvent savoir si les effets de chacun se cumulent, s'annulent partiellement ou se renforcent..."Néanmoins, nous avons démontré l'existence d'un effet induit par l'exposition à un mélange de très faibles doses de contaminants alimentaires, concluent-ils. Cette étude contribue à alimenter la réflexion sur la manière de repenser l'évaluation des risques, telle qu'elle est pratiquée à ce jour."
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01/07/2013 Les pesticides réduisent fortement la biodiversité aquatique. Extraits :
"Les pesticides, dont un grand nombre sont utilisés en Europe et en Australie, réduisent jusqu'à 42 % des populations d'insectes et autres formes de vie des rivières et ruisseaux en Allemagne, en France et en Australie, selon une recherche publiée lundi 17 juin aux Etats-Unis.
Les pesticides, utilisés par exemple dans l'agriculture, sont parmi les polluants les plus surveillés et réglementés. Mais malgré cela, on ignorait jusqu'alors l'ampleur de leur impact sur la biodiversité dans les environnements aquatiques, soulignent ces chercheurs, dont Mikhail Beketov du Helmholtz Centre for Environmental Research à Leipzig en Allemagne et Ben Kefford de la University of Technology à Sydney.

Ces scientifiques ont démontré une forte disparition des insectes des rivières et cours d'eau et d'autres invertébrés d'eau douce. En Europe, ils ont constaté que ces insectes étaient 42 % moins fréquents dans les zones fortement contaminées par ces pesticides que dans des rivières et cours d'eau non-contaminées. En Australie, cette différence était de 27 %.

Les auteurs de cette recherche, parue dans les Comptes-rendus de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS), ont découvert que la diminution de la biodiversité aquatique résultait surtout de la disparition de plusieurs groupes d'espèces particulièrement vulnérables aux pesticides. Il s'agit notamment des libellules et des mouches éphémères, des insectes importants dans la chaîne alimentaire, aussi bien pour les poissons que les oiseaux.

Plus inquiétant, l'impact sur ces minuscules insectes est observé à des concentrations de pesticides qui sont déjà considérées comme sûres par les réglementations européennes actuelles, soulignent ces scientifiques. Selon eux, de nouveaux concepts d'évaluation liant l'écologie à l'éco-toxicologie sont maintenant nécessaires de façon urgente. "L'approche actuelle d'évaluation du risque environnemental de l'écosystème des rivières et autres cours d'eau revient à conduire sur l'autoroute avec un bandeau sur les yeux", ironise l'écotoxicologiste Matthias Liess, un autre auteur de cette recherche. Jusqu'à présent, les pesticides sont autorisés principalement sur la base d'une recherche expérimentale menée dans des laboratoires et dans des écosystèmes artificiels, souligne-t-il.
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01/07/2013 La fiabilité des données de surveillance : de nouveaux défis ? Extraits :
"Etat chimique des eaux de surface : Suite au 1er rapportage européen de 2010… En France (données 2007), 45% des masses d’eau en bon état (et 34% en état inconnu…)"

"Des stations supposées « polluées » apparaissent en bon état chimique et écologique"

"Suivi des substances DCE = Approche réglementaire basée sur un nombre limité de molécules, et visant à évaluer avant tout un niveau de contamination"

"Suivi des substances hydrophobes non pertinent sur le support eau ; Métaux, HAP, PBDE,… => sous-estimation de ces composés"

"Impact des fréquences analytiques sur l’évaluation de l’état pour l’isoproturon (herbicide) :
2007 : mesure tous les mois ; Nb stations où NQE dépassée : 10
2008 : mesure tous les 2 mois ; Nb stations où NQE dépassée : 1
2009 : mesure tous les 2 mois ; Nb stations où NQE dépassée : 0
2010 : mesure tous les 2 mois ; Nb stations où NQE dépassée : 0
=> Surveillance à organiser en conséquence"

"Absence de méthodes d’analyse pour certains composés"

"Nécessité de disposer de méthodes d’analyse performantes
Exemple du TBT : l’objectif de limite de quantification (LQ) est passé de 0,020 µg/L à 0,0002 µg/L (valeur de la NQE) puis à 30% de la NQE soit 0,00006 µg/L !!"

"14 substances où LQ > 30% NQE"

"Pour certains composés, les techniques mises en œuvre ne permettent pas de conclure sur le bon état ou non du milieu"

"Effets laboratoires "

"Prescriptions techniques sur les prélèvements et les analyses à retranscrire dans les cahiers des charges des marchés" et "Suivi des prestations"

"Non prise en compte de toutes les substances pouvant être présentes dans le milieu ni de leurs interactions"
-Exemple : PCB
-Substances émergentes : Il s’agit notamment de substances chimiques type : hormones, perturbateurs endocriniens, nouveaux pesticides, composés pharmaceutiques, produits de beauté,…
=> Candidates pour des futures réglementations"

"Effets à long terme d’un cocktail de substances présentes en faibles concentrations ?
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01/07/2013 Synthèse du projet Explore 2070 Hydrologie de surface et Synthèse du projet Explore 2070 Hydrologie souterraine. Extraits :
EXTRAITS DE LA SYNTHESE EAUX DE SURFACES
"Objectif de l’étude
Réaliser une évaluation de l’impact possible sur les eaux superficielles, principalement en termes de débits des cours d’eau, mais aussi de température de l’eau, du scénario d’évolution climatique A1B du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à l’horizon 2046-2065 en France métropolitaine et 2040-2070 sur les départements d'Outre-mer."

"Principaux résultats à retenir
L’évaluation des changements possibles sur les eaux de surface à l'horizon 2046-2065, par rapport à un état de référence (~1961-1990), a été réalisée en France métropolitaine et sur les départements d'Outre-mer sur la base d’un scénario d’émission de gaz à effet de serre (A1B) et d’un ensemble de modèles climatiques et hydrologiques.
Sur la métropole, les résultats obtenus indiquent :
- une augmentation possible des températures moyennes de l’air de l'ordre de +1.4°C à + 3°C selon les simulations sur l'ensemble de la métropole ;
- une évolution incertaine des précipitations, la plupart des modèles s'accordant cependant sur une tendance à la baisse des précipitations en été sur l'ensemble de la métropole, en moyenne de l'ordre de -16% à -23% ;
- une diminution significative globale des débits moyens annuels à l'échelle du territoire, de l'ordre de 10% à 40% selon les simulations, particulièrement prononcée sur les districts Seine-Normandie et Adour-Garonne ;
- pour une grande majorité des cours d'eau, une diminution des débits d’étiage encore plus prononcée que la diminution à l’échelle annuelle ;
- des évolutions plus hétérogènes et globalement moins importantes sur les crues.
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EXTRAITS DE LA SYNTHESE EAUX SOUTERRAINES
"Objectif de l’étude
Réaliser une évaluation de l’impact possible sur les eaux souterraines, principalement en termes de piézométrie et de recharge à partir du scénario d’évolution climatique A1B du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et des scénarios de demande en eau souterraine du BIPE (bureau d’étude prospective du projet) à l’horizon 2050-2070 en France métropolitaine et sur les départements d'Outre-mer."

"Principaux résultats à retenir
Les résultats du projet Explore 2070 font ressortir une baisse quasi générale de la piézométrie associée à une diminution de la recharge comprise entre 10 et 25%, avec globalement deux zones plus sévèrement touchées : le bassin versant de la Loire avec une baisse de la recharge comprise entre 25 et 30% sur la moitié de sa superficie et surtout le Sud-Ouest de la France avec des baisses comprises entre 30 et 50%, voire davantage (cf. figure 1).
Toutes les modélisations réalisées montrent une baisse du niveau moyen mensuel des nappes liée à la baisse de la recharge. Cette baisse serait très limitée au droit des plaines alluviales (grâce à l’alimentation des cours d’eau) mais pourrait atteindre 10 m sur les plateaux ou contreforts des bassins sédimentaires. Cette diminution entraînerait une baisse du même ordre de grandeur des débits d’étiage des cours d’eau et une augmentation de la durée des assecs.
Autre enseignement : la surélévation du niveau marin et une forte demande estivale en zone littorale risquent de générer une remontée du biseau salé (limite eau douce/eau de mer) qui pourrait mettre en danger la qualité des eaux dans les estuaires, les zones de marais et les aquifères côtiers, notamment sur le pourtour méditerranéen entre Marseille et l’Espagne."

"Prélèvements agricoles
Il est important de préciser que les résultats présentés ici n’ont pas pu prendre en compte la hausse attendue des besoins de l’irrigation en lien avec l’augmentation des températures. Les valeurs de prélèvements agricoles utilisées pour la période 2050-2070 sont donc relativement proches des valeurs des prélèvements actuels (année 2006).
Celle-ci a été calculée, plus tard dans le projet Explore 2070, dans une fourchette de +42 à + 65% par rapport aux prélèvements actuels (année 2006), à assolements identiques.
Compte tenu de l’importance des prélèvements agricoles sur l’évolution du niveau des aquifères, cette dernière observation pourrait amener à conclure que les résultats présentés sont plutôt optimistes.
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01/07/2013 Pesticides : « N’avons nous pas atteint un point de non-retour ? » Extraits :
"L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a rendu ce 13 juin une méta-analyse de la littérature scientifique internationale sur les effets des pesticides sur la santé, tant dans la population agricole que générale. A cette occasion, Gérard Bapt, député socialiste de la Haute-Garonne, membre de la commission des affaires sociales, président de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator et la pharmacovigilance et ancien président du groupe d'étude Santé environnementale de l’Assemblée nationale a répondu aux questions du Journal de l'environnement.

JDLE - Que pensez-vous de ce travail?

Gérard Bapt - L’intérêt de cette méta-analyse (dont une synthèse est disponible ici) est de donner corps et substance aux connaissances, mais aussi aux insuffisances de connaissances. Cette analyse exhaustive des expositions fait la démonstration que l’essentiel de la population générale est exposée. C’est aussi ce que montre la cohorte bretonne Pelagie(1), qui a mis en évidence la présence de 44 molécules(2) de pesticides jusqu'à 84% des échantillons prélevés. Et dans 5% des cas, des pesticides interdits depuis plusieurs années, comme l’atrazine (molécule mère et métabolites) interdite depuis 2002, ont été trouvés.

JDLE - Comment qualifieriez-vous cette contamination?

Gérard Bapt - Il était déjà très difficile d’observer les effets sanitaires des pesticides. D’abord parce que plusieurs produits peuvent agir en «cocktail»; ensuite parce que les effets sont retardés dans le temps. En outre, dans la plupart des cas, la traçabilité des substances n’a pas été assurée et l’histoire de l’exposition des individus -y compris via les registres des suivis professionnels- est peu ou mal assurée. Aujourd’hui vient se rajouter une difficulté supplémentaire de taille pour repérer les dégâts sanitaires: si la population générale est exposée, comment mener les études comparatives entre cohortes exposées et cohortes non exposées? Désormais, seule la biosurveillance des populations professionnellement exposées peut permettre de suivre les évolutions, en incluant la sphère familiale, les personnes qui vivent près des zones exposées aux épandages et les travailleurs saisonniers.
Au plan historique, on se demande si on n’a pas atteint un point de non-retour, car il y a des pesticides dont la suppression immédiate n’empêcherait pas les effets de faible dose et sur le long terme. Ces pesticides très persistants, comme les organochlorés, sont accumulés dans les graisses d’animaux que nous consommons: nous continuons à y être exposés des années après leur retrait du marché. Est-ce qu’il n’est pas trop tard pour empêcher ces effets que l’on distingue mieux maintenant?

JDLE - L‘Inserm recommande de réaliser quantité d’études, tant professionnelles que dans la sphère familiale ou à proximité des zones les plus exposées aux polluants, et de quantifier le «bruit de fond» chimique auquel est exposée la population générale. Mais n’a-t-on pas déjà assez d’indices «graves et concordants» de ces pollutions et de leurs effets délétères sur la santé?

Gérard Bapt - Non. Soit les études ne sont pas concordantes, soit elles sont difficilement étudiables par analogie, par manque de concertation ou d’insuffisances lors de leur conception. C’est donc une bonne chose de recommander de mener des études supplémentaires; mais attention! il s’agit d’être rigoureux, d’autant que ce sont des études coûteuses. L’un des objectifs qu’il faut poursuivre, c’est de comprendre les mécanismes d’action et les effets de ces produits en cas de «cocktail», puisque certaines substances sont plus actives en cas de synergie. Il faut également considérer les familles de produits, pas les produits seuls. Car il ne sert à rien de supprimer un produit si son cousin est fabriqué le mois suivant par les firmes!

JDLE – Alors nous nous reverrons lors de votre prochain mandat pour commenter les résultats des études que l’Inserm vient de préconiser et qui risquent de mettre en lumière, comme aujourd’hui, les effets délétères des pesticides?...

Gérard Bapt - L’un des arguments des opposants à une réglementation plus stricte des pesticides, c’est que l’espérance de vie continue à augmenter. Mais elle augmente pour les gens de ma génération. Vous, qui êtes dans votre trentaine, vous êtes déjà en danger! Et qu’est-ce qui va se passer pour les générations suivantes? L’espérance de vie en bonne santé s’est stabilisée, elle n’augmente plus et l’espérance de vie aux Etats-Unis a même commencé à fléchir. Je suis convaincu que c’est de la poursuite d’études comme celles de l’Inserm que dépendent des décisions politiques, qu’il faudrait très rapides et majeures. Car pour prendre des décisions politiques, il faut que les études soient documentées. En face, les puissances économiques et de lobbying sont énormes. Ce n’est donc pas l’application du principe de précaution fondé sur des doutes qui peut amener à des décisions. Pour trois néonicotinoïdes seulement, on a obtenu de haute lutte des mesures transitoires sur deux ans totalement insuffisantes, puisque limitées à certaines productions. La réalité politique, elle est là…
Mais il y a d’ores et déjà des mesures réglementaires et législatives qui peuvent être prises en France et tout de suite. Comme réformer la façon dont la Direction générale de l’alimentation (DGAL) valide des conditions de mise sur le marché de certains pesticides, qui ont été critiquées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). L’échec du plan Ecophyto, qui est flagrant, doit être mis en face des dégâts sanitaires qui sont de mieux en mieux caractérisés. Il faut effondrer l’utilisation des pesticides et engager la production agricole sur d’autres bases, comme l’agriculture biologique ou la lutte intégrée pour lutter contre les ravageurs. Sur cette question des pesticides, il faut secouer le cocotier, c’est-à-dire faire diffuser dans le public les conclusions de l’Inserm, les faire reconnaître par les politiques, et faire monter la pression publique. C’est ce qu’on a fait avec le BPA dans les biberons.

JDLE - Cette «gourmandise» pour la recherche, les rapports, les populations spécifiques à étudier ou les études de terrain, est-elle en phase avec l’urgence que suggèrent les résultats des études déjà existantes?

Gérard Bapt - L’Inserm semble considérer que ce n’est pas son rôle de faire des propositions. Ses recommandations ne portent que sur l’amélioration de la surveillance et de la recherche, mais ce n’est pas du tout opérationnel en temps que décision politique. Cela veut donc dire que c’est maintenant aux agences de sécurité sanitaire de faire des propositions aux autorités politiques compétentes pour traduire les exigences qu’impliquent les constats scientifiques déjà établis. C’est l’Anses qui doit agir, d’autant plus que l’agence du médicament lui a transféré la compétence pour les biocides. Elle doit émettre des recommandations de réglementation ou de législation vers le gouvernement, pour améliorer les procédures de contrôle, et continuer à agir au plan européen pour que la notion de perturbateurs endocriniens apparaisse et que la notion de famille de substances soit prise en compte.

JDLE - Est-ce que vous croyez à un «usage contrôlé des pesticides» comme il y a eu un «usage contrôlé de l’amiante»?

Gérard Bapt - J’y ai pensé, compte tenu du décalage qui existe entre la constatation des faits et la décision politique, -laquelle est difficile à prendre compte tenu du lobbying, des études scientifiques contradictoires, biaisées ou commandées. On retrouve les mêmes éléments. Mais avec l’amiante, c’était beaucoup plus facile: il y avait une seule substance et un seul effet…

(1) Cette cohorte a pour objectif de mesurer, dans une région très agricole, le niveau d’imprégnation aux pesticides des femmes enceintes et d’étudier leur impact sur le fœtus et son développement.
(2) Les 10 molécules les plus fréquentes sont des métabolites d’insecticides organophosphorés.
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>>> Contexte


01/07/2013 Pesticides : Effets sur la santé : une expertise collective de l’Inserm et Le dossier de presse de l'Inserm. Extraits :
EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE
"Depuis les années 1980, les enquêtes épidémiologiques ont évoqué l’implication des pesticides dans plusieurs pathologies chez des personnes exposées professionnellement à ces substances, en particulier des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques et des troubles de la reproduction. Ces enquêtes ont également attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition même à faible intensité lors de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance)."

"Du latin, Pestis (fléau) et Caedere (tuer), le terme pesticide regroupe de nombreuses substances très variées agissant sur des organismes vivants (insectes, vertébrés, vers, plantes, champignons, bactéries) pour les détruire, les contrôler ou les repousser.
Il existe une très grande hétérogénéité de pesticides (environ 1 000 substances actives ont déjà été mises sur le marché, entre hier et aujourd’hui, actuellement 309 substances phytopharmaceutiques sont autorisées en France). Ils divergent selon leurs cibles, leurs modes d’actions, leur classe chimique ou encore leur persistance dans l’environnement.
•Cibles : on distingue les herbicides, les fongicides, les insecticides…
•Il existe près de 100 familles chimiques de pesticides : organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, triazines…
•Il existe près de 10 000 formulations commerciales composées de la matière active et d’adjuvants et qui se présentent sous différentes formes (liquides, solides : granulés, poudres,..).
•La rémanence des pesticides dans l’environnement peut varier de quelques heures ou jours à plusieurs années. Ils sont transformés ou dégradés en nombreux métabolites. Certains, comme les organochlorés persistent pendant des années dans l’environnement et se retrouvent dans la chaine alimentaire.
Dans l’expertise, le terme pesticide représente l’ensemble des substances actives, indépendamment des définitions réglementaires."

"La littérature ne permet pas actuellement d’identifier avec précision les mécanismes cellulaires et moléculaires mis en jeu dans les pathologies potentiellement associées à une exposition à certains pesticides. Toutefois, certains modes d’action des substances soutiennent les données épidémiologiques. Le stress oxydant semble par exemple jouer un rôle majeur, comme dans la maladie de Parkinson. Des dommages à l’ADN ou des perturbations de certaines voies de signalisation pouvant conduire à une dérégulation de la prolifération ou de la mort cellulaire, ou des altérations du système immunitaire sont autant de mécanismes susceptibles de sous tendre les effets des pesticides sur la santé."

"Les populations sont exposées de façon permanente et à faible dose aux pesticides et à de nombreuses autres substances contaminant l’environnement. Ces mélanges de pesticides et autres substances pourraient donner lieu à des impacts sanitaires difficilement prévisibles actuellement, ce qui fait de la question des mélanges et des faibles doses un des enjeux importants de la recherche et de l’évaluation des dangers.
Les experts rappellent que "ne pas être en mesure de conclure ne veut pas dire obligatoirement qu’il n’y a pas de risque".
Si certaines substances sont mises en cause, c’est qu’elles ont été plus souvent étudiées que d’autres (en particulier dans le contexte des Etats-Unis) ; de nombreuses substances actives n’ont pas fait l’objet d’études épidémiologiques."

"Les recommandations soulignent la nécessité d’une meilleure connaissance des données d’exposition anciennes et actuelles de la population professionnelle exposée aux pesticides directement ou indirectement.
Les recommandations attirent également l’attention sur des périodes critiques d’exposition (périodes de développement) aussi bien en milieu professionnel qu’en population générale.
Des recherches pluri- et trans-disciplinaire doivent être soutenues pour permettre une caractérisation plus rapide des dangers potentiels des substances actives de pesticides.
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EXTRAITS DE LA SYNTHESE
"Au niveau réglementaire, les produits habituellement regroupés sous le terme « pesticides » sont définis selon quatre réglementations européennes distinctes : les produits phytopharmaceutiques, les biocides, les médicaments et produits à usage humain, et ceux à usage vétérinaire. Ces réglementations ont été mises en place afin de se doter d’un cadre juridique harmonisé au sein de l’Union européenne. Une même substance peut être soumise à plusieurs réglementations existantes. Les pesticides tels qu’ils sont considérés dans la présente expertise collective et par la communauté scientifique internationale, s’affranchissent des définitions réglementaires (variables au cours du temps au sein d’un même pays ou selon les pays) ainsi que de leur origine, naturelle ou issue de la transformation de produits ou de la chimie de synthèse."

"En considérant les utilisations passées et actuelles, ils sont représentés par plus d’un millier de substances actives ayant des caractéristiques physico-chimiques très diverses."

"Les produits commerciaux contenant des pesticides sont présentés à l’utilisateur sous différentes formes : liquides, poudres, granulés, gels de contact, fumigènes... et selon différents conditionnements : bidons, sacs, sprays, pièges, plaquettes pour diffuseur… Outre la ou les substances actives ayant une action pesticide, les produits commerciaux contiennent des adjuvants (solvants, tensioactifs, conservateurs), et parfois des impuretés de fabrication. Les métabolites de la substance active, les adjuvants et les impuretés peuvent posséder leur propre toxicité ou interférer avec la substance active. Des informations légales les concernant sont disponibles dans les fiches de données de sécurité, en fonction du degré de toxicité et de la quantité présente dans le produit final. La composition exacte du produit final peut donc ne pas être mentionnée dans son intégralité."

"En tonnages vendus, les herbicides arrivent en deuxième position devant les insecticides. L’évolution la plus marquée concerne les insecticides, la vente de ces derniers ayant diminué de près de 70 % entre les années 1990 et 2000 : 11 000 tonnes ont été vendues en 1990, et moins de 3 000 tonnes par an aujourd’hui. Cette baisse importante s’explique en partie par la mise sur le marché de substances actives utilisées à des quantités plus faibles, de l’ordre de quelques grammes à l’hectare."

"En France, quatre cultures (céréales à paille, maïs, colza et vigne) utilisent près de 80 % des quantités de pesticides pour moins de 40 % de la surface agricole utile. Dans les cultures pérennes, l’utilisation des pesticides est importante alors que la surface totale consacrée à ce type de culture est relativement faible. Ainsi, la vigne, qui représente moins de 3 % de la surface agricole utile, consomme environ 20 % des pesticides. À l’inverse, les grandes cultures ont une pression d’usage des pesticides plus faible alors qu’elles occupent des surfaces beaucoup plus importantes."

"Pour la période 2001-2003, la densité moyenne d’usage de pesticides en France a été de 2,9 kg de substance active à l’hectare de SAU. Cette densité se situe dans la moyenne européenne, elle est supérieure à celle des États-Unis et inférieure à celle du Japon (respectivement 0,8 et 13,7)."

"En France, les données sur les usages actuels ou passés de pesticides en milieu agricole sont parcellaires. Il n’existe pas de bases de données rétrospectives et exhaustives de ces usages, qui puissent être mises à la disposition de la recherche ou du public. Cette absence de données est l’une des difficultés rencontrées dans l’évaluation des expositions qui est pourtant indispensable aux études épidémiologiques."

"En France, il n’existe pas de recueil centralisé ni d’archivage des données d’utilisation des pesticides, et en particulier des matières actives. Actuellement, ne sont disponibles publiquement que des données de vente annuelle agrégées pour l’ensemble des cultures produites par les industriels et communiquées par l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes). Avec la mise en place au niveau communautaire d’un système de collecte d’informations sur la distribution et l’utilisation de pesticides, ces données sont accessibles, avec celles des autres pays européens, sur le site de l’office statistique de l’Union européenne (Eurostat). Elles concernent essentiellement les grandes classes d’usages de pesticides (herbicides, fongicides, insecticides), par grand type de culture, mais donnent peu d’information par famille chimique ou par matière active. L’information n’est par ailleurs pas disponible à une échelle géographique fine. Des améliorations du système de recueil des données sont annoncées avec notamment le recueil d’informations sur la quantité de substances actives utilisées et sur la zone traitée, sur une base périodique de 5 années."

"Pour mieux documenter les expositions professionnelles et environnementales, le groupe d’experts insiste sur la nécessité de disposer d’un système de recueil des données d’usage des pesticides. En mettant à profit les dispositifs préconisés par la loi européenne (n°1185/2009), il propose d’étudier la faisabilité de croiser les données de géolocalisation par parcelle (projets en cours) avec les données d’usages de pesticides."

"Actuellement, les informations sur la composition intégrale des produits commerciaux, notamment sur les adjuvants, restent confidentielles car protégées par le secret industriel. Ces adjuvants pourraient participer à la toxicité des substances actives (car constituant une première forme de mélange). Les compositions peuvent cependant être communiquées, à sa demande, au médecin du travail en charge du suivi professionnel ainsi qu’au médecin de centre antipoison. En recherche, ces données se révèlent très importantes lors de la mise au point de protocoles expérimentaux en toxicologie ou encore dans la discussion des effets observés dans le cadre des études épidémiologiques et toxicologiques."

"L’estimation des risques sanitaires des pesticides reste fondée le plus souvent sur le profil toxicologique des produits administrés seuls. Or, que ce soient via les activités professionnelles ou via l’alimentation et l’environnement, les populations sont exposées de façon chronique à ces molécules et sous forme de mélanges, pouvant donner lieu, suivant leurs concentrations, leurs voies de pénétration et de biotransformation, leurs cibles cellulaires et moléculaires respectives, à des interactions toxicologiques et à des impacts sanitaires non prévisibles. L’effet des mélanges suscite un intérêt croissant et de nombreuses études sont réalisées pour améliorer les connaissances en ce domaine. D’une façon générale, il apparaît que l’effet des mélanges peut être différent qualitativement et quantitativement de celui observé après exposition aux substances prises individuellement."

"L’identification des mécanismes d’actions et de biomarqueurs d’effets in vitro ne suffit pas à prédire la survenue de pathologies liées aux pesticides. Il est nécessaire de les confronter aux propriétés de réactivité chimique, de métabolisme, aux données toxicologiques animales, épidémiologiques… Le développement d’outils de traitement de données et de modélisation mathématique est primordial pour le succès d’une approche où les modèles d’exposition, de relations dose-réponse, toxicocinétiques et de biologie systémique intégrant la variabilité de réponse aux toxiques tiennent une place prépondérante. Seule une telle approche intégrative de la réponse physiologique, peut in fine conduire à l’objectif d’une toxicologie prédictive, c’est-à-dire capable d’anticiper les propriétés toxicologiques des pesticides à partir d’expériences in vitro et in silico, ainsi que des données in vivo et épidémiologiques disponibles, permettant de s’affranchir du recours systématique à l’animal.
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30/06/2013 Le retour des algues vertes sur les côtes bretonnes. Extraits :
"Algues vertes… Un feuilleton tristement inusable. Depuis les années 1970, le sujet revient à chaque fin de printemps et au cours de l'été sur le devant de la scène. 2013 ne fait pas exception. Les premières campagnes de ramassage ont été lancées depuis quelques jours dans les baies de Douarnenez, de Lannion et de Saint-Brieuc.
«Il faut trois facteurs pour que le phénomène se déclenche», raconte Gilles Huet délégué de l'association Eau et Rivières de Bretagne, «des éléments nutritifs, une topographie permettant le réchauffement de l'eau et de la lumière». Si les deux premières conditions sont remplies depuis longtemps avec des concentrations en nitrates trop élevées dans les rivières et les baies abritées, la troisième est arrivée ces derniers jours avec le soleil qui a enfin daigné se montrer.
Et la situation pourrait empirer rapidement. Au mois d'avril, les débits des rivières qui se jettent dans la mer étaient de 40 à 60 % supérieurs à ceux des années précédentes. Or plus les débits sont importants plus les algues prolifèrent si le soleil est de la partie. «Il est très vraisemblable qu'aujourd'hui encore les débits soient supérieurs à la normale», insiste Gilles Huet.
Côté prévention, les choses avancent lentement. Les huit plans locaux d'action décidés en 2010 dans la foulée d'un plan gouvernemental ont été validés par l'État et les collectivités locales, mais l'efficacité n'est pas encore au rendez-vous. Un très grand nombre d'exploitations agricoles qui devaient mettre en place des mécanismes permettant de réduire les fuites d'azote ne l'ont pas fait.

Sanctions financières d'ici à un an ou deux
«On est à une période charnière», assure Gilles Huet. Si les mesures basées sur le volontariat ne fonctionnent pas, l'État pourrait être tenté d'en imposer. D'autant que dans la bagarre juridique l'opposant aux collectivités locales pour savoir qui doit payer le ramassage et le traitement des algues, les tribunaux de Rennes ont récemment confirmé la responsabilité de l'État. L'an dernier, les opérations de nettoyage pour la seule baie de Saint-Brieuc ont coûté près de 1 million d'euros. «Et ce n'était pas une année avec beaucoup d'algues», assure Gilles Huet.
Une instruction est par ailleurs ouverte au pôle de santé publique regroupant trois affaires successives où les algues vertes sont accusées de représenter un réel danger pour la santé: il s'agit de la mort d'un cheval et du malaise de son cavalier en 2009 alors qu'ils se promenaient sur une plage souillée, la mort toujours en 2009 d'un chauffeur de camion qui transportait des algues vers une usine de traitement de Saint-Brieuc et la mort au début de l'été 2011 d'une quarantaine de sangliers dans le lit du Gouessant (Côtes-d'Armor).
L'hydrogène sulfuré qui peut se dégager des algues en décomposition est pointé du doigt. Enfin, la France est menacée par une procédure engagée devant la Cour de justice européenne pour ne pas avoir pris les mesures suffisantes contre la pollution de l'eau par les nitrates. Les sanctions financières pourraient tomber dans un an ou deux.
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30/06/2013 L’irrigation : une pratique à oublier au sud de la Loire (en 2050). Extraits :
"Le réchauffement climatique aura peut-être raison des champs de maïs à perte de vue au sud de la Loire. Des précipitations moindres en été, des cultures assoiffées et des températures plus chaudes vont profondément modifier l’ordonnancement agricole à l’œuvre depuis quelques siècles. Notamment parce que l’irrigation des cultures va aussi être perturbée. C’est l’un des points abordés par le député socialiste du Gers Philippe Martin, dans un rapport consacré à la gestion quantitative de l’eau en agriculture et présenté cette semaine au Premier ministre.
Quelques chiffres pour situer l’enjeu de l’irrigation agricole. 15,3% des exploitations françaises ont pratiqué l’irrigation en 2010, sur l‘équivalent de 5,8% de la surface agricole utile (en métropole), nettement derrière les voisins du pourtour méditerranéen[1]. Si c’est la production d’électricité qui capte les deux tiers de la ressource en eau -loin devant l’eau potable (17%), l’industrie (10%) et l’irrigation (9%)-, c’est bien l’irrigation qui capte les plus gros volumes d’eau, puisque l’irrigation ne restitue au milieu qu’une faible partie de l’eau prélevée. Spatialement, l'irrigation a tendance à baisser dans le Sud-ouest et dans le Sud-est et à s’accroître fortement dans le bassin parisien. L'alimentation annuelle moyenne des nappes souterraines est évaluée à 100 milliards de mètres cubes, l'alimentation des eaux de surface à 73 Mdm3; et 3,2 Mdm3 (soit 2.000 m3 par hectare) ont été prélevés par an pour la période 2007-2009[2]. Des chiffres qu’il faut se garder d’interpréter au plan national, prévient le rapport, puisque «c'est au niveau local que des tensions peuvent être observées, compte tenu des exigences des milieux naturels, d'une distribution inégale de la ressource dans le temps (été et hiver, variations annuelles) et dans l'espace, ainsi que de la demande d'irrigation». Autant de facteurs qui permettent de comprendre pourquoi une vingtaine de départements prennent chaque année des «arrêtés Sécheresse» restreignant l'usage de l'eau.

Très concrètement, à l'échéance 2050-2070, des chiffres précis existent sur les conséquences du réchauffement climatique sur les masses d’eau douce, grâce au projet Explore 2070. Celui-ci prévoit une baisse moyenne du débit des cours d'eau de 20% (avec des écarts de +5% à –60% selon les bassins versants. La quasi-totalité des bassins versants seraient touchés avec des baisses plus fortes sur les cours d’eau des contreforts pyrénéens et le bassin Seine Normandie. La recharge des nappes baisserait en moyenne de 30% (avec des écarts de 0 à 60% suivant les aquifères considérés), là aussi avec des impacts plus forts dans certaines régions (Vendée, etc..). Les débits en période d’étiage (mois d’août) diminueraient de 30 à 60% avec des baisses particulièrement sensibles sur le bassin Seine Normandie, la rive gauche de la Garonne et la moitié nord du bassin Rhône Méditerranée et Corse. «Ces évolutions peuvent être considérées comme très rapides, voire brutales, compte tenu de la période réduite de quelques décennies nous séparant de l’horizon de projection (2050–2070)», observe le rapport. D’autant que la demande en eau d'irrigation, «à supposer que les assolements ne soient pas modifiés», serait nettement orientée à la hausse (de 40% à 65%). Cette demande en eau «ne pourrait en général plus être couverte au sud d'une ligne Brest-Mulhouse», conclut l’étude.

Des changements drastiques dans la répartition et les pratiques culturales sont déjà en partie à l’œuvre. En témoignent le déplacement des cultures méridionales vers le nord-est –comme le blé dur- ou le fléchissement de la «domination du maïs parmi les surfaces irriguées», qui se réduit (41% en 2010 contre 50% en 2000), et l'irrigation de céréales à paille –qui requiert moins d’eau- qui se développe (17%). Comme explication, le rapport avance la réforme de la politique agricole commune (PAC), mais aussi «la mise en œuvre, de manière plus systématique sur certains bassins, de mesures administratives de restriction d’usages et de réduction des autorisations globales de prélèvements». Enfin, la baisse des superficies irriguées en maïs s’explique également «par la forte volatilité des prix agricoles et la forte augmentation du prix du blé au détriment du prix du maïs».L’incertitude quant à la disponibilité en eau et des prix du blé plus favorables que pour le maïs amènent les agriculteurs à décider «spontanément» de réduire la surface en maïs.

A horizon 2050, «la culture du maïs grain, du fait du raccourcissement de la période de remplissage des grains (même avec un semis plus précoce et un raccourcissement du cycle, qui ne compensera pas l'accroissement de l'évapotranspiration et la baisse de précipitation estivale) et du besoin accru en eau, sera ainsi défavorisée par le changement climatique dans les principales zones actuelles de production (Sud-ouest) ». A contrario, le changement climatique offrirait des possibilités intéressantes dans les zones plus septentrionales «qui pourraient accueillir la culture du maïs avec des rendements tout à fait compétitifs, moyennant un allongement des cycles variétaux pour un coût hydrique modeste», estime le rapport. Effet «positif» du changement climatique: la réduction des coûts de séchage, particulièrement dans les zones septentrionales. «Dans ces conditions, une relocalisation de la culture du maïs vers le nord du bassin parisien et le nord-est n'est pas à exclure.»

Les fluctuations interannuelles devront désormais, dans le futur proche (2020-2050), aller de pair avec une augmentation du besoin d'irrigation «de l'ordre de 40 millimètres en moyenne pour le maïs (+400 m3/ha, à comparer au niveau actuel de l'ordre de 1.500 à 2.000 m3/ha). Une augmentation de 20% est également prévisible pour le sorgho». Dans le futur lointain, le raccourcissement du cycle de végétation pourra toutefois engendrer une diminution du besoin d'irrigation, escompte le député.«Mais elle sera accompagnée d'une réduction substantielle des rendements.»

Comment faire face à ces bouleversements? Les pouvoirs publics ont déjà envisagé la question, au plan national (au travers du plan national d’adaptation au changement climatique) et au plan européen (avec le rapport de la Commission européenne du 14 novembre 2012 sur les plans de gestion des bassins hydrographiques). «Les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) en préparation pour la période 2016-2021 devront ainsi prendre en considération le changement climatique.» Un consensus, toutefois, se fait jour quant aux solutions à adopter, qui peut se résumer ainsi: surtout, que l’Etat ne s’en mêle pas! «Aucune organisation ne considère que ces changements doivent relever d'une planification stricte», note le rapport. Diplomatiquement, Philippe Martin suggère toutefois que «les rôles respectifs de la recherche, du développement et des filières mériteraient d'être précisées, ainsi que les conditions dans lesquelles les agriculteurs pourraient être accompagnés dans leurs évolutions». Quels outils? Le député propose l’extension d’un logiciel permettant «aux agriculteurs de raisonner leurs assolements sous une contrainte hydrique accrue»,ou via la PAC et l’infléchissement des conditions d’attribution des aides directes aux exploitants agricoles, favorables à l’environnement

Enfin, concernant le partage équitable de l’eau entre les agriculteurs, qui est déjà «une question délicate qu’il ne faut pas sous-estimer», le député du Gers préconise de «mieux définir les responsabilités pour les arbitrages entre eux», pour que la problématique ne tourne pas à la foire d’empoigne. Il appelle ainsi à renforcer les progrès constatés dans la mise en œuvre de la réforme de 2006, «malgré des débuts difficiles».
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30/06/2013 Exposition de la population française aux pesticides et PCB-NDL. Extraits :
"Après la parution de premières données en septembre 2010 et mars 2011, l’InVS publie aujourd’hui de nouveaux résultats détaillés. Estimés à partir d’un échantillon d’environ 400 personnes âgées de 18 à 74 ans, ils portent sur l’exposition de la population française aux PCB-NDL et à trois familles de pesticides : organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes, dosés dans le sang ou l’urine. Il s’agit de la première étude d’imprégnation de la population adulte par plusieurs substances chimiques en France.

Exposition aux pesticides
Le terme "pesticides" est une appellation générique pour les substances ou produits qui éliminent des organismes considérés comme nuisibles ; il comprend les produits phytopharmaceutiques (pour la protection des végétaux), les biocides (pour la conservation du bois, la désinfection ou la lutte antiparasitaire) et certains médicaments à usage vétérinaire et humain, en particulier pour lutter contre les ectoparasites.
Afin de mesurer l’exposition à ces agents dans la population générale française, cette étude a évalué la présence de certaines familles chimiques de pesticides et leurs concentrations dans le sang et les urines au sein de l’échantillon de 400 personnes issu de l’ENNS. Elle comprend des pesticides de la famille des organochlorés, dont la plupart sont interdits aujourd’hui mais persistants dans l’environnement et dans l’organisme humain (ex. : DDT, lindane), ainsi que des organophosphorés et des pyréthrinoïdes, encore utilisés aujourd’hui majoritairement pour leur propriétés insecticides.

Les mesures d’interdiction et de restriction d’usage semblent avoir montré leur efficacité pour les pesticides organochlorés
Introduits dans les années 1940, leur utilisation a été limitée ou interdite en raison de leur persistance dans l’environnement. Dans l’ensemble, à l’exception de certains chlorophénols (notamment utilisés comme antimite ou désodorisant), les concentrations observées sont relativement basses, ce qui traduit l’effet positif d’une interdiction déjà ancienne pour la plupart des composés. C’est le cas, par exemple, de l’insecticide DDT.

Les niveaux français des pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes seraient parmi les plus élevés en référence à des pays comparables
Globalement, les concentrations urinaires de métabolites (produits de dégradation) des pesticides organophosphorés sont inférieures à celles de la population allemande (en 1998) et similaires à celles de la population israélienne mais supérieures à celles des Américains ou des Canadiens. Si les facteurs physiologiques tels que l’âge et la corpulence semblent influencer de façon importante les niveaux des biomarqueurs urinaires, il faut également tenir compte, mais dans une moindre mesure, du lieu de résidence, et notamment de la présence de certaines activités agricoles dans le département, de l’alimentation et de l’usage d’insecticides dans le logement. Aujourd’hui, les pesticides organophosphorés sont beaucoup moins utilisés qu’auparavant (notamment qu’au moment de l’étude ENNS en 2007) et avec des usages restreints.
Concernant, les pyréthrinoïdes, famille d’insecticides la plus utilisée dans le traitement des cultures et dans les applications domestiques, les concentrations sont plus élevées que celles observées en Allemagne, au Canada ou aux Etats-Unis. La consommation de certains aliments et l’utilisation domestique de pesticides (ex. : traitement antipuces des animaux domestiques ou traitement d’un potager) influencent de façon importante les niveaux d’imprégnation.

Exposition aux polychlorobiphényles non dioxin-like, PCB-NDL
Les PCB sont des produits de synthèse, utilisés autrefois pour leurs propriétés lubrifiantes et isolantes (transformateurs électriques), ainsi que pour leur stabilité chimique et physique (encres, peintures). En l’espace de 20 ans (entre 1986 et 2007), la concentration sanguine de PCB a été divisée environ par trois en France. Cependant, l’héritage historique de la pollution par les PCB est encore présent.
•Environ 13 % des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins de 1 % des adultes ont une concentration de PCB totaux supérieure aux seuils critiques définis par l’Anses (700 ng/g de lipides pour les femmes en âge de procréer et 1800 ng/g de lipides pour les autres adultes).
•Les concentrations sériques de PCB observées dans la population française sont du même ordre de grandeur que celles observées dans d’autres pays d’Europe, bien que le plus souvent un peu supérieures et environ 5 fois plus élevées qu’aux Etats-Unis. Cette situation s’explique probablement, en partie, par des différences d’évolution du contexte réglementaire et de comportements alimentaires (consommation moindre de poisson aux USA par comparaison avec les Européens). Les PCB tendent à s’accumuler dans l’organisme au cours du temps, principalement en raison de l’exposition via l’alimentation (source principale des PCB) qui est continue au cours de la vie. Dans l’étude ENNS, l’imprégnation par les PCB est en partie corrélée avec la consommation de produits d’origine animale, en particulier la consommation de produits de la pêche, de viande, de produits laitiers. Cette augmentation de l’imprégnation est toutefois moindre que celle constatée avec l’âge. Depuis l’étude ENNS, des mesures de gestion des PCB visant à réduire les expositions ont été mises en place (plan PCB, renforcement de la réglementation au niveau de l’alimentation et recommandations de consommation de poissons).
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30/06/2013 Nouvelles solutions pour la crise de l’eau. Extraits :
"Le paradigme traditionnel de la gestion de l’eau et de l’assainissement est à bout de souffle. La crise environnementale majeure qui affecte aussi la gestion de l’eau appelle l’émergence de nouveaux concepts et de nouveaux modes d’organisation décentralisée.
La crise de l’eau se manifeste sous différentes formes : le prix, la potabilité et la propreté sanitaire, l’utilisation généralisée de chlore, la pénurie pour certains et les inégalités de distribution pour d’autres, ce qui ramène de nouveau au problème du prix. Sur certaines îles dans les Caraïbes le mètre cube d’eau coûte l’équivalent de 12 euros. En Europe les factures pourraient atteindre un mois du salaire minimum par an.

Le paradoxe de Sachsenhausen
Dans certaines familles en Allemagne, la mentalité « verte » a conduit à l’adoption de mesures d’économie d’eau il y a déjà une dizaine d’années : prendre plutôt des douches que des bains, arrêter l’eau de la douche quand on se savonne, fermer les robinets quand on se lave les dents ou qu’on se rase, etc.
Dans le quartier de Sachsenhausen à Francfort, pionnier dans l’attitude écologique, (berceau du parti des Verts allemands), des effets paradoxaux se sont répétés : les économies d’eau dans les appartements ont comme conséquence que, sous terre, le débit est insuffisant pour transporter les résidus solides des eaux usées. Les tuyaux se bouchent. Les pompiers doivent injecter artificiellement de l’eau. Certaines sociétés de distribution d’eau en tirent argument pour communiquer sur le fait qu’économiser l’eau n’aide pas à faire baisser la facture globale. Il faudrait maintenant augmenter les tarifs pour l’assainissement. L’augmentation des coûts d’entretien, de réparation et même de re-dimensionnement des canalisations serait ainsi inévitable.

Eau et assainissement : un cycle non-dissociable
Les économies d’eau relient donc les services de distribution et d’assainissement, ce qui a conduit à la création des « petits cycles de l’eau » : de nombreuses expériences dans le monde testent les possibilités de recyclage des eaux usées. L’exemple le plus systématique est la presqu’île de Singapour qui voulait à tout prix trouver une solution à la dépendance du continent et de son voisin mal-aimé la Malaisie.
L’eau récupérée est si « propre » qu’elle est embouteillée et pourrait être vendue. Mais la barrière psychologique est jugée si importante que les stocks sont, pour l’instant encore, régulièrement vidés. Le marché n’est pas prêt. Il y a une aversion psychologique contre la réutilisation des eaux usées : on parle de facteur « beurk » ! Elle n’est pas justifiée, mais compréhensible. Les boucles sont fermées et ce qui se passe à grande échelle pourrait se faire à plus petite échelle, et peut-être à moindre coût, jusqu’à 80-90% de la consommation d’eau.

La qualité de l’eau
Le système « haussmanien » des réseaux collectifs ne pourrait pas garantir la qualité de l’eau sans l’utilisation du chlore. Les structures des tuyaux souterrains, en toile d’araignée, ont à chaque nœud majeur des petites « bombes », réglables à distance, qui injectent à intervalles réguliers des doses de chlore. Si, par exemple, le plan « Vigipirate » accroît ses niveaux d’alerte, ces doses sont automatiquement augmentées. Les canalisations sont souvent défectueuses : l’eau se perd. Chaque trou ou fissure est ouvert dans les deux sens. Le plus souvent, l’eau se perd, mais des bactéries et d’autres micro-polluants peuvent rentrer.
Il n’y a aujourd’hui pas d’alternative à l’utilisation du chlore pour obtenir une eau propre sous les grandes villes. Il y a des pays, même en Europe, où le niveau de chlore est si important que l’eau du robinet n’a plus la qualité d’une eau potable. La situation en Espagne est devenue comparable à celle de plusieurs pays, de l’Europe de l’Est, à la Turquie et à 70 % des pays de la planète. L’eau a l’odeur et le goût de chlore. L’eau du robinet est donc remplacée par de l’eau embouteillée.

L’eau embouteillée
La consommation d’eau embouteillée est une catastrophe écologique. Les bilans carbones et pollueur-payeur ne sont plus mesurables. Mais plus l’eau du robinet a un goût de chlore, plus la consommation d’eau embouteillée augmente. L’Italie et l’Espagne sont les champions de la consommation en Europe.
L’industrie de l’eau embouteillée a d’ailleurs commencé à faire la publicité des effets dangereux des sous-produits de la chloration : les trihalométhanes par exemple, font ainsi depuis peu l’objet d’une surveillance accrue. Plusieurs études ont prouvé leurs effets cancérigènes. La qualité de l’eau embouteillée est elle-même très variable, beaucoup de marques utilisant tout simplement l’eau du robinet, avec les mêmes dangers que pour toute eau stockée et exposée à la chaleur. Certaines sources sont considérées comme impropres, surtout en Amérique du Sud et en Asie.

Dégradation des rivières et des aquifères
Il faut développer des systèmes de contrôle plus systématiques des nappes phréatiques et des cours d’eau, qui sont déjà très chargés des pesticides de l’agriculture et des effluents de l’élevage des animaux (surtout des porcs).
La France est condamnée par la Cour de Justice de la Communauté Européenne pour un manquement à la Directives « nitrates » (CE 75-440) sur plusieurs rivières de Bretagne. Sont également visées par la Commission Européenne un grand nombre de stations d’épuration (et pas seulement en France), qui ne sont toujours pas au niveau des normes européennes.
De plus en plus, les effluents des stations d’épuration sont chargés de traces de substances « modernes » et non dégradables : les résidus corporels des pilules contraceptives (avec des effets sur la fertilité masculine), et d’autres médications de masse comme, par exemple, le Tamiflu à la suite de la grippe H1N1.
Dans certains pays européens les nappes phréatiques sont déjà exploitées d’une manière « sauvage », comme dans le Sud de l’Espagne. Toujours en Espagne, mais aussi en Grèce, des charges particulières comme les margines (résidus fortement toxiques de la production de l’huile d’olive) risquent de contaminer les nappes pour les générations futures.
L’irrigation « propre » (sans ajouts de pesticides) devrait être considérée comme un service rendu à l’environnement. Une rémunération partielle des paysans écologiquement responsables serait macro-économiquement moins coûteuse que le recours à ce qui est considéré comme la solution « miracle » pour les pays en manque d’eau propre : la filtration par des membranes et notamment les usines de dessalement.

La toxicité des boues
Les résidus solides des stations d’épuration sont très souvent séchés à ciel ouvert. Ainsi, ils sont exposés aux fortes pluies et risquent de se déverser d’une manière incontrôlable dans la nature.
Les déversoirs d’orage sont également très nocifs. La fermeture des plages dans certaines villes côtières après de fortes pluies (même dans une grande ville comme Marseille), est fréquente. Le problème des boues toxiques et non biodégradables atteint des dimensions préoccupantes au niveau planétaire.
Après l’interdiction du « tourisme des boues » à l’intérieur de l’Europe (par exemple en Bulgarie ou en Roumanie), certains pays n’ont pas développé de techniques de traitement primaire, et les problèmes s’aggravent. Certains pays risquent ainsi d’étouffer dans leurs boues. Il y a par exemple une île en face d’Athènes qui est fermée au public et qui a dû élargir le périmètre d’interdiction d’approche pour les bateaux. La toxicité des boues est devenue un problème majeur.
Pour certains spécialistes, ce problème, avec une dimension apocalyptique, n’est plus réversible. Pour la plupart des ingénieurs de l’eau des pays où l’assainissement reste embryonnaire, le seul modèle imaginable est le réseau collectif, comme celui développé en Europe depuis Haussmann, il y a 150 ans. Mais la multiplication des stations d’épuration traditionnelles en Chine et dans d’autres pays en Asie n’est plus gérable.

La désertification
La réponse au cri d’alarme de beaucoup de scientifiques quant aux graves risques d’instabilité des sociétés en développement du fait d’une urbanisation sauvage commence avec le traitement de la question de l’eau et de son assainissement.
A force de favoriser les monocultures, les sols atteignent un niveau d’appauvrissement (manque d’oxyde de fer) qui les rendront inutilisables pour les générations futures. La consommation d’eau pour l’irrigation est démesurée et elle vide et pollue les aquifères.
Les populations des villages abandonnent l’agriculture et se ruent vers les capitales. Les zones urbaines s’élargissent et des bidonvilles aux conditions sanitaires catastrophiques hébergent un sous-prolétariat urbain qui dispose, pour seul bien, de grands écrans de télévision ou de petits écrans de téléphone portable. Agressivité et illusions des belles images d’Hollywood et de Bollywood suscitent envies et jalousies, qui provoquent ensuite violences ou migrations de masse. Le retour sur les terres appauvries n’est plus possible. Et la désertification augmente dramatiquement.
Si cette nouvelle urbanisation atteint le niveau que connaissent les pays développés, à savoir 80%, la planète ne pourra plus nourrir ses 7 milliards d’habitants d’ici 2020 et les tensions sociales ne seront plus maîtrisables.
Envisager un frein à l’urbanisation sauvage ou un retour à la terre passera nécessairement par une réorientation de l’agriculture vers la biodiversité et les petites unités. Les structures de distribution des petites quantités d’eau disponibles et l’assainissement rudimentaire ne peuvent cependant plus s’inspirer des modèles centralisés. La récupération des eaux de pluies et le recyclage des eaux usées dans des systèmes individuels ou semi-collectifs à grande échelle est la seule solution. Chaque kilomètre de tuyaux superflu représente un risque.

L’eau et la santé publique
L’origine des réseaux de distribution d’eau et de traitement des eaux usées remonte à l’épidémie de choléra de 1832. Les risques de grandes épidémies sont maintenant éliminés en Europe et ils sont devenus épisodiques dans le monde. En revanche, les épidémies de diarrhée se sont généralisées. Il s’agit là d’une inégalité indigne entre pays du Sud et du Nord. Les diarrhées sont parfois mortelles pour les bébés et les jeunes enfants, et elles sont de plus un facteur central de la faiblesse récurrente des capacités de travail dans les économies de nombreux pays en Afrique, en Amérique Centrale et en Asie.
Pasteur disait que l’homme « boit 80% de ses maladies ». Même les pays riches ont encore des problèmes de santé publique liés à l’eau : ils doivent lutter contre la présence et la prolifération des légionelles et pseudomonas dans les établissements de santé les plus modernes, ainsi que dans les hôtels de luxe.
Le dernier décret français de la lutte contre les légionelles du 10 février 2010 oblige chaque exploitant recevant du public à faire des contrôles réguliers des installations d’eau chaude. L’omniprésence de ces bactéries, découvertes lors d’un congrès de légionnaires américains à la fin des années soixante-dix, a fait l’objet d’une attention adéquate des autorités sanitaires dans les pays du Nord. Mais dans les pays du Sud, ainsi que dans les pays de l’est ou du sud de l’Europe, comme en Italie et en Grèce, leur prise en compte est quasiment inexistante.

Epilogue sur la perte d’efficacité des antibiotiques
L’observation des capacités de mutation des légionelles (selon la température et le dosage de chlore) nous interpelle quant à la fin possible d’une médecine qui a jusqu’à présent fait confiance aux traitements antibiotiques des infections.
Le très renommé Paul Ehrlich Institut en Allemagne, spécialisé dans les traitements des personnes ayant des déficits immunitaires (sida, cancers), a ouvert une page internet : « Sujet explosif : les anti-bioticas ». Un nombre croissant de personnes deviennent en effet multi-résistantes à tous les groupes d’antibiotiques. Des études prouvent que leur sur-consommation peut amener à une immunité grandissante.
La consommation d’antibiotiques est différente selon les pays. Elle est, aujourd’hui, beaucoup plus importante en France qu’en Allemagne par exemple, selon un rapport de 1 à 4. Une étude récente, effectuée par des chercheurs suédois et la fondation Tour du Valat, en Camargue, a a identifié dans le milieu naturel des bactéries multi-résistantes (famille des e-coli), probablement échappées du milieu hospitalier.
Il faut faire face à cette question : serons-nous dans vingt ans dans une situation comparable à celle des pays qui ne peuvent pas traiter des infections avec des antibiotiques, non pas par manque de moyens, mais par manque d’efficacité ? Peut-être verrons-nous bientôt l’époque de l’usage des antibiotiques comme un petit chapitre (de 50-70 ans) de l’histoire, un chapitre avec un point final, comparable à celui de l’épuisement du pétrole, voire pire quant à ses conséquences.

Conclusion
L’eau est un bien sensible et doit être pensée comme un système fermé, un système en boucle. Adopter le principe de subsidiarité et essayer de gérer les boucles de façon plus locale ne constitue pas une panacée. Mais comme l’affaire du sang contaminé l’a illustré en France, une action publique plus locale réduirait cependant les risques d’effets catastrophiques, tout en accroissant probablement la responsabilisation des citoyens-citadins.
Dans les pays développés, il y a peu de chances qu’on adopte la stratégie proposée par le professeur Bunker Roy dans ses barefoot colleges, où l’on apprend à des femmes illettrées à installer et entretenir un système d’approvisionnement en eau avec des pompes solaires et des citernes d’eau de pluie. Mais il est temps de réfléchir à une recomposition de nos services publics, au moins à la périphérie des villes et dans les campagnes, en combinant les ressources des technologies autonomes avec les réseaux publics traditionnels, ne serait-ce que pour rendre l’infrastructure collective plus durable.
Il y a 5 millions de fosses septiques en France, et elles ne vont pas disparaître. D’autres pays pourraient s’inspirer des services publics de gestion semi-collective des fosses septiques qui ont été mis en place. Dans une vaste périphérie européenne, en dehors de la « banane bleue », les fosses septiques constitueraient ainsi un progrès considérable et moins onéreux que les réseaux actuels.
Pour l’eau du robinet, c’est la même chose : il y a encore de nombreuses populations non raccordées, de l’Irlande aux pays de l’Est, en passant par le nord du Portugal, la Galice, le sud de l’Italie etc. L’idéologie écologique de Sachsenhausen deviendra peut-être une solution crédible sur les plans économique et sanitaire.
C’est l’enjeu du concept de croissance verte tel que le développe en Allemagne ou aux Etats-Unis le rapport « Wasser 2050 », commandé par le gouvernement allemand à des chercheurs et représentants de l’industrie de l’eau. Le rapport évoque le chiffre de 480 milliards d’euros pour les besoins en « Decentralized Watermanagement » (gestion de l’eau décentralisée) dans le monde d’ici 2050.
Quoiqu’il en soit, pour 70 % de la population mondiale les systèmes haussmaniens des réseaux collectifs sont soit inapplicables soit simplement une option parmi d’autres. Selon « Wasser 2050 », seul un très grand effort mis en œuvre immédiatement pourrait permettre à l’Europe d’obtenir le tiers de ce chiffre de 480 milliards.

(* Peter Paulich, Blue District, Conseiller Coopération franco-allemande, German-French Working Group for Decentralized Watermanagement. Ce texte est la traduction par l’auteur d’une présentation effectuée en anglais au TEDxMunich en octobre 2012.)
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30/06/2013 Les eaux usées des hôpitaux à l'origine de résistances aux antibiotiques. Extraits :
"Même à très faibles doses, les antibiotiques peuvent favoriser l'apparition de bactéries multirésistantes. Et mettre en échec le traitement des infections. Les antibiotiques présents dans les eaux usées favorisent l'émergence de bactéries résistantes.
On sait depuis longtemps que le recours trop fréquent aux antibiotiques est à l'origine de l'apparition de souches de bactéries résistantes à ces médicaments. D'où les campagnes contre la prescription "automatique". On sait aussi que l'administration de ce type de traitement au bétail, pour favoriser sa croissance (une pratique désormais interdite en Europe), a les mêmes conséquences. Mais une étude de chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris et du CNRS - publiée sur le site de Plos Genetics - révèle que, même à très faibles doses, les antibiotiques peuvent augmenter l'apparition de résistances chez des bactéries pathogènes. Des doses que l'on trouve par exemple dans les eaux usées des hôpitaux ou chez des malades hospitalisés et exposés aux "poudres d'antibiotiques" présentes dans l'environnement.
Conséquence : "le succès du traitement des infections de plus en plus aléatoire", rappelle le professeur Didier Mazel, chef de l'unité plasticité du génome bactérien. Et les médecins se trouvent dans une véritable impasse thérapeutique. C'est particulièrement le cas en milieu hospitalier, où des bactéries multirésistantes sont fréquentes et impliquées dans les infections nosocomiales.
Réponse SOS
L'équipe du professeur Mazel a montré que de faibles concentrations d'antibiotiques appartenant à la famille des aminoglycosides (utilisées dans le milieu hospitalier pour traiter de nombreuses infections) favorisent l'acquisition de gènes de résistance chez plusieurs bactéries pathogènes, telles que Vibrio cholerae, l'agent infectieux du choléra, ou encore Klebsiella pneumoniae, responsable d'infections respiratoires. Les chercheurs expliquent ce phénomène par le mécanisme suivant : les concentrations d'antibiotiques, même 100 fois moins élevées que celles mortelles pour les bactéries, déclenchent une réponse de stress chez ces micro-organismes. Appelée réponse SOS, elle intervient lorsque l'ADN (support de l'information génétique) bactérien se retrouve menacé et elle favorise l'apparition de gènes de résistance.
Pour le professeur Mazet, il est donc nécessaire d'agir sur les facteurs qui mènent au déclenchement de cette réponse SOS. Et notamment sur une "niche de sélection" particulièrement efficace : les eaux usées sortant des hôpitaux. Comme tous les autres rejets liquides collectés, elles sont traitées et recyclées avant d'être rejetées dans l'environnement. C'est ainsi que sont parfois disséminées des bactéries devenues multirésistantes au contact des antibiotiques. "Il faudrait peut-être piéger les antibiotiques présents dans l'eau à la sortie des hôpitaux, avant de mélanger ces liquides avec les autres eaux usées", suggère le professeur Mazet. Une chose demeure certaine : tous les moyens de lutte contre l'antibiorésistance doivent être rapidement envisagés si l'on veut pouvoir encore bénéficier longtemps de ces médicaments extraordinaires.
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30/06/2013 Pollution aux nitrates: la France fait toujours l’impasse. Extraits :
"Le ministère français traîne toujours les pieds
Mis en consultation le 29 mars, un projet de décret reporte de 6 mois l’entrée en vigueur des nouveaux programmes d’action français contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole au niveau régional. Signe que la France traîne toujours les pieds, alors que Bruxelles a déjà saisi la Cour de justice il y a plus d’un an."
"Pour lutter contre la pollution aux nitrates, l’action reste le principal point faible du gouvernement français. Le nouveau dispositif réglementaire promis par Paris pour prendre le problème à bras le corps, sur le plan national et régional, est en effet reporté de 6 mois.
Un projet de décret, mis en consultation le 29 mars, prolonge en effet l’application des actuels plans d’action départementaux dans les zones vulnérables (voir JDLE) jusqu’au 1er janvier 2014 alors qu’ils devaient céder la place, le 1er juillet prochain, au nouveau programme national, complété des programmes régionaux.
«Cette prolongation est nécessaire compte tenu des délais nécessaires à l’élaboration des textes relatifs au programme d’action national et aux programmes d’action régionaux», justifie le ministère de l’écologie dans sa notice d’accompagnement.
«Nous attendions les résultats d’une étude technique sur le stockage, qui ont été rendus en juin dernier. Et les élections professionnelles dans les chambres d’agriculture, à l’automne dernier, n’étaient pas un moment propice pour sortir cette nouvelle réglementation», reconnaît Claire Grisez, sous-directrice de la protection et de la gestion des ressources en eau à la direction de l’eau et de la biodiversité.
Le ministère de l’écologie assure que l’arrêté précisant le programme d’actions national sortira bientôt. Soumis à l’avis de l’Autorité environnementale, qui dispose de 3 mois pour l’examiner, il précisera les conditions d’épandage dans les sols en pente, détrempés, inondés, gelés et enneigés, interdira les épandages à moins de 5 mètres des cours d’eau et précisera l’obligation de couvert pendant les intercultures longues ainsi que les conditions de stockage par type d’effluent et d’exploitation. Ce texte est d’autant plus important qu’il sera opposable aux agriculteurs mais les programmes d’actions régionaux qui pourront le renforcer ne seront, eux, disponibles qu’à la fin 2013, contrairement aux promesses faites antérieurement par le ministère.
Leur élaboration reste pourtant urgente, puisqu’elle se trouve au cœur de la procédure contentieuse lancée par la Commission le 27 février 2012 (voir JDLE). «Au total, deux procédures sont engagées à l’encontre de la France pour non-respect de la directive du 12 décembre 1991 sur la protection des eaux contre la pollution par les nitrates de source agricole: en matière de désignation des zones vulnérables et de non-conformité des programmes d’action», résume Joe Hennon, porte-parole du commissaire européen en charge de l’environnement. Selon lui, le délai moyen de traitement d’un contentieux par la Cour européenne étant d’un an et demi, le jugement devrait intervenir au plus tard en août 2013.
Paris se dirige donc inéluctablement vers une condamnation par la Cour de Luxembourg. Et si la décision de justice n'est pas exécutée, c’est une amende allant jusqu’à 20 millions d’euros qui sera alors prononcée. Une facture salée qui s’ajoutera aux dédommagements déjà imposés par les tribunaux français.
Dernier en date, la Cour administrative d’appel (CAA) de Nantes a condamné l’Etat français, le 22 mars 2013, à verser 12.430 € à la commune de Tréduder (Côtes d’Armor) pour le ramassage et le traitement des algues vertes sur ses plages. Cette décision, signalée par l’avocat spécialisé dans l’environnement Arnaud Gossement sur son blog, confirme les décisions passées. Le 1er décembre 2009, la même juridiction avait condamné l’Etat à indemniser plusieurs associations de protection de l’environnement pour le préjudice moral subi par la prolifération des algues vertes.
Dans leur argumentaire, les juges de la CAA de Nantes citent la première condamnation de la France par la Cour de justice européenne, qui remonte à plus de 12 ans (le 8 mars 2001), pour non-respect de la directive Nitrates (taux supérieur à 50 milligrammes par litre).
Ils mentionnent aussi le rapport de la Cour des comptes du 7 février 2002, accusant les politiques publiques de ne pas avoir préservé les ressources en eau des pollutions diffuses agricoles au cours des années 1994-2000.
Ils concluent aux carences répétées de l’Etat, «constitutives d’une faute de nature à engager sa responsabilité», alors même que les programmes d’action lancés n’ont pas démontré leurs résultats et «ne seront pas en mesure d’améliorer la situation avant de nombreuses années».
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30/06/2013 Pesticides: risque chimique, mais aussi virologique. Extraits :
"Les pesticides présentent aussi un risque microbiologique
Les fruits et légumes pourraient être contaminés par du norovirus lors de l’application de pesticides, du moins si l’agriculteur dilue ces substances avec une eau insuffisamment propre, suggère une étude néerlandaise publiée dans l’International Journal of Food Microbiology.
Principaux agents de gastroentérites, les norovirus colonisent surtout les fruits et légumes lors d’un contact humain avec l’aliment. Mais pas seulement: qu’elle provienne d’un puits ou d’un cours d’eau, l’eau utilisée pour irriguer les cultures, si elle est souillée, peut aussi en être la source. Raison pour laquelle le Codex Alimentarius recommande aux agriculteurs de recourir à une «eau propre»… terme aux contours microbiologiques plutôt flous.
Autre voie possible de contamination, la dilution des pesticides avec de l’eau. C’est ce que suggère l’étude publiée par Katharina Verhaelen, de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (Bilthoven, Pays-Bas), et ses collègues: qu’ils s’agissent de fongicides ou d’insecticides, ces substances n’inhibent généralement pas la survie du norovirus. D’où le risque de voir ces pathogènes pulvérisés sur les cultures.
Les chercheurs ont étudié 8 pesticides sur le marché, dont 4 insecticides et 4 fongicides, qu’ils ont dilués d’un facteur 100 dans de l’eau contenant du norovirus. Ils ont ensuite testé la capacité du virus à infecter des cellules cultivées in vitro. Résultat: le virus n’était jamais inhibé, sauf avec l’insecticide Martivec -sans que les chercheurs sachent si cette inhibition était liée au principe actif, l’abamectine, ou à l’un des agents chimiques constituant l’adjuvant.
«L’eau utilisée pour diluer les pesticides, si elle contient du norovirus, pourrait être une source importante de présence de ce virus sur les produits frais», commentent les chercheurs. Alors que l’accès à l’eau propre est en passe de devenir un défi pour l’agriculture, «l’application de pesticides constitue non seulement un risque chimique pour la santé publique, mais aussi un risque microbiologique», ajoutent-ils.
Au-delà des virus, une étude publiée en 2005 avait montré que les bactéries et les parasites, bien plus sensibles aux pesticides, avaient moins de risque de contaminer la plante si la dilution était pratiquée peu avant l’application aux plantes. Or selon l’étude néerlandaise, c’est justement dans de telles conditions que le norovirus a le plus de chances de survivre. Virus ou bactéries, il faut choisir…
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30/06/2013 Commentaires et remarques sur le Rapport EAU WWF par François RAMADE. Extraits :
"En ce qui concerne les « normes » pour l’atrazine, nous avons là un magnifique exemple des aberrations auxquelles conduisent la technocratie moderne. Constatant une pollution ubiquiste avec une substance donnée, on adapte la norme aux teneurs environnementales « moyennes », au lieu d’intervenir avec rigueur pour faire baisser les concentrations environnementales observées…"
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30/06/2013 Greater exchange, greater ambiguity: Water resources data and information exchange in transboundary water treaties. Extraits :
"Effective management of the world’s water resources is widely considered to require credible and reliable data and information regarding the state of the resource, and how it changes as a result of resource use and development, land use practices, and climate change. The issue of access to water resources data and information is particularly important in transboundary waters, or basins and aquifers shared by two or more states, given their perceived conflict potential. Despite the international calls for data and information exchange in transboundary waters and basin-specific evidence of its importance to cooperative management, no systematic research has been undertaken to understand where, how frequently, and which water resources data and information are exchanged."

"Although states are engaging in greater data and information exchange in transboundary water agreements, we uncover reluctance on the part of many states to legalize formal, all encompassing schedules for exchange. The ambiguity we uncover in terms of frequency of exchange is consistent with earlier research on international waters that suggests that states may intentionally design vague mechanisms related to data exchange in order to allow for greater flexibility in the face of resource uncertainty or to serve domestic political purposes. But this ambiguity may also trigger questions about the meaningfulness of data and information exchange and require closer examination from both academics and water policy decision-makers.
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28/02/2013 Document de travail des services de la commission (14/11/2012) accompagnant le Rapport de la commission au parlement européen et au conseil relatif à la mise en œuvre de la directive-cadre sur l'eau (2000/60/CE) - Plans nationaux de gestion des bassins hydrographiques (PGDH). Extraits :
EXTRAITS DE LA CONCLUSION DU DOCUMENT :
"Afin de clôturer le premier cycle de gestion de district hydrographique et de préparer le deuxième cycle au titre de la DCE, il est recommandé ce qui suit :
-Les méthodes d’évaluation françaises actuelles doivent encore être améliorées et développées plus avant pour le prochain cycle de PGDH. Des efforts considérables ont été consentis afin de concevoir toute une série de méthodes d’évaluation pour les éléments de qualité biologique, mais il subsiste encore des lacunes importantes au niveau de la méthodologie. Les méthodes destinées à l’évaluation des éléments de qualité physico-chimiques et hydromorphologiques doivent aussi être approfondies.
-L’évaluation de l’état chimique doit être clairement définie dans le PGDH, y compris la méthode et les substances utilisées dans les différents plans.
-En cas d’incertitudes élevées dans la caractérisation des DH, le recensement des pressions et l’évaluation de l’état, il convient de les lever dans le cadre du cycle actuel, afin de veiller à ce que des mesures adéquates puissent être en place avant le prochain cycle.
-L’application de dérogations au titre de l’article 4, paragraphes 4 et 5, n’a pas été pleinement justifiée dans les PGDH français. En particulier, l’utilisation des coûts disproportionnés pour motiver l’application de dérogations n’a pas été suffisamment justifiée. Une analyse économique solide doit être effectuée afin de définir des programmes de mesures à la fois rentables et efficaces et de justifier comme il se doit le recours aux dérogations.
-Le recours aux dérogations au titre de l’article 4, paragraphe 7, doit se fonder sur un processus d'analyse approfondi de l'ensemble des mesures préconisées par la DCE, visant notamment à savoir si le projet sert un intérêt général majeur et si les bénéfices pour la société l'emportent sur la détérioration de l'environnement, et s'il n'existe aucune alternative susceptible de constituer une option environnementale meilleure. En outre, ces projets ne peuvent être menés à bien que si l'ensemble des mesures possibles est pris pour atténuer l'incidence négative sur l'état de la masse d'eau. Pour chacun des projets, toutes les conditions d'application de l'article 4, paragraphe 7, doivent être détaillées et justifiées dans les PGDH le plus tôt possible au cours de la phase de planification du projet.
-Le recensement de polluants spécifiques aux bassins doit gagner en transparence et s'accompagner d'informations claires sur la manière dont les polluants ont été sélectionnés, le lieu et les modalités de contrôle, le site où ces dépassements ont été observés et la manière dont ces derniers ont été pris en compte dans l'évaluation de l'état écologique de la masse d'eau. Il est important de s'appuyer sur une stratégie ambitieuse de lutte contre la pollution chimique et de mettre en œuvre des mesures appropriées.
-Les normes relatives au biote pour le mercure, l’hexachlorobenzène et l’hexachlorobutadiène définies dans la directive NQE ou des normes assurant un niveau de protection équivalent doivent être appliquées lorsqu’elles ne sont pas encore utilisées. Une analyse tendancielle des sédiments et des biotes, telle que spécifiée pour plusieurs substances à l’article 3, paragraphe 3 de la directive NQE, doit aussi se refléter dans les prochains PGDH français.
-Le PdM (programme de mesures) doit fournir des informations exactes sur la portée, les délais et le financement des mesures de manière à clarifier l'approche utilisée pour atteindre les objectifs. Toutes les informations pertinentes sur les mesures de base et complémentaires doivent figurer dans le résumé du PdM afin de garantir la transparence des mesures prévues pour atteindre les objectifs environnementaux fixés dans la DCE.
-Le cadre qui sert de référence à la protection des masses d'eau dans le secteur agricole doit être très clair pour que l'ensemble des agriculteurs connaisse les règles et que les autorités responsables des fonds octroyés au titre de la PAC puissent élaborer des programmes de développement rural adéquats et des exigences de conditionnalité dans le domaine de la gestion de l'eau.
-Les PGDH français mentionnent que l'agriculture exerce une pression importante sur les ressources en eau. Cela doit se traduire dans une stratégie clairement définie spécifiant les mesures de base et obligatoires auxquelles l'ensemble des agriculteurs devra se soumettre et les mesures complémentaires qui peuvent être financées. Cette stratégie doit être mise au point avec le monde agricole afin de garantir sa faisabilité et son acceptation.
-L’évaluation de l’état des eaux souterraines doit être mieux harmonisée entre les DH afin de renforcer la base de connaissances et la transparence. Il convient d’effectuer une évaluation tendancielle et des inversions de tendances dans le deuxième cycle de PGDH.
-Les services liés à l’utilisation de l’eau ont été interprétés différemment dans les DH français. Certains DH appliquent une approche large, qui tient compte de tous les captages, stockages, traitements, endiguements, etc., possibles. Dans d’autres DH, l’approche est plus restreinte et tient compte du captage public et pour compte propre et du traitement des eaux usées pour tous les secteurs, ainsi que de l’irrigation. Enfin, dans certains DH, l’approche est encore plus restrictive, et ne tient compte que du captage et du traitement des eaux usées pour les ménages et l’industrie, ainsi que du captage à des fins agricoles.
-La prise en considération des questions liées au changement climatique doit être nettement plus intégrée dans les deuxièmes PGDH et comprendre une analyse des pressions, un suivi et une vérification des programmes de mesures à la lumière du changement climatique.
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EXTRAITS DU CORPS DU DOCUMENT (ordre chronologique) :
"-L’élaboration des méthodes d’évaluation des éléments de qualité biologique dans le premier PGDH présente d’importantes lacunes. Les méthodes d’évaluation biologique pour les rivières sont nettement plus développées que celles relatives aux autres types de masses d’eau. En règle générale, les méthodes d’évaluation des éléments de qualité d’appui concernant les caractéristiques physico-chimiques et hydro-morphologiques ne sont que partiellement développées.
-Pour la majeure partie des DH français, l’évaluation de l’état chimique a été fondée sur l’annexe I de la directive 2008/105/CE établissant des normes de qualité environnementale (NQE), mais ce n’est pas le cas pour tous. Par ailleurs, différentes substances ont été utilisées dans différents plans (et pas la totalité des 41 substances de l’annexe I) pour l’évaluation de l’état chimique des masses d’eau. Pour ces raisons, les méthodes d’évaluation de l’état chimique sont floues et ne précisent pas quelles substances ont été utilisées ni les raisons pour lesquelles certaines substances spécifiques ont été choisies.
-Il existe un nombre relativement élevé d’exemptions en vertu de l’article 4, paragraphes 4 et 5, en raison de coûts disproportionnés, pour lesquels aucune justification claire n’a été fournie dans les PGDH.
-Les services liés à l’utilisation de l’eau ont été interprétés différemment dans les DH français. Certains DH appliquent une approche large, qui prend notamment en considération tous les captages, stockages, traitements, endiguements possibles. Dans d’autres DH, l’approche est plus restreinte et concerne le captage public et pour compte propre et le traitement des eaux usées pour tous les secteurs, ainsi que l’irrigation. Enfin, dans certains DH, l’approche est encore plus restrictive, et ne tient que compte que du captage et du traitement des eaux usées pour les ménages et l’industrie, ainsi que du captage à des fins agricoles."

"De manière générale, les typologies des eaux n’ont toutefois pas été validées sur la base de données biologiques. Seuls les PGDH du Rhône et de la Loire indiquent que la typologie a été recoupée avec les données biologiques pour toutes les catégories de masses d’eau. Pour le reste, ce recoupement n’a été effectué que pour les rivières (Sambre), que pour les rivières, mais partiellement (Seine) et seulement partiellement pour les rivières, les eaux côtières et les eaux de transition (Martinique).
Les conditions de référence n’ont pas été complètement définies dans tous les PGDH. Elles n’ont pas été mises au point pour tous les types, mais principalement pour les rivières et les lacs et, en règle générale, leur élaboration n’est que partielle (uniquement pour certains éléments de qualité). Cette lacune devrait être corrigée pour le prochain cycle des PGDH. En outre, certains éléments de qualité biologique doivent encore être interétalonnés. Il sera nécessaire de mieux développer les méthodes destinées à établir les conditions de référence, notamment pour les eaux de transition et les eaux côtières."

"Les pressions importantes sont déterminées sur la base des données de surveillance disponibles. Ces données ne sont toutefois ni complètes, ni homogènes, et il a fallu avoir recours à la modélisation et aux avis d’experts pour compléter l’évaluation. L’incidence potentielle des pressions a été déduite à l’aide de cette méthode et, en tenant compte de l’évolution future possible, le risque de ne pas atteindre les objectifs a été calculé. Les seuils ont été définis ex ante pour les différentes pressions et ont dû être adaptés aux caractéristiques des masses d’eau spécifiques, avec l’aide des avis d’experts.
Les données produites, associées aux avis d’experts, ont permis d’élaborer les premiers PGDH, qui seront consolidés pour le prochain cycle avec davantage de données quantitatives/de contrôle. Il est indiqué que les lacunes observées dans la définition des pressions importantes seront réduites dans les futurs cycles de planification grâce à une amélioration des données de contrôle sur l’état des masses d’eau et à l’élaboration de nouvelles règles et méthodes."

"Les principaux secteurs responsables des différents types de pressions ont aussi été recensés dans tous les PGDH. En règle générale, les sources ponctuelles n’ont pas été clairement définies [stations de traitement des eaux urbaines résiduaires, tempêtes, pollution en rapport ou non avec la PRIP (uniquement pour la Sambre, et le Rhône pour le TEUR et la PRIP)]. Bien que ces informations sur la pollution résultant de sources ponctuelles soient publiées sur un site web du gouvernement, elles ne sont pas clairement expliquées dans les PGDH. Les PGDH indiquent que tous les polluants dont l’incidence sur l’environnement est prouvée sont considérés comme des «pressions importantes» et sont quantifiés. Il n’existe toutefois pas de valeurs de référence pour la prise en considération de ces polluants.
Aucune explication claire n’est fournie sur les sources diffuses (eaux urbaines, agriculture, transport, etc.), ni sur les autres pressions (comme le captage d’eau, la régulation du débit et les changements morphologiques) (sauf pour le Rhône)."

"Le réseau de surveillance ne couvre pas la surveillance des zones protégées. Néanmoins, la France est en train d’améliorer la cohérence des réseaux de surveillance en vertu de la DCE et de la directive «Nitrates»."

"Le contrôle de surveillance des eaux de surface présente quelques lacunes. Les éléments de qualité (EQ) ne sont pas tous contrôlés dans les programmes de contrôle de surveillance.
Pour les masses d’eau concernées par le contrôle de surveillance, tous les éléments de qualité biologique requis sont surveillés au niveau du DH et ont été surveillés dans 90 % des masses d’eau pour les rivières, 75 % pour les lacs, 81 % pour les eaux de transition et 68 % pour les eaux côtières.
Le DH Escaut, Somme et eaux côtières de La Manche et de la mer du Nord présente un manque de contrôle de surveillance dans les rivières (de la continuité fluviale et des conditions morphologiques), dans les lacs (des poissons et de la faune benthique invertébrée) et dans les eaux de transition et côtières (des conditions morphologiques et du régime des marées). D’après les informations transmises par les autorités françaises, les réseaux de contrôle ont été améliorés après l’adoption des premiers PGDH, et la continuité fluviale et les conditions morphologiques sont actuellement contrôlées dans l’Escaut et la Sambre (pour 13 bassins dans l’Escaut et 6 dans la Sambre). D’après ces informations toujours, les poissons sont actuellement contrôlés dans les lacs (3 bassins sur 4 au total) dans la Sambre. Le contrôle des macro-invertébrés pour les lacs fortement modifiés dans la Sambre n’a pas encore été mis en place. Pour ce qui est des eaux de transition et côtières, les résultats seront cohérents avec l’exercice d’interétalonnage au niveau de l’UE lorsqu’il sera terminé.
Le DH Rhône et eaux côtières de la Méditerranée présente un manque de contrôle de surveillance dans les lacs (phytobenthos). D’après les informations les plus récentes fournies par les autorités françaises, des travaux sont actuellement en cours afin de compléter ces réseaux de surveillance dans un futur proche."

"Les substances prioritaires et les autres polluants sont surveillés dans les eaux de surface, mais les PGDH ne contiennent pas d’informations sur la surveillance des différentes substances spécifiques. En outre, l’étendue du contrôle des sédiments et/ou du biote n’est pas claire."

"Près de 35 % des masses d’eau de surface ont été évaluées comme présentant un bon état écologique et 6,5 % comme présentant un très bon état écologique. Néanmoins, 56,4 % des masses d’eau de surface sont jugées dans un état inférieur à bon (près de 40 % dans un état moyen, 12,5 % dans un état médiocre et un peu plus de 4 % dans un mauvais état). Un peu plus de 2 % des masses d’eau de surface françaises sont dans un état écologique inconnu."

"L’état chimique des eaux de surface a été évalué comme bon pour un peu plus de 43 % des masses d’eau, tandis que près de 23 % présentent un état inférieur à bon. Il convient de souligner le pourcentage élevé de masses d’eau de surface (34,1 %) dont l’état chimique est inconnu. Il s’agit là d’un problème majeur, puisqu’il entrave le reste du processus de planification, à savoir la définition d’objectifs et la conception de mesures appropriées en vue d’améliorer l’état."

"L’état chimique des masses d’eau souterraine a été jugé bon pour près de 59 % des masses d’eau souterraine et inférieur à bon pour 41 % des masses d’eau. Seule une masse d’eau présente un état chimique inconnu (dans le DH Rhône)."

"L’état quantitatif des masses d’eau souterraine (tableau 13) a été jugé bon pour près de 90 % des masses d’eau souterraine. Quarante-huit masses d’eau souterraine présentent un état quantitatif médiocre (principalement dans les DH Escaut, Rhône, Adour, Loire et île de La Réunion) et 13 présentent un état inconnu (dans les DH Adour et Guadeloupe)."

"Note: en France, l’objectif de 2015 est défini en tenant compte des masses d’eau avec un état inconnu et, par conséquent, si aucune exemption n’est explicitement mentionnée pour une masse d’eau donnée, même si cette masse d’eau a un état inconnu, l’objectif pour cette masse d’eau sera un bon état en 2015. Des améliorations de l’état de l’eau sont attendues pour la majeure partie des masses d’eau, mais devraient être plus visibles pour l’état chimique ou écologique."

"Des méthodes d’évaluation de l’état écologique n’ont pas encore été élaborées pour tous les éléments de qualité biologique (EQB) et des méthodes font défaut pour un ou plusieurs types de masse d’eau."

"Il existe toutefois des lacunes significatives dans l’élaboration de méthodes d’évaluation des éléments de qualité biologique dans ce premier PGDH, ce qui a des conséquences majeures au niveau des autres étapes du processus de planification, à savoir la définition d’objectifs pour les masses d’eau et la conception des mesures les plus appropriées. Toutes les catégories de masse d’eau ne sont pas couvertes de la même façon par les méthodes d’évaluation biologique. Actuellement, les connaissances sont sensiblement plus nombreuses pour les rivières que pour les autres catégories et, par conséquent, davantage de méthodes d’évaluation biologique ont été élaborées pour les rivières que pour les autres catégories. L’objectif est donc d’élaborer de nouvelles méthodes pour les éléments biologiques manquants, en particulier pour les lacs, les eaux de transition et les eaux côtières."

"Les autorités françaises estiment que les méthodes élaborées jusqu’à présent sont aussi représentatives que possible de toutes les pressions importantes. Elles ont confirmé que les méthodes d’évaluation biologique étaient en cours d’approfondissement et d’amélioration, ce qui permettra de prendre en considération les résultats de l’exercice d’interétalonnage et de disposer de meilleures méthodes d’évaluation pour le prochain cycle."

"De manière générale, l’évaluation des éléments de qualité d’appui concernant les caractéristiques physico-chimiques et hydromorphologiques n’a été que partiellement développée jusqu’ici."

"Les éléments de qualité physico-chimique sont évalués sur la base de la méthode d’évaluation historique de la qualité de l’eau21. Tous les seuils ont été définis pour les différents éléments influençant la biologie. Pour ce qui est des éléments hydromorphologiques, la continuité fluviale, le régime hydrologique et les conditions morphologiques ne sont généralement pas évalués. Dans les premiers PGDH, aucune norme n’a encore été établie pour les éléments de qualité hydromorphologiques et l’évaluation se base sur les informations disponibles sur les pressions hydromorphologiques."

"Il n’est pas possible de savoir clairement si les limites entre les classes nationales sont cohérentes avec les limites entre les classes interétalonnées de la phase 1 de l’exercice d’interétalonnage23. D’après les informations transmises par les autorités françaises, les seuils établis dans l’arrêté de 2010 seraient cohérents avec ceux de la décision de la Commission sur l’interétalonnage."

"Les PGDH ne contiennent aucune information sur la manière dont la variabilité spatiale a été prise en considération dans la classification de l’état écologique. Cette information est toutefois mentionnée dans l’arrêté de 2010 (article 13 et annexe 10)."

"Pour ce premier PGDH, neuf substances ont été définies comme polluants spécifiques aux districts hydrographiques d’importance nationale et une substance d’importance locale (la chlordécone en Guadeloupe et en Martinique). La définition de ces substances a été déduite en dressant une hiérarchie des substances à surveiller conformément à la directive 76/464/CEE et des autres pesticides. D’après les informations fournies par les autorités françaises, la méthode utilisée pour la définition des réglementations sur la qualité environnementale pour ces polluants spécifiques est conforme à l’annexe V 1.2.6 de la DCE. Cette méthode ne figure toutefois pas dans les PGDH, car elle semble avoir été élaborée après leur adoption. Elle a été vérifiée par un groupe d’experts et soumise à une consultation publique entre le 4 et le 17 janvier 2010."

"Il semble que certaines étapes font défaut dans la méthode utilisée pour désigner les MEFM. L’approche graduelle du document d’orientation n° 4 de la stratégie commune de mise en oeuvre26 semble ne pas avoir été totalement suivie. En particulier, les incidences négatives importantes des mesures de restauration sur l’utilisation ou sur l’environnement au sens large, ainsi que le manque d’options environnementales meilleures, ne sont pas clairement évalués dans les PGDH. Le document d’orientation de 2006 donne quelques indications concernant l’incidence sur l’utilisation des modifications nécessaires pour parvenir au bon état écologique. Il fournit également des orientations sur l’évaluation des options environnementales meilleures pour atteindre les objectifs visés par la modification des MEFM. Néanmoins, les PGDH ne contiennent généralement que des informations très générales sur le processus de désignation et les résultats des évaluations susmentionnées ne sont pas décrits dans les plans.
La question de l’incertitude du processus de désignation est abordée dans la plupart des PGDH (sauf dans ceux de la Guadeloupe et de La Réunion) et ceux qui abordent les incertitudes contiennent aussi de futures actions possibles destinées à améliorer le processus de désignation."

"Dans les DH de France continentale, l’évaluation de l’état chimique a été effectuée sur la base des substances figurant à l’annexe I de la directive 2008/105/CE établissant des normes de qualité environnementale (directive NQE), sauf dans les DH Meuse, Rhin et Rhône, dont les plans ne font aucune référence claire à ces substances. Néanmoins, différentes substances ont été utilisées dans les différents plans (et non la totalité des 41 substances de l’annexe I) pour l’évaluation de l’état chimique des masses d’eau. Il n’est donc pas possible d’établir clairement pour chaque PGDH français quelles substances ont été utilisées ni les raisons ayant présidé au choix de certaines substances spécifiques."

"D’après les informations fournies par les autorités françaises, l’évaluation de l’état chimique pour l’Adour-Garonne a été retardée, la surveillance n’ayant débuté qu’en 2009."

"Dans le cas de la France, aucune norme nationale plus stricte que les NQE de la directive 2008/105/CE n’a été fixée pour l’évaluation de l’état chimique des eaux de surface. L’évaluation de l’état chimique est effectuée sur la base de lignes directrices nationales."

"Les PGDH des territoires d’outre-mer ne fournissent aucune information sur l’application ou non de la directive NQE. L’on peut supposer que les lignes directrices nationales ont été suivies, mais cela n’est pas clairement indiqué dans les plans ou n’a pas été communiqué dans WISE."

"Les plans français n’indiquent pas si les NQE ont été déduites concernant les sédiments et/ou pour le biote pour certaines des 41 substances, ou si la France a appliqué les NQE relatives au biote pour le mercure et ses composés, et/ou pour l’hexachlorobenzène, et/ou pour l’hexachlorobutadiène conformément à l’article 3, paragraphe 2, point a), de la directive NQE."

"Les PGDH fournissent très peu d’informations sur la prise en considération ou non des concentrations de fonds dans l’évaluation. De façon générale, les plans reconnaissent qu’il est possible de tenir compte des concentrations de fonds, mais aucune explication n’est fournie quant à la méthode pour ce faire. En outre, l’arrêté du 25 janvier 2010 dispose que, pour les métaux et leurs composés, il est possible de tenir compte des concentrations de fond naturelles lors de l’évaluation des résultats, mais il ne fournit pas non plus de méthode à cet effet."

"Le même manque d’informations détaillées s’applique aussi à l’analyse de la façon dont les facteurs de biodisponibilité des métaux sont pris en considération dans l’évaluation de la conformité à la directive NQE. Les lignes directrices nationales indiquent que les facteurs de biodisponibilité pourraient être pris en considération lors de l’évaluation, mais aucune explication n’est donnée quant à la méthode à employer. L’arrêté du 25 janvier 2010 dispose que, pour les métaux et leurs composés, il est possible de tenir compte de la dureté, du pH ou d’autres paramètres liés à la qualité de l’eau qui affectent la biodisponibilité des métaux, mais aucune information détaillée sur les méthodes n’est fournie."

"L’approche suivie lors de l’évaluation de l’état des eaux souterraines varie sensiblement entre les différents DH. Des documents d’orientation nationaux existent en la matière, mais ils semblent être interprétés différemment dans chaque DH."

"Les incidences des captages d’eaux souterraines ont été prises en considération, mais aucune information n’est fournie sur la façon dont l’équilibre entre la recharge et le captage d’eaux souterraines est évalué."

"Tous les critères de l’évaluation de l’état quantitatif des eaux souterraines semblent avoir été pris en considération. Les eaux de surface associées et les écosystèmes terrestres qui dépendent des masses d’eau souterraines sont pris en compte dans tous les DH. Les connaissances sur la dynamique entre les eaux souterraines et les écosystèmes terrestres dépendants n’étaient toutefois pas suffisantes au moment de l’élaboration de ces premiers PGDH. Il n’existait pas non plus de méthodes appropriées pour évaluer l’état de ces écosystèmes terrestres dépendant des eaux souterraines. Les autorités des différents DH ont donc utilisé les meilleures connaissances disponibles pour les différents districts. Plusieurs études ont été lancées ces dernières années dans toute la France afin de mettre au point une méthode solide, et les premiers résultats de ces études seront disponibles dans le courant de 2012."

"Concernant l'état chimique des eaux souterraines, il n’existe pas de méthode dans tous les DH pour définir les dépassements acceptables des valeurs seuils (VS).
Des VS ont été définies aux niveaux national et local, mais le lien entre elles n’est pas clair. Il semble être courant que les VS soient établies en rapport avec les risques. La prise en considération des niveaux de référence semble varier entre les différents DH.
Des méthodes destinées aux évaluations des tendances et aux points de départ des inversions de tendance font souvent défaut. D’après les informations communiquées par les autorités françaises, ce manque est dû au fait que ces évaluations n’étaient pas obligatoires dans les premiers PGDH. En ce qui concerne les méthodes existantes, il existe de profondes différences d’un DH à l’autre. Il peut toutefois s’agir d’une communication incomplète par les différents districts, qui n’ont transmis que les données disponibles à l’époque. La France est en train de mettre au point une méthode nationale à cette fin."

"Des incidences importantes nécessitant un report de l’échéance (article 4, paragraphe 4, de la DCE) ou la définition d’objectifs moins stricts (article 4, paragraphe 5, de la DCE) ont été recensées dans tous les DH. Dans certains cas, les raisons pour lesquelles des dérogations sont nécessaires sont clairement définies par masse d’eau, mais, pour d’autres DH, elles sont généralement décrites pour l’ensemble du DH. Les raisons principales sont notamment la pollution diffuse et agricole, les déversements des stations d’épuration, etc.

Des zones protégées ont été clairement désignées dans tous les DH français. Les PGDH devraient introduire des objectifs complémentaires plus stricts, notamment pour les zones destinées au captage d’eau potable, les eaux conchylicoles, les eaux de baignade et Natura 2000, où les objectifs des zones protégées sont plus rigoureux que ceux permettant l’obtention de la mention de bon état.
Des objectifs complémentaires pour l’eau potable ont été définis dans tous les PGDH. Néanmoins, dans certains DH, la définition d’objectifs complémentaires n’est pas très claire, puisqu’il n’est fait référence aux zones protégées que dans le cadre d’une partie d’un registre en vertu de la législation nationale applicable, avec une référence générale aux objectifs à atteindre.
Les zones conchylicoles sont aussi des zones de protection des coquillages et sont soumises à une législation nationale et départementale ou locale couvrant la qualité des eaux et des coquillages. Des objectifs complémentaires ont été définis dans les DH contenant des zones conchylicoles, mais le niveau de détail fourni varie d’un PGDH à l’autre. Pour les eaux de baignade et les sites Natura 2000, les objectifs ne sont en règle générale pas clairement mentionnés dans les PGDH. La France a défini les objectifs complémentaires dans le cadre de la mise en œuvre des directives «Eaux de baignade» et «Habitats», les masses d’eau protégées faisant partie d’un registre national. Les PGDH ne mentionnent toutefois pas ces objectifs complémentaires."

"Il existe un nombre relativement élevé de dérogations au titre de l’article 4, paragraphes 4 et 5, pour cause de coûts disproportionnés, pour lesquelles aucune justification claire n’est fournie.
Les mesures de base (telles que visées à l’article 11, paragraphe 3, point a), de la DCE) ont été exclues29 du calcul des coûts disproportionnés.
Les lignes directrices nationales sur les dérogations indiquent qu’il faut rechercher des modes de financement alternatifs. Il s’agit là d’une question majeure, puisque les coûts disproportionnés ont été utilisés comme motif pour reporter les échéances (dérogation au titre de l’article 4, paragraphe 5, de la DCE)."

"Pour toutes les masses d’eau pour lesquelles le bon état n’est pas envisagé à l’horizon 2015, l’on peut conclure que les mesures de base et complémentaires prévues dans ce premier PGDH sont insuffisantes."

"Le coût des différentes mesures est clairement défini dans les PGDH. Tous les plans indiquent la source de financement des mesures planifiées pour les principaux besoins de financement. Ils ne sont toutefois pas clairs concernant l’existence d’un engagement financier concret pour la mise en œuvre des mesures, mais les autorités françaises ont confirmé qu’il existait un engagement financier via l’allocation des taxes sur l’eau au financement de la politique de l’eau (charges liées au captage d’eau et à la pollution des déversements)."

"L’agriculture a été définie comme une des principales pressions dans tous les DH continentaux, essentiellement pour la pollution diffuse, y compris l’azote, le phosphore, les pesticides, les métaux et les micropolluants. Le captage d’eau et les transferts à des fins agricoles sont considérés comme des pressions importantes dans les DH Adour-Garonne, Loire, Martinique, La Réunion et Guadeloupe. Des pressions morphologiques dues aux activités agricoles sont soulignées dans les DH Escaut, Sambre et Loire. L’eutrophisation est importante dans les DH Escaut, Meuse, Sambre, Rhin, Rhône, Seine, Loire, Martinique et Guyane.
L’agriculture n’a pas été définie comme étant une pression importante dans le DH Corse.
Les agriculteurs et les autres acteurs concernés ont été consultés durant la préparation des mesures destinées à l’agriculture. Le comité de bassin a été chargé de rédiger le PdM. Il a rassemblé différents groupes d’acteurs via des commissions locales, qui ont participé à l’élaboration du plan. Bien que cela ne soit pas clairement indiqué dans les plans, il est à supposer que les agriculteurs ont participé aux groupes de travail qui ont rédigé les plans et le PdM. Les projets finals des plans ont fait l’objet d’une consultation officielle auprès des chambres d'agriculture au niveau local. Les PGDH ne contiennent toutefois aucune information détaillée sur les différents acteurs impliqués dans le processus ni sur la portée de leur contribution."

"En Guyane, aucune portée géographique claire n’est indiquée pour la mise en œuvre des mesures. Sur l’île de La Réunion, aucune mesure agricole n’est décrite pour les sous-bassins."

"Les PGDH ne contiennent aucune information précise sur le financement prévu des mesures agricoles. En particulier, le règlement sur le développement rural n’est pas réellement pris en considération dans le PdM. Bien qu’il se rapporte spécifiquement à la DCE, l’article 38 du règlement sur le développement rural n’est pas mentionné dans les plans. D’après les informations fournies par les autorités françaises, le financement des mesures agricoles devra en effet être supporté par les programmes de développement rural, entre autres fonds disponibles. En outre, l’article 38 du règlement sur le développement rural sera pris en considération pour le financement des actions de prévention liées à l’article 7 de la DCE sur les zones protégées pour le captage d’eau potable.
Les plans ne font aucune référence claire au calendrier prévu pour la mise en œuvre des mesures. Les mesures sont toutefois définies pour la période 2009-2015."

"S’agissant du contrôle de la mise en œuvre des mesures agricoles, la plupart des PGDH mentionnent qu’un mécanisme de contrôle est en place ou sera développé plus avant, mais aucun détail n’est fourni à cet égard."

"La base de la sélection des mesures hydromorphologiques n’est pas claire, et ce parce que les mesures hydromorphologiques ne sont pas clairement reliées aux utilisations de l’eau ni aux pressions. En outre, il n’existe pas de lien évident entre les mesures et l’état actuel ni d’explications sur une possible amélioration de l’état.
D’après les informations transmises par les autorités françaises, le processus de planification de leurs DH a été retardé en raison de retards dans l’exercice d’interétalonnage pour les rivières. Pour les autres types de masse d’eau, les retards au niveau de l’interétalonnage sont encore plus importants.
La description des mesures spécifiques à mettre en œuvre est généralement vague et générale dans les plans."

"Une autre question importante qui n’a pas non plus été clairement définie est celle du régime de débits fondé sur une approche écologique. Des objectifs quantitatifs sont définis durant les périodes estivales pour les principaux confluents et autres points stratégiques. C’est notamment le cas pour les zones où des pénuries d’eau chroniques ont été recensées. Le débit minimal devrait aussi être défini pour chaque projet.
Les mesures hydromorphologiques sont vraisemblablement envisagées pour les PGDH. Une référence claire à cet égard n’est toutefois contenue que dans les PGDH pour les DH Escaut, Sambre, Seine et La Réunion. Des mesures spécifiques consistant à instaurer des normes de débit écologique minimales et à atténuer les éclusées ont été adoptées pour les DH Rhône, Adour et Martinique (uniquement pour le débit minimal)."

"Lorsque les mesures de base sont jugées insuffisantes, des mesures complémentaires sont appliquées, comme la restauration des berges, des mesures destinées à améliorer la collecte des eaux résiduaires, des mesures de remédiation, des mesures de lutte contre les polluants diffus, etc. Aucune information n’est fournie sur les mesures destinées à combattre les dépassements de VS."

"Il existe de profondes différences d’un PGDH à l’autre concernant les services liés à l’utilisation de l’eau, le calcul de la récupération des coûts, la contribution à la récupération des coûts et la tarification incitative, ce qui témoigne d’une coopération insuffisante au niveau national. De même, aucune coopération au niveau international n’a été communiquée."

"Les objectifs des zones protégées vont au-delà du bon état exigé par la DCE et sont définis dans le cadre des directives pertinentes de l’UE («Eau potable», «Eaux de baignade», «Eaux conchylicoles»). C’est pourquoi ces objectifs supplémentaires des zones protégées et les mesures nécessaires à leur réalisation devraient figurer dans le principal instrument de planification applicable aux différentes activités au sein d’un DH, à savoir les PGDH.
Les zones protégées ont été clairement définies en France. Les plans ne prévoient toutefois pas les mesures spécifiques à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs plus stricts pour lesquels les zones protégées ont été désignées. Il est considéré que les mesures figurant dans le PdM amélioreront l’état de toutes les masses d’eau et contribueront, dès lors, à la préservation des zones protégées.
Très peu de mesures sont reprises en tant que telles dans les plans, comme la restauration des sites de captage d’eau potable dans le DH Rhône-Méditerranée et la restauration des zones humides et la diversification des habitats, respectivement dans les DH Rhône et Seine-Normandie."
"Des mesures supplémentaires spécifiques nécessaires pour garantir la qualité de l’eau et la qualité des eaux conchylicoles conformément à la directive «Eaux conchylicoles» ne sont pas clairement définies. De manière générale, aucune mesure ciblée spécifique pour les zones désignées comme étant protégées en vertu de cette directive n’est indiquée, mais d’autres mesures telles que celles mentionnées ci-dessus peuvent avoir un effet positif sur ces zones."

"L’incidence du changement climatique est mentionnée dans certains PGDH comme une pression supplémentaire possible sur les ressources en eau qui devra être prise en considération à l’avenir. Le changement climatique n’est toutefois inclus que de façon limitée, et se rapporte essentiellement au contexte de la gestion des inondations, de la disponibilité de l’eau et des situations de rareté de la ressource en eau. Aucune tentative visant à vérifier si le PdM était adapté au changement climatique n’a été effectuée.
Certains DH ont repris des informations plus détaillées concernant le changement climatique. Par exemple, dans le PGDH Seine-Normandie, le changement climatique est repris dans le cadre d’un chapitre spécifique décrivant les principales directions et défis du PGDH. Il y est indiqué qu’un des défis à prendre en considération est le changement climatique, que des modèles ont été élaborés pour tenir compte des futures conditions climatiques et que les incertitudes concernant le résultat sont grandes. Néanmoins, les effets sur le système aquatique ne sont ni décrits ni reliés aux mesures.
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27/02/2013 Les animaux de la Loire contaminés par des polluants. Extraits :
"Une enquête inédite révèle une contamination généralisée aux PCB, aux insecticides et aux métaux lourds de la faune vivant dans le fleuve et à ses abords."

"Le point commun entre le balbuzard-pêcheur, la loutre, l'anguille, l'écrevisse de Louisiane, le poisson-chat et la corbicule ? Tous ont été les acteurs d'une étude écotoxicologique sans précédent, menée sur l'ensemble du bassin de la Loire. Au terme de trois ans de collectes et d'analyses, ces travaux montrent qu'aucun individu d'aucune espèce, quel que soit le lieu où il vit, n'échappe à la pollution des eaux ligériennes.
Par son étendue comme par la variété de ses habitats, le bassin de la Loire constitue un hydrosystème fluvial unique en France, beaucoup plus sauvage que celui de la Seine et du Rhône. Pour déterminer son état, les auteurs de l'étude, Charles Lemarchand et Philippe Berny, respectivement écotoxicologue et vétérinaire-toxicologue à VetAgroSup (campus vétérinaire de Lyon) et René Rosoux, directeur scientifique du Muséum d'Orléans, se sont fondés sur le taux de substances toxiques retrouvées chez des animaux qui, par leur fonction prédatrice, jouent le rôle de "biocapteurs" de contaminants.
Dans les bassins du Rhône et du Rhin, des travaux similaires ont été menés sur les poissons, qui ont montré une contamination importante par les PCB (polychlorobiphényles, interdits en France depuis 1987). Mais jamais une telle variété d'espèces n'avait été sondée. Trois superprédateurs piscivores (balbuzard-pêcheur, grand cormoran et loutre), deux poissons migrateurs (anguille et mulet porc), trois poissons polyphages, trois crustacés et trois bivalves filtreurs... De quoi appréhender les phénomènes de pollution à différentes échelles spatiales : station permanente pour les bivalves, aire de manœuvre de quelques kilomètres (poissons et loutre), échelle intercontinentale (oiseaux migrateurs)."

"DES PRODUITS TRÈS RÉMANENTS DANS L'ENVIRONNEMENT
Des têtes de bassins à l'estuaire en passant par les plaines alluviales, neuf sites de prélèvements ont été retenus. Sur chacun d'entre eux, et pour chaque espèce, la concentration de PCB a été analysée, ainsi que celle des pesticides organochlorés et organophosphorés, des métaux lourds et des herbicides anticoagulants. Au total, 54 polluants ont été recherchés.
Les conclusions sont en demi-teinte. Les contaminants les plus nocifs sont aussi ceux qui ont été détectés avec la plus grande fréquence. Comme "les pesticides organochlorés de la famille du DDT, les PCB dont les effets sur la faune sauvage sont désastreux, et, enfin, le mercure", détaille René Rosoux. Ces produits, de moins en moins employés (l'usage du DDT est interdit depuis 1972), se révèlent donc très rémanents dans l'environnement. Bonne nouvelle en revanche, les pesticides les plus récents sont plus rares chez les superprédateurs, situés au sommet de la chaîne trophique.
Si aucun représentant de la faune n'est épargné par ces toxiques, aucune des espèces étudiées ne semble menacée à court terme par cet empoisonnement. Le paysage s'éclaircit donc pour la loutre ou le balbuzard-pêcheur, qui étaient menacés d'extinction par les pesticides organochlorés il y a encore vingt ou trente ans."

"L'EFFET COCKTAIL DES SUBSTANCES TOXIQUES
L'étude montre aussi incidemment que les loutres vivant sur les contreforts du Massif central se sont révélées plus contaminées que celles de la zone estuarienne et des grands marais de l'Ouest où les sources de pollution sont bien plus grandes. "Cela casse un peu le mythe du Massif central "château d'eau" de la France mais cela n'a rien d'étonnant, explique M. Lemarchand, les toxiques voyagent dans l'atmosphère et les pluies abondantes dans cette région, les entraînent avec elles dans le lessivage des sols."
Dans leurs conclusions, les chercheurs restent prudents : "Nous connaissons encore mal l'effet cocktail des substances toxiques", résume Philippe Berny. Or celui-ci pourrait se révéler détonnant. Pour au moins deux raisons.
La première est qu'aux toxiques incriminés s'ajoutent diverses substances pharmaceutiques et hormonales, sur lesquelles les chercheurs – qui viennent de recevoir du plan "Loire Grandeur Nature" le financement nécessaire pour poursuivre leurs travaux jusqu'à la fin 2014 – vont maintenant se pencher. La seconde est le réchauffement climatique. "Il faut s'attendre dans les années à venir à une augmentation des sécheresses estivales, ce qui entraînera une concentration des polluants présents dans l'eau", prévoit Charles Lemarchand. De même, des crues hivernales plus intenses risquent de remobiliser plus largement les contaminants piégés dans les sédiments des rivières ou des barrages. Un contexte incertain, donc, dans lequel l'étude actuelle pourrait servir de référence au "temps zéro" de la biodiversité ligérienne.
"
>>> Contexte


26/02/2013 Le scandale alimentaire qui s'annonce. Extraits :
"Que se passe-t-il vraiment dans l'univers de la viande industrielle ? Et que nous fait-on manger, de gré ou de force ? Avant d'essayer de répondre, il est bon d'avoir en tête deux études récentes. La première, publiée en 2011, montre la présence dans le lait - de vache, de chèvre ou d'humain - d'anti-inflammatoires, de bêtabloquants, d'hormones et bien sûr d'antibiotiques. Le lait de vache contient le plus grand nombre de molécules. La seconde, qui date de 2012, est encore plus saisissante. Une équipe de chercheurs a mis au point une technique de détection des résidus dans l'alimentation, en s'appuyant sur la chromatographie et la spectrométrie de masse. Analysant des petits pots pour bébés contenant de la viande, ils y ont découvert des antibiotiques destinés aux animaux, comme la tilmicosine ou la spiramycine, mais aussi des antiparasitaires, comme le levamisole, ou encore des fongicides. Certes à des doses très faibles – en général –, mais, comme on le verra, la question se pose aujourd'hui dans des termes neufs."

"Nul besoin d'une vaste enquête pour avoir une idée de l'incroyable pharmacopée destinée aux animaux d'élevage. La liste des produits autorisés contient de nombreux douvicides (contre des vers parasites), anticoccidiens (parasites de l'intestin), anthelminthiques (vermifuges), hormones, vaccins, neuroleptiques et antibiotiques. Sait-on comment l'oxytétracycline se mélange avec la gonadolibérine chez un poulet ? Comment le flubendazole se marie avec l'azapérone et les prostaglandines PGF2 dans la chair d'un porc ? Le thiabendazole avec le diazinon ou le décoquinate dans le sang d'une bonne vache charolaise ? Aucune étude sur les effets de synergie de ces produits n'est menée. Il n'est pas dit qu'elles seraient possibles. Lorsque c'est le cas, on découvre en tout cas un nouveau monde. Le 3 août 2012, la revue PloS One publiait un travail sur les effets combinés de trois fongicides très employés dans l'agriculture. Leur association provoque des effets inattendus sur les cellules de notre système nerveux central.
Commentaire de l'un des auteurs, Claude Reiss : "Des substances réputées sans effet pour la reproduction humaine, non neurotoxiques et non cancérigènes ont, en combinaison, des effets insoupçonnés." Effets insoupçonnés, éventuellement cancérigènes, ouvrant la voie –peut-être – à des maladies neurodégénératives comme Parkinson, la sclérose en plaques ou Alzheimer.
Cette découverte est cohérente avec les grands changements en cours dans la toxicologie, qui étudie les substances toxiques."

"Aujourd'hui encore, le principe de base de cette discipline est le Noael (No observed adverse effect level), ou dose sans effet toxique observable. Longtemps avant Noael, son précurseur Paracelse – un magnifique alchimiste du XVIe siècle – résumait à sa façon le paradigme actuel de la toxicologie : "Toutes les choses sont poison, et rien n'est sans poison ; seule la dose fait qu'une chose n'est pas un poison." Phrase-clé que des générations de toxicologues ont résumée dans cette formule : "La dose fait le poison."
Mais la connaissance bouscule les idées en apparence les plus solides. Le lourd dossier des perturbateurs endocriniens vient rebattre les cartes de manière spectaculaire. En deux mots, ces substances chimiques imitent les hormones naturelles et désorientent des fonctions essentielles du corps humain, comme la reproduction ou la différenciation sexuelle.
Or les perturbateurs agissent à des doses si faibles que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a pu conclure, dans un rapport de 2011, que les effets de l'un d'eux, le bisphénol A, étaient avérés à "des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires". Il est certain que ce seul propos marque un tournant. Car du même coup, la dose journalière admissible (DJA) du bisphénol A - sa limite légale - pourrait être divisée par... 2 millions, selon le toxicologue André Cicolella.
Le bisphénol A pourrait même "avoir des effets plus importants à très faible niveau d'exposition qu'à haut niveau", ce qui mettrait à bas tout l'édifice."

"D'un côté, des promesses, et, de l'autre, l'inaction. Il lance fin 2011 un plan de réduction "de 25 % en cinq ans de la consommation des antibiotiques destinés aux animaux", mais que n'a-t-il œuvré auparavant ? Entre 1999 et 2009, l'exposition du bétail à ces médicaments a augmenté de 12,5 %.
Certes, le volume global a baissé entre ces deux dates, mais les nouveaux produits sont actifs à des doses plus faibles.
"
>>> Contexte


24/02/2013 Politique de l'eau: pour l’association nationale de consommateurs et usagers CLCV, il faut aller au fond des choses. Extraits :
"Dans son rapport 2013, la Cour des Comptes dresse un constat sévère sur l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques : « L’ampleur et l’accroissement des missions confiées à l’ONEMA, dans un contexte mouvant, complexe et soumis à la pression d’échéances communautaires, n’ont pas été accompagnés par la mise en place de moyens à la hauteur des enjeux. Il en est résulté de nombreuses défaillances et irrégularités dans la gestion administrative et financière qui ont nui à l’efficacité de l’action du nouvel établissement public ».

Pour l’association nationale de consommateurs et usagers CLCV (consommation, Logement et Cadre de vie), connue pour son implication de longue date sur les questions de l’eau et de l’assainissement, la gravité des faits rapportés ne va pas manquer de choquer les consommateurs et de les faire douter des politiques publiques conduites dans ce domaine auquel ils sont particulièrement sensibles. Ce rapport doit être l’occasion de revoir l’ensemble de la politique de l’eau dont les réformes successives ont certes apporté des améliorations, mais sont rarement allées au bout des transformations nécessaires.

Pour l’association, il s’agit de :
- procéder à un audit sur les conditions de recueil et de transmissions des données sur l’état réel des ressources et de l’efficacité des mesures mises en œuvre pour atteindre l’objectif européen de leur bon état écologique en 2015 ;
- clarifier et démocratiser la gouvernance des différentes instances chargées de la mise en œuvre de la politique de l’eau, dans lesquelles les usagers domestiques, qui en sont pourtant les principaux contributeurs, sont peu (ou pas) représentés, peu (ou pas) consultés ;
- mettre en œuvre une véritable politique de prévention et de protection de la ressource, avec une application équitable et efficace du principe pollueur payeur, alors que les ménages supportent encore 80% des redevances, ce qui est inacceptable ;
- améliorer notablement la transparence de la gestion de l’eau et de l’assainissement collectif et non collectif, notamment en ce qui concerne la réalité économique des coûts des différentes opérations tout au long du cycle de l’eau, et redonner son sens à la notion de service public dans un domaine où la porosité entre l’intérêt général et les intérêts économiques est de notoriété publique.

La CLCV rappelle qu’à l’occasion des trois derniers projets de loi elle a proposé la mise en place d’une véritable autorité nationale indépendante, qui ne soit pas juge et partie, avec pouvoir d’investigation et de sanction, et demande notamment :
- que des représentants d’associations représentatives de consommateurs et usagers soient associés au travail d’évaluation de la politique de l’eau conduite dans le cadre de la Modernisation de l’Action Publique (MAP) ;
- une réforme et une généralisation des Commissions consultatives des services publics locaux,
- une plus grande place aux représentants des ménages dans les Comités de Bassin des Agences de l’eau, alors que les usagers domestiques sont les plus gros contributeurs (ils représentent aujourd’hui moins de 3% des membres de cette instance) ;
- le droit pour les représentants des consommateurs et usagers siégeant dans les différentes instances de concertation, de disposer d’expertises indépendantes des intérêts économiques concernés ;
- l’obligation d’un véritable débat public local suivi d’un référendum lors du choix du mode de gestion des services d’eau et d’assainissement.
"
>>> Contexte


22/02/2013 Le directeur de l'eau et de la biodiversité parle. Extraits :
"Laurent Roy est le directeur de l’eau et de la biodiversité à la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) depuis novembre 2012. Très discret durant cette période mouvementée à l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), dont le ministère de l’écologie assure la tutelle, il a répondu aux questions du Journal de l’environnement.

Le JDLE – Le 12 février dernier, la Cour des comptes rendait un rapport qui étrillait la gestion de l’Onema et pointait les dysfonctionnements du système d’information sur l’eau (SIE)[1]. Quelles suites vont être données à ce rapport?

Laurent Roy – Ce rapport de la Cour des comptes est en train de connaître une suite opérationnelle au sein même de l’Onema, comme l’a annoncé la ministre de l’écologie Delphine Batho. Un plan d’action va être mis en œuvre, dont les données sur l’eau font partie. Car la qualité des données est effectivement déterminante. Et dès avant la sortie du rapport, le gouvernement avait décidé de soumettre la politique de l’eau à l’évaluation du comité interministériel de modernisation de l’action publique (Cimap). Les premiers résultats sur le sujet devraient être connus en mars. La question posée est la suivante: l’architecture institutionnelle française est-elle capable d’assurer les objectifs imposés par la directive-cadre sur l’eau (DCE)? Qu’il y ait des lacunes par rapport à ce qui devrait être fait, des dysfonctionnement dans la mise en œuvre concrète du SIE et que l’Onema ait failli dans ses missions, personne ne le conteste. Mais notre ambition en la matière est grande et c’est pourquoi la ministre de l’écologie a demandé à la directrice générale de fournir des réponses concrètes.

Le JDLE – Dans une interview accordée à notre journal [JDLE], une ancienne responsable de feu-l’Ifen [Institut français de l’environnement], Anne Spiteri, dénonçait la mauvaise qualité des données brutes remontées du terrain, puis compilées par les services du ministère de l’écologie avant d’être transmises à Bruxelles dans le cadre du rapportage communautaire. Que lui répondez-vous?

Laurent Roy – Je ne sais pas si elles ne sont pas bonnes. Alors que la France est en contentieux communautaire sur certains dossiers, ça n’est pas le cas pour la DCE[2]. Et la Commission européenne ne nous reproche rien concernant le rapportage, quand plusieurs pays sont en phase de pré-contentieux. Mais tout n’est pas réglé. On a affaire à un système d’information complexe. Avant la DCE, nous devions surveiller un petit nombre de paramètres physico-chimiques. Aujourd’hui, l’évaluation de l’état des masses d’eau est beaucoup plus complexe. Et elle porte sur des paramètres dont certains sont peu maîtrisés au plan scientifique. Par exemple, la DCE nous impose de rechercher les diatomées[3] -qui sont peu connues- ou les macrophytes[4] -pour lesquels les analyses ne sont pas si généralisées- ou encore des substances toxiques et dangereuses qui font appel à des données peu connues.

Le JDLE – Et l’effet «cocktail» des substances (pesticides, médicaments, molécules «naturelles») entre elles est-il mesuré? Les perturbateurs endocriniens sont-ils suivis?

Laurent Roy – La DCE ne porte pas sur l’état sanitaire des masses d’eau, mais bien sur leur état environnemental. La recherche de la présence de résidus médicamenteux ne fait donc pas partie des missions du SIE. Cependant, des discussions sont en cours au plan européen pour élargir le spectre des substances dangereuses aux substances médicamenteuses. La France est plutôt en pointe sur ce sujet. Mais il est clair que personne n’est capable de se lancer dans la mesure de 100 substances médicamenteuses à la fois. Il faut donc cibler celles que l’on mesure.

Le JDLE – Alors que sait-on précisément de l’état de nos masses d’eau? Et qui les contrôle?

Laurent Roy – La «photo» des masses d’eau –souterraines et supérieures- est partielle et partiellement floue. Partielle, car nous ne disposons pas de tous les éléments de connaissance. Partiellement floue, car les données ne sont pas assez précises ou pas suffisamment robustes. La circulaire du 31 décembre 2012 «relative à l'organisation et aux missions des laboratoires d'hydrobiologie en Dreal[5]» portait sur l’hydrobiologie, c’est-à-dire sur les macro-invertébrés qui vivent dans le fond des rivières. Et non sur l’ensemble du système d’analyse. Qui analyse? Cela dépend. Les poissons sont suivis par l’Onema. Les Dreal ont en charge les macro-invertébrés, mais aussi les paramètres biologiques –même si tous les laboratoires n’ont pas encore les connaissances ad hoc. Enfin, l’analyse des paramètres physico-chimiques (pesticides, azote, nitrate, etc.) est confiée à des laboratoires privés.

Le JDLE – Une dernière question: accepteriez-vous que soit mené un audit indépendant, comme le réclament certains?

Laurent Roy – Cet audit est, de fait, largement en cours, tant par les mesures annoncées par Delphine Batho en interne que par l’évaluation des politiques publiques qui est en cours. Un groupe de travail a également été créé au sein du Conseil national de l’eau. Dans cette affaire, nous faisons acte de transparence.
"
>>> Contexte


15/02/2013 Un tranquillisant rend des poissons plus audacieux et plus voraces. Extraits :
"BOSTON (Etats-Unis) - Des poissons sont devenus plus audacieux et plus voraces après avoir absorbé des résidus de tranquillisant qui se trouvent dans les eaux usées et finissent dans les lacs et les rivières, menaçant de perturber l'écosystème, selon une étude publiée jeudi.
Des chercheurs de l'université d'Umea en Suède ont constaté que des perches européennes qui absorbaient des doses d'anxiolytique oxazépan équivalentes à celles trouvées dans les cours d'eau en zones urbaines en Suède, étaient plus audacieuses et voraces.
Les perches qui ont avalé de l'oxazépam osaient s'éloigner de leur refuge pour explorer de nouveaux lieux potentiellement dangereux pour elles, explique Thomas Brodin, un écologiste de l'université d'Umea, principal auteur de l'étude, présentée au premier jour de la conférence annuelle de l'American Society for the Advancement of Science, à Boston (Massachusetts, nord-est).
Elles sont aussi devenues anti-sociales, se tenant à l'écart des autres perches, s'exposant ainsi à de plus grands risques d'être dévorées par un prédateur.
Or les perches qui n'ont pas été exposées à ce médicament restaient cachées dans leur abri, un comportement normal pour ce poisson plutôt timide, poursuit ce chercheur.
Ces poissons avaient emmagasiné dans leurs tissus musculaires des concentrations d'oxazépam comparables à celles des perches dans la nature, soulignent les auteurs, dont l'étude est publiée dans la revue américaine Science datée du 15 février.
Il est ainsi probable qu'en Suède les perches, dont beaucoup sont exposées à ces résidus d'oxazépam, voient leur comportement changer, ce qui pourrait finir par affecter l'équilibre des espèces aquatiques et entraîner des changements écologiques, comme une prolifération d'algues.
Un véritable cocktail de médicaments se retrouve dans les systèmes aquatiques à travers le monde, selon ces chercheurs.
Des études plus étendues seront toutefois nécessaires avant de conclure sur la façon dont ces changements de comportement peuvent affecter les écosystèmes.
La solution n'est pas d'arrêter d'utiliser ces médicaments pour les malades, mais de s'efforcer de mettre au point des stations d'épuration des eaux usées pouvant capturer les substances présentant un risque environnemental, conclut Jerker Fick, un des co-auteurs de la recherche.
"
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14/02/2013 Quand l’Onema persiste dans le déni…. Extraits :
"Non, les mesures ne sont pas mises à disposition du public !
En réponse au « scandale de l’eau » lancé par Marc Laimé et repris par Le Monde, (http://oce2015.files.wordpress.com/2013/02/onema_scandale_le-monde.pdf) sur la base d’un rapport (non public) de la Cour des Comptes, l’Onema a publié un communiqué de presse. L’Office affirme notamment : « l’Onema est chargé, entre autres, de la coordination technique du système d’information sur l’eau, piloté par le ministère ». Crée en 1993, le SIE rassemble des données produites par les services déconcentrés de l’État, les agences et offices de l’eau, l’Onema, le BRGM, les collectivités territoriales, les industriels, les associations pour la protection des poissons migrateurs, etc. Ces données sont pour la plupart, mises à disposition des autorités et du public sur les sites Eaufrance
D’autres bases de données, en cours de développement, rassembleront et mettront à disposition du public d’autres données, par exemple sur les prélèvements d’eau ou sur les flux de poissons migrateurs.
Ce propos est un accompagné d’une liste des sites du système Eaufrance — liste dont l’empilement et l’entrecroisement sont déjà en soi une promesse d’illisibilité pour les citoyens, leurs élus ou leurs associations (http://oce2015.files.wordpress.com/2013/02/onema_2013_oce.pdf).
72 mesures exigibles sur plus de 11 000 masses d’eau françaises : où sont-elles ?
L’Onema laisse ainsi penser qu’il n’y a pas de problèmes particuliers dans le Système d’information sur l’eau dont il a la coordination technique. Or il existe un problème, et un gros : les mesures exigibles depuis la directive-cadre européenne sur l’eau (2000) ne sont pas disponibles.
La Directive-cadre européenne sur l’eau demande aux Etats-membres d’évaluer l’état chimique et écologique de chaque masse d’eau. Il existe en France 11523 masses d’eau superficielles, dont 10824 concernant des rivières. En moyenne, une masse d’eau de rivière représente 22 km de tronçon. Cette masse d’eau est délimitée par sa cohérence (hydrologie, géologie, influence anthropique). Source : WISE, rapportage français à l’Union européenne.
Sur chaque masse d’eau, l’Etat-membre doit produire à la fréquence requise pour chaque indicateur (Arrêté du 25 janvier 2010):
• 5 mesures biologiques
• 18 mesures physicochimiques
• 8 critères de description morphologique
• 41 mesures chimiques
Et c’est là une demande conservatrice puisque l’étude menée en 2007-2009 sur les milieux aquatiques continentaux avait révélé la présence de 413 micropolluants en eaux superficielles (Etudes & Documents 54, 2011)"

"Aucun site ne fournit de manière synthétique et claire ces données pour chaque masse d’eau
Or, quand nous demandons ces mesures sur chacune des masses d’eau, ni l’Onema ni l’Agence de l’eau ne sont capables de nous donner un lien efficace, c’est-à-dire un site où chaque masse d’eau dispose de son rapport de mesure comprenant l’ensemble des 72 analyses nécessaires au terme de la DCE. L’Onema renvoie vers des relevés piscicoles ne concernant qu’une poignée de rivières, et l’Agence de l’eau vers des sous-sites Eaufrance dont aucune ne comporte l’ensemble des masses d’eau (et dont les rares que nous avons tenté de cliquer annonçait une « base indisponible »).
Il semble que la Direction de l’eau et de la biodiversité au Ministère de l’Ecologie commence seulement à prendre la mesure de l’état catastrophique de l’information sur l’environnement aquatique. Or, cette information est non seulement un devoir vis-à-vis de l’Union européenne (rapportage de chaque état-membre pour le suivi de la Directive-cadre sur l’eau), mais elle est également un devoir vis-à-vis des citoyens, qui doivent pouvoir accéder simplement et efficacement au bilan chimique et écologique de leur rivière.
Si le Système d’information sur l’eau vise la transparence sur les mesures réellement effectuées, rien de plus simple : il suffit de réunir sur un même site, avec entrée par bassins rivières, la liste des masses d’eau et d’un simple clic accéder à un bilan chiffré des analyses : substance (ou paramètre), année, mesure, écart de cette mesure par rapport à la normale. Nos concitoyens sont capables de lire une analyse de sang sur ce principe, ils peuvent parfaitement lire une analyse de qualité des milieux aquatiques. Pourvu que l’Autorité en charge de l’eau soit décidée à faire la lumière sur ce qui a été réalisé ou non. Pourvu aussi qu’elle consente réellement à assurer l’accès transparent et efficace aux données relatives à l’environnement."

"Le faux argument du manque de moyen
L’argument généralement repris ces temps-ci en défense des établissements publics travaillant pour l’Autorité en charge de l’environnement est celui du « manque de moyens ». Mais c’est une ineptie : les Agences de l’eau disposent d’un budget annuel qui approchent les 2 milliards d’euros — auquel s’ajoute le budget des établissements qui, outre l’Onema (principalement abondé par les Agences), concourent à une partie des mesures chimiques et biologiques : Irstea, Ifremer, Museum national d’histoire naturelle, etc. Les moyens existent donc depuis 12 ans que la directive-cadre a été adoptée. C’est leur usage qui est en cause.
On observera ainsi que, à rebours de la méthodologie préconisée par l’Union européenne, des sommes importantes ont été dédiées au compartiment hydromorphologie (mise en place du Référentiel des obstacles à l’écoulement, opérations-pilotes au budget souvent pharaoniques sur l’effacement de 1200 ouvrages prioritaires de la circulaire Grenelle 2010, etc.). Cela alors même que les mesures de base sur la pollution chimique et la dégradation biologique n’étaient pas réunies — de sorte que l’on se précipite en réalité à faire librement circuler des eaux et sédiments pollués dans les rivières, les fleuves, les estuaires et finalement les océans.
Les deux premiers travaux de l’OCE suggèrent fortement que l’immense majorité des obstacles à l’écoulement longitudinal ne sont pas les causes de la dégradation piscicole observée depuis le XXe siècle. Aussi la question se pose : les gouvernements successifs ont-ils réellement eu la volonté de chercher et de traiter les causes réelles de détérioration des milieux aquatiques ? Ou ont-ils choisi des mesures « visibles » pour mieux dissimuler le catastrophique retard dans la connaissance et dans l’action ?
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13/02/2013 Onema (15) : Mme Delphine Batho annonce un audit "transparent et partagé" sur les données de l’eau. Extraits du communiqué de presse du 11 fév. 2013 de M. Chanteguet, Président de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire :
"La Cour des Comptes, qui rend public ce mardi 12 février son rapport annuel, devrait pointer plusieurs dysfonctionnements de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. L’enquête, publiée par le quotidien « Le Monde » le 4 février, fait état d’un système défaillant de recueil et d’archivage des données publiques concernant l’eau.
Des informations complètes et fiables concernant cette ressource sont pourtant essentielles afin de déterminer et de mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à la préservation et à la reconquête de la qualité comme de la quantité de l’eau, mises à mal par les usages urbains, industriels et agricoles.
Les pouvoirs publics sont par ailleurs tenus, au-delà de leurs responsabilités vis-à-vis de la collectivité nationale, de respecter les directives européennes. Déjà assignée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect de la directive « Nitrates » datant du 12 décembre 1991, la France pourrait également être poursuivie et condamnée à de lourdes amendes, s’il se confirmait que les données qu’elle transmet à Bruxelles manquent de fiabilité. La France doit en effet atteindre le bon état de deux tiers de ses masses d’eau à l’horizon 2015 en application de la directive cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2000.
Afin de permettre à la France de respecter ses engagements nationaux et européens, Jean Paul Chanteguet demande à l’Etat d’ordonner, le plus rapidement possible, un audit de l’ensemble du dispositif français de production des données publiques sur l’eau. Cet audit devra être mené par des experts indépendants. ll devra concerner les indicateurs et les méthodes statistiques ; les référentiels ; l’hébergement, l’administration et la publication des bases de données. Ceci afin d’assurer la maîtrise publique de l’ensemble du dispositif et de préserver celui-ci d’une quelconque marchandisation.
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12/02/2013 Onema (14) : la cour des comptes saisit la justice. Extraits :
"Lors de la présentation de son Rapport annuel 2013, le président de la Cour des Comptes a annoncé que celle-ci saisissait la justice des très graves irrégularités constatées à l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques).

Extrait du discours de M. Didier Migaud, président de la Cour des comptes, lors de la présentation du Rapport annuel 2013 :
"L’exemple de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, créé en 2007, révèle une accumulation de missions mal assurées et des déficiences graves dans l’organisation et la gestion. Devant l’ampleur de celles-ci, la Cour des comptes, par une délibération de la septième chambre, a décidé de saisir la Cour de discipline budgétaire et financière de certains des faits constatés et a transmis le dossier au parquet général à cette fin."

Les services de police saisis d’une enquête préliminaire commencent à auditionner certains responsables de l’Onema.
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08/02/2013 Lorsque l’Europe étouffe les alertes sanitaires sur l’environnement. Extraits :
"L’Agence européenne de l’environnement (AEE) est sortie de sa langue de bois en accusant dans un rapport réquisitoire les instances européennes d’ignorer voire d’étouffer les alertes sanitaires liées à l’environnement et agisse trop tardivement pour prendre les mesures qui devraient s’imposer en vertu du principe de précaution.

Dans ce rapport de 750 pages intitulé « Signaux précoces et leçons tardives », l’Agence européenne de l’environnement, détaille « les signes avant-coureurs bien souvent étouffés ou ignorés » lors du développement de nouvelles technologies comme les téléphones mobiles ou de produits, chimiques (ou génétiquement modifiés. Ces alertes doivent être mieux prises en compte, selon le rapport de l’AEE publié il y a quelques jours et qui pointe « les failles de la régulation sanitaire européenne » et cite, entre autres, les pesticides, le perchloréthylène, le bisphénol A, Tchernobyl, le mercure, le plomb dans l’essence… Cette politique de l’autruche sur fond de lobbies tout puissants à Bruxelles et ailleurs, coûte cher, très cher, aussi bien en termes sanitaires, environnementaux que financiers, relève le rapport de cet organisme très officiel.

Selon Jacqueline Mc Glade, directrice exécutive de l’AEE, qui est basée à Copenhague, « les nouvelles technologies ont eu parfois des effets extrêmement nocifs, alors que le préjudice avait été identifié, et que les avertissements s’étaient multipliés ». Le rapport cite « des cas spécifiques pour lesquels les alarmes ont été ignorées, provoquant dans certains cas la mort, la maladie ou une dégradation de l’environnement ». « Il faut, ajoute la directrice de l’AEE, prendre en compte plus largement le principe de précaution afin de réduire les risques potentiels des technologies et produits chimiques mises sur le marché et insuffisamment testés. Agir stimulera l’innovation pour rechercher les solutions les mieux adaptées. Tout retard dans l’action coûte cher à la société.»

Le rapport indique ainsi que « les études de cas montrent que les avertissements ont été ignorés ou étouffés jusqu’à ce que les dommages pour la santé et l’environnement ne deviennent inéluctables. Dans certains cas, les entreprises ont privilégié les profits à court terme au détriment de la santé publique, dissimulant l’existence de risques potentiels. Dans d’autres cas, les scientifiques ont minimisé les risques, parfois sous la pression de groupes d’intérêts. Mais plusieurs montrent aussi les avantages d’une réaction rapide en réponse aux alertes. »

Seulement 1% du financement public pour la recherche a porté sur les dangers potentiels des nouveaux produits, dans les domaines des nanotechnologies, de la biotechnologie et des technologies de le la communication.
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08/02/2013 Les socialistes gardent l’information environnementale sous contrôle ! Extraits :
"Résumé : "Après avoir violemment accusé la droite d'avoir cassé le thermomètre pour masquer l'incurie de sa politique environnementale, les socialistes oublient de le réhabiliter dans leur récente lettre de cadrage pour la transition écologique. La question de l'information environnementale, pourtant si essentielle et si prioritaire, n'y est même pas évoquée !"

L’information est la base de la démocratie. Comme l'actualité le montre toujours plus chaque jour, les enjeux d'une information robuste, fiable et circonstanciée sur l'état de l'environnement sont immenses. Elle est le fondement de toutes les actions de protection de la nature et elle permet d'évaluer leur efficacité. Toute désinformation dans ce domaine est susceptible de retarder la mise en place de mesures de protection efficaces des populations concernées et des équilibres naturels dont la biodiversité. Or ni la gauche, ni la droite ne peuvent s'enorgueillir sur le plan de l'information environnementale. En 1991, la création de l'Ifen (Institut français de l'environnement) sous le statut d'établissement public national témoignait cependant d'une belle ambition de la gauche. Mais l'ambition ne suffit pas, les moyens n'ont pas été à la hauteur. La droite a porté le coup fatal en deux étapes : elle en a fait un service à compétence nationale rattaché au cabinet du ministre de l’écologie en 2005, puis un simple service statistique de ce même ministère en 2008, le SOeS (Service de l'Observation et des statistiques), sous la houlette de l’INSEE dont ce n'était pas le métier. Faute de moyens puis aussi d'indépendance, il ne fallait donc pas attendre des miracles de l'Ifen-SOeS.

Dans l'opposition, les socialistes avaient violemment accusé la droite d'avoir cassé le thermomètre pour masquer l'incurie de sa politique environnementale : "Le Parti socialiste a lu avec intérêt l'édition 2006 du rapport de l'Institut Français de l’ENvironnement sur l'état de l'environnement en France. La tonalité générale de ce document ne fait malheureusement que confirmer les craintes que nous avions exprimées sur les effets du changement de statut de l'IFEN qui n'est plus un établissement public indépendant mais est devenu un simple service du Ministère de l'écologie. Alors que l'IFEN délivrait tous les quatre ans un rapport objectif et utile sur l'état de l'environnement en France, la livraison de cette année, pour instructive qu'elle soit, a perdu toute objectivité et vire au panégyrique de l'action gouvernementale, pourtant très largement contestable sur la question écologique. Pour masquer l'incurie de sa politique en matière d'environnement, le gouvernement a préféré casser le thermomètre" (L'État de l'environnement en France : la droite a cassé le thermomètre). "Il s’agissait, en créant l’IFEN, de constituer un organisme véritablement indépendant chargé de fournir des données en matière d’environnement. Indépendant, cela voulait dire indépendant à l’égard du gouvernement, de l’Etat, des associations, des groupes de pression de toute sorte", "J’espère très vivement que nous pourrons un jour renouer avec la belle ambition qui était au départ celle de l’IFEN" (La mort de l’IFEN : la fin d’une belle ambition). Les socialistes n'ont d'ailleurs pas été les seuls à dénoncer cette casse du thermomètre. Beaucoup ont essayé d'alerter l'opinion publique sur le sort de cet institut et de l'indépendance de l'information publique environnementale ("manipulations des chiffres par l’administration au service d’intérêts politiques", "un bond de vingt ans en arrière", "un risque de confusion entre l’information réelle et la communication politique du ministre", "une régression sans précédent des capacités d'évaluation de l'état de l'environnement", "Nous demandons au gouvernement de revenir sur cette décision et de tout mettre en œuvre pour recréer une agence indépendante et pourvue des moyens suffisants", "Qui a peur d’une information environnementale fiable ?", "L’information sur l’environnement n’apparaît plus comme une priorité des politiques issues du développement durable", plus de détails et les références ici).

Mais une fois au gouvernement, les socialistes conservent le thermomètre de la droite !!! Au vu de la réelle importance d'avoir un bon thermomètre de l'environnement pour conduire une bonne politique dans ce domaine, on aurait pu penser que la première action environnementale des socialistes aurait été de réhabiliter l'information environnementale : en la rendant indépendante des pressions de toutes sorte y compris de l'Etat, et en lui donnant les moyens financiers et en expertise environnementale nécessaires. Or non seulement, ils n'ont rien fait en ce sens, le ministère de l'écologie est encore actuellement juge et partie puisqu'il fournit à la fois le thermomètre (les informations statistiques) et le remède (les mesures) ; mais en plus, la récente lettre de cadrage du 23 janvier 2013 pour la transition écologique du ministère de l'écologie n'y fait même pas allusion. Les socialistes semblent donc s'accommoder très bien et en toute discrétion du thermomètre cassé par la droite. Pourtant, depuis qu'ils sont au gouvernement, les socialistes ont montré qu'ils savaient changer les thermomètres, comme un certain thermomètre de la délinquance jugé peu rigoureux et peu indépendant. Il est vrai qu'avec la crise écologique que l'on connait, il est plus important de changer le thermomètre de la délinquance… Mais ne pas mettre en place des capacités d’expertise et d’information efficaces et indépendantes sur les questions d’environnement, n'est-ce pas une délinquance d'Etat ? Qu'attend donc le gouvernement ? Aurait-il aussi prévu de nous servir aussi de l'incurie de politique environnementale ?
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05/02/2013 Comment la France masque la réalité de la pollution. Extraits :
"C’est un chiffre difficile à croire. La dernière grande loi sur l’eau, en 2006, a été cosignée par pas moins de treize ministres. Treize entités, qui revendiquent toutes un droit de regard sur la gestion de l’eau en France. Car avec l’eau, on produit de l’électricité et on refroidit les centrales, on irrigue les champs, on rafraîchit les juillettistes et on abreuve les aoûtiens, on transporte des marchandises, on ravitaille les étals des poissonniers, etc. Les exemples sont innombrables. Même l’armée est intéressée. Du coup, la question du contrôle de l'eau est un enjeu industriel majeur, avant même d’être une question environnementale et sanitaire.
Les mises en cause que connaît aujourd’hui l’Onema (voir papier principal) n’étonnent pas les (rares) personnes qui tirent depuis des années la sonnette d’alarme sur la façon dont sont gérés le contrôle et l’analyse des données sur l’eau. «L’ensemble du système français de production des données publiques sur la qualité de l’eau a failli et est totalement inopérant», écrit Jean-Luc Touly, membre du Comité national de l’eau et auteur d’ouvrages sur la corruption et la gestion de l’eau, dans une lettre ouverte aux membres du Comité national de l’eau publiée sur son blog. Marc Laimé, journaliste spécialisé sur la question, évoque sur son blog une «oligarchie de l’eau aux abois»"

"Mais avant la publication du rapport de la Cour des comptes –qui sera public le 12 février prochain- il est intéressant de lire le point de vue d’Anne Spiteri. Polytechnicienne, ingénieure des Eaux et forêts, elle suit une carrière classique jusqu’à occuper, de 2003 à 2007, le poste de chargée de mission Eau et milieux aquatiques à –feu- l’Institut français de l’environnement (Ifen). Un désaccord avec sa hiérarchie portant justement sur des données sur l’eau l’amène à quitter son poste. Aujourd’hui à la retraite, elle porte un regard «technique et abasourdi» sur l’obscurantisme qui règne sur les données publiques de l’eau.
Anne Spiteri explique pourquoi au Journal de l’environnement.

Le JDLE – Que révèlent, selon vous, les critiques de la Cour des comptes à l’encontre de l’Onema?

Anne Spiteri – Le cheminement et le traitement des données sur l’eau sont problématiques. D’abord, il faut savoir que le travail de l’Onema, c’est de fournir de la donnée brute, c’est-à-dire d’établir qu’à telle date, il y a tel produit à telle concentration. Ces informations sont rassemblées au sein du système d'information sur l'eau (SIEau), qui est une pièce essentielle de l’édifice[i]. Ensuite, des données dites synthétiques sont élaborées par le service de traitement des données du ministère de l’écologie. Ce ministère est donc juge et partie puisque, à la fois, il fournit le thermomètre (avec les données synthétiques) et donne le remède (par les mesures décidées). C’est le premier point. Ensuite, il faut s’assurer que la donnée collectée est fiable. Pour ce faire, elle doit présenter certaines caractéristiques de «sérieux». Par exemple, si vous mesurez un pesticide, vous devez le faire en fonction des périodes et des fréquences d’épandage, en fonction de la toxicité de la molécule (un produit très toxique sera peu dosé, donc moins détectable, il faudra donc des limites analytiques basses pour le détecter). Une mesure fiable, c’est une mesure répétée plusieurs fois, au même endroit, sur les mêmes polluants. Et puis il s’agit de chercher la molécule de départ, mais aussi ses produits de dégradation, et ce qu’il advient quand les molécules se rencontrent… on appelle ça l’effet cocktail… Et ça n’est pas du tout fait.

Le JDLE – Justement, la directive-cadre sur l’eau de 2000, transposée en droit français en 2007, impose à la France des rapportages précis. Selon vous, les «photos» de l’état chimique de l’eau envoyées à Bruxelles sont-elles conformes à la réalité?

Anne Spiteri – Non, ces données ne le sont pas. Les rapportages communautaires prévus par la directive-cadre sur l’eau (DCE) obéissent à des règlementations complexes, mais déconnectées de la réalité des contaminations. En fait, la DCE impose le contrôle de peu de molécules, qui sont par ailleurs évaluées séparément les unes par rapport aux autres (donc sans prendre en compte l’effet cocktail). De plus, les normes à respecter ont été édictées de façon empirique, parce qu’en vérité, on n’y connaît pas grand-chose en écotoxicité des milieux aquatiques. Ces normes ont très peu de valeur, en fait. Enfin, quand l’état chimique d’une masse d’eau est donné, il n’y a pas de gradation. Du coup, personne ne sait si les concentrations sont 3, 6, 9 fois plus élevées que la norme.

Le JDLE – Sur votre blog, vous écrivez que les données synthétiques
[cor. AS] fournies par le ministère de l’écologie via son service statistique sont «absolument consternantes et décalées par rapport aux enjeux de protection de cette ressource patrimoniale et de la biodiversité. Elles constituent un camouflet sévère pour les sciences écologiques et statistiques. Aucune vue globale et des thématiques essentielles occultées. Des méthodologies d'un autre temps. Un étalage décomplexé de calculs triviaux et inadaptés, d'affirmations gratuites, d'imprécisions qui prêtent à confusion, de contradictions et même d'erreurs inacceptables.» Quel jugement !

Anne Spiteri – L’eau est indispensable dans une multitude de domaines de la vie courante. Des lobbies extrêmement puissants sont donc à l’œuvre. Le ministère de l’écologie est une façade, où les grands corps d’Etat
[cor. AS], liés aux lobbies industriels, tirent les ficelles. Or, si on évalue correctement la contamination chimique, on va déranger ces lobbies, notamment ceux de la chimie et de l’agriculture. Il faut tout de même avoir à l’esprit que les industriels ont le droit, par un simple tuyau, de rejeter leurs produits dans les cours d’eau. Ils doivent respecter des normes, certes, mais elles sont trop laxistes ! Et aujourd’hui, tous les milieux aquatiques sont archi contaminés. Bien mesurer la pollution, c’est découvrir des choses qui pourraient gêner tout le monde, et qui d’autre part pourrait amener à demander des comptes à l’Etat. Du coup, on préfère faire pression sur les agents et taire la réalité."
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05/02/2013 10ème Conférence européenne sur l’application de la directive cadre européenne sur l’eau. Extraits :
"Bien que les Etats membres de l’UE aient renforcé leurs réseaux de surveillance depuis 2007, il n’est toujours pas évident, six ans après, que ces réseaux apportent la connaissance nécessaire au pilotage des Plans de Gestion, pour la conception des Programmes de Mesures ou pour l’évaluation de leurs effets sur l’état des eaux, notamment sur le plan biologique et hydro morphologique. Il convient de s’interroger sur le rapport coût-efficacité de ces systèmes d’information et sur les moyens de les optimiser.
Ainsi, les systèmes de monitoring et d’information doivent être améliorés, adaptés aux objectifs à atteindre et faire l’objet d’analyses comparatives entre les pays-membres, mais la question de leurs coûts d’investissement et de fonctionnement se pose dans beaucoup de situations.
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03/02/2013 Ces résidus de médicaments que l'on retrouve dans l'eau du robinet. Extraits :
"Si déjà de nombreuses études avaient révélé que les stations d’épuration ne permettaient pas d’éliminer toute trace des principes actifs de médicaments, un article publié dans la revue médicale « Prescrire » vient confirmer la présence de « présence de micropolluants dans les eaux ».

« Les substances pharmaceutiques utilisées en médecine humaine ou vétérinaire sont en partie rejetées dans l'environnement après consommation », explique la revue Prescrire. « Éliminées par voie urinaire ou fécale, elles sont rejetées dans les eaux usées soit sous la forme active initiale, soit sous forme de substances dérivées, actives ou non. » Or les stations d'épuration n'éliminent pas complètement les médicaments présents dans les eaux usées. Le risque de retrouver des résidus de certaines molécules dans l’eau du robinet est donc réel.
Féminisation des poissons mâles :
Comme l’indiquent les rédacteurs de la revue Prescrire, « le risque environnemental et sanitaire lié à la présence de micropolluants dans les eaux, dont les médicaments, est encore mal connu. Des effets de cette micropollution ont été observés sur certaines espèces aquatiques, notamment une féminisation de poissons mâles. Fin 2012, aucun effet sur les humains n’est encore connu ».

« Sans attendre que des risques avérés soient démontrés, la présence de médicaments dans les eaux usées et leur persistance après traitement sont des raisons supplémentaires de s’efforcer à réduire les rejets de médicaments », soulignent les auteurs. Selon eux, il conviendrait « d’éviter la surconsommation et d’encourager le retour des médicaments non utilisés en pharmacie d’officine ».

Les Européens consomment en effet plus de 3000 composés pharmaceutiques. En France, les antibiotiques représentent à eux seuls un volume de 2500 tonnes par an en médecine humaine et de 1300 tonnes en médecine vétérinaire.

Conséquences directes sur la pollution des rivières :
Si l’eau du robinet est chargée en micropolluants, les rivières récupèrent quant à elles les eaux usagées chargées de toutes ces molécules que les stations d’épuration n’arrivent pas à nettoyer. « Outre les dérivés hormonaux et les anticancéreux, les plus préoccupants sont les antibiotiques, qui génèrent probablement des problèmes de résistance aux antibiotiques. Parmi les substances qui ne se dégradent pas, 40 % partent en rivière, 60 % sont retenues dans les boues des stations d’épuration », expliquait déjà en 2008 le toxicologue Jean-Marie Haguenoer.

Parmi ces résidus de médicaments, les molécules retrouvées lors des récentes analyses, la molécule que les chercheurs retrouvent le plus est le paracétamol, puis vient l’ibuprofène et enfin toute la gamme des anti-inflammatoires aux antidépresseurs. Les chercheurs ont même détecté lors de ces analyses des traces de résidus de pilules contraceptives.

En France, la directive cadre sur l'eau (DCE) adoptée en 2000 a fixé comme objectif d'atteindre le « bon état écologique des masses d'eau » en 2015. Dans la foulée du Grenelle de l'environnement, 600 stations d'épuration défectueuses étaient censées être mises aux normes…
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02/03/2013 La politique de l'eau dans la tempête et La police de l'eau soumise à des pressions "phénoménales". Extraits :
"Le ménage a été fait discrètement. Mais cela ne devrait pas suffire à étouffer le scandale qui frappe l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), un établissement public sous la tutelle du ministère de l'écologie, bras armé de la politique publique de l'eau en France. L'agence en gère les données statistiques, cruciales pour juger de la qualité de notre ressource hydrique."

"Les accusations portées et signées par Jean-Luc Ciulkiewicz, secrétaire général du SNE-FSU, sont lourdes : "Le SNE-FSU a été alerté par des agents de l'Onema de l'existence de graves irrégularités dans le fonctionnement de cet établissement public, constitutives d'infractions pénales. Ces agents ont remis des documents établissant de manière précise des fraudes dans la passation et l'exécution des marchés publics, notamment des fausses facturations, conflits d'intérêts, délits de favoritisme, sous-traitances non déclarées, faux et usages de faux." "En outre, écrit M. Ciulkiewicz, des agents nous ont alertés de l'urgence de la situation en raison de la disparition de pièces de procédure de marchés publics demandées par la Cour des comptes dans le cadre du contrôle qu'elle exerce au sein de l'établissement.""

"Les signataires alertent sur les pressions – "pratiques managériales brutales", "climat de terreur" – dont le personnel fait l'objet : "Il est demandé aux agents, de plus en plus fréquemment, de faire des actes ou des contrats illégaux. (...) Ils sont perdus et ne savent plus comment réagir.""

"Comment expliquer tous ces dysfonctionnements ? Au-delà des responsabilités individuelles de tel ou tel acteur, que la justice pointera peut-être, l'affaire de l'Onema traduit, pour reprendre les termes d'un haut fonctionnaire, "un bordel incroyable" au sein de l'Etat. "Ce qui frappe, réagit Delphine Batho, c'est le caractère récurrent des dérives constatées, cette situation incroyable qui a perduré.""

"La police de l’eau soumise à des pressions phénoménales"

""Des pressions ?" Cette chef de service éclate de rire. "Des pressions phénoménales oui ! Parfois, rapporte-t-elle, on nous demande de nous contenter d'une mise en garde plutôt que de verbaliser une entreprise polluante parce qu'il y a 400 emplois à la clé. Une autre fois, on nous interdit de contrôler les zones de lavage des engins agricoles des viticulteurs sous un prétexte fallacieux...""

"Dans le sud de la France, un autre chef de service estime que la loi sur l'eau n'est simplement pas appliquée dans son département, soumis à une pression touristique extrême. "L'administration ne veut pas de vagues, elle a fait le choix d'imposer le moins de contraintes possibles. Parfois, elle peut se contenter d'une simple note manuscrite de la part d'une entreprise au lieu d'exiger une demande d'autorisation réglementaire de cinquante pages. Elle "oublie", aussi, de nous transmettre certains dossiers. Nous avons ainsi découvert dans la presse un projet de centre commercial qui va conduire à bétonner les rives d'un petit cours d'eau...""

"Les agents de terrain regrettent aussi l'importance prise par le "rapportage" des données sur les milieux aquatiques. "On attend de nous qu'on passe notre temps à remplir des tableaux d'indicateurs, se plaint un délégué syndical. Jusqu'à présent, notre plus-value tenait à notre connaissance fine du terrain : des crues ici, un petit rejet que certains voudraient cacher sous le tapis là-bas... Beaucoup de collègues ont choisi ce métier par passion de la nature. Aujourd'hui, ils ne s'y retrouvent plus."
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01/02/2013 Circulaire du 31 décembre 2012 relative à l'organisation et aux missions des laboratoires d'hydrobiologie en DREAL. Extraits :
"Compte tenu des engagements européens d’appliquer la directive cadre sur l’eau (DCE), l'État a besoin de disposer d'une compétence propre dans ce domaine pour poursuivre et améliorer son action. La perte de cette capacité aurait en effet comme corollaire un risque important de dégradation de la qualité de la donnée produite, et un risque d'augmentation en conséquence du coût des programmes de mesures DCE et du risque de contentieux."

"La directive-cadre européenne sur l'eau (DCE) impose aux États membres des exigences radicalement nouvelles dans le domaine de la biologie des milieux aquatiques, sur les plans scientifiques et de la fiabilité des informations à fournir. Assise sur des objectifs de résultats, la politique de l'eau a désormais comme indicateur central l'état biologique des eaux qui nécessite une expertise spécifique, par ailleurs indispensable pour réagir aux crises, sanitaires ou biologiques, affectant les cours d'eau et les plans d'eau."

"Ce domaine de compétence, relativement récent, est cependant encore en construction puisqu'il nécessite le développement de méthodes et d'indicateurs permettant d'analyser de manière fiable et routinière à très grande échelle l'état biologique des masses d'eau sur différents compartiments (invertébrés, poissons, phytoplancton et autres flore aquatique) et de manière adaptée aux différents types de milieux comme demandé par la directive."

"De cette compétence dépend largement la capacité de la France à répondre aux exigences communautaires en matière de mise en œuvre de la DCE et à se défendre en cas de contentieux. Elle est également garante de l'allocation efficace des moyens du programme de mesures pour la détermination du juste niveau d'effort pour atteindre le bon état, et éviter ainsi le surinvestissement dans des actions inutiles, mal ciblées ou trop intenses. Ainsi, compte tenu des méthodes utilisées, une évaluation de l'état biologique réalisée de manière insuffisamment approfondie risque fort de conduire à attribuer à la masse d'eau un état plus dégradé qu'il n'est en réalité (diminution du nombre d'espèces identifiées, absence d'espèces polluo-sensibles) et d'engager des actions correctives inutiles, voire de devoir se justifier auprès de la Commission de non-atteinte des objectifs de bon état ou de non-dégradation."

"Cette compétence est également indispensable pour réagir aux crises, sanitaires ou biologiques, pouvant affecter les cours d'eau et les plans d'eau."

"Cette évolution nécessitera un effort de formation significatif, en particulier pour développer les compétences du laboratoire sur de nouveaux compartiments biologiques non couverts actuellement, pour les renouveler en cas de départ d'un agent, et pour la démarche qualité en vue de l'agrément.
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01/02/2013 En plein ciel, les bactéries fabriquent nuages et pluies. Extraits :
"Omniprésents dans l'atmosphère, les micro-organismes glaçogènes cristallisent la glace et contribuent ainsi à la formation des gouttes d'eau et des nuages. De cette façon, ils retombent sur le sol où ils se développent à nouveau, perpétuant ainsi le cycle des précipitations à leur seul profit."

"Arrachées par les vents aux océans, à la surface terrestre ou sur les plantes où elles se déposent, les bactéries sont transportées en altitude sur de longues distances. Une partie d'entre elles résiste aux rayons UV, aux basses températures et à la dessication. Les courants aériens peuvent ainsi favoriser la dispersion des pathogènes sur la planète."

"Un rôle crucial dans la formation des nuages :
Plusieurs études ont déjà montré que les bactéries jouent un rôle actif dans la chimie atmosphérique et favorisent ainsi la formation des nuages et les précipitations. L'Institut de chimie de Clermont-Ferrand (ICCF) dispose pour ce type de recherche d'un site de collecte «d'eau de nuage» hors pair avec l'observatoire du Puy de Dôme car il reçoit tantôt les masses d'air océanique venues de l'ouest, tantôt celles polluées venues de l'est. Le laboratoire va bientôt s'équiper de nouveaux appareils qui lui permettront de séquencer l'ADN des nuages, de faire faire ce qu'on appelle le métagénome. «Nous allons pouvoir explorer la fonction de toutes ces bactéries et tester leur efficacité en laboratoire», indique Anne-Marie Delort, directrice de l'ICCF. La dynamique des nuages est le point faible des modèles climatiques et la demande des scientifiques est forte.
Cindy Morris et ses compères se demandent de leur côté si depuis des millions d'années les bactéries glaçogènes présentes à la surface de plantes ne jouent pas un rôle clé dans la formation des nuages pour leur propre survie. Ce système serait le fruit de la sélection naturelle. Une fois dans l'atmosphère, en effet, les bactéries ne peuvent y rester longtemps car elles ne résistent pas aux basses températures. «Elles sont fragiles», souligne Cindy Morris. Comme elles ne peuvent pas retomber au sol par la force de gravité, seules la pluie ou la neige peuvent les faire redescendre sur les plantes où elles vivent, d'où leur activité dans la fabrication des nuages. «Le petit nombre de bactéries n'est pas un obstacle à la production de pluie. Au contraire, si elles produisent trop de cristaux de glace, les gouttes d'eau ne se rassemblent pas. C'est ce que montrent les essais de fabrication artificielle de la pluie dans le passé», souligne la chercheuse.
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30/01/2013 Des poissons plus petits et moins nombreux dans les 50 ans à venir. Extraits :
"On sait déjà que les activités humaines font rétrécir les poissons, mais cela va aussi les rendre plus vulnérables aux prédateurs et, au bout du compte, menacer une ressource alimentaire cruciale pour l'espèce humaine, mettent en garde des chercheurs."
"Les scientifiques ont déjà observé et étudié comment la pêche industrielle, en prélevant les spécimens les plus gros, et le réchauffement climatique, en abaissant la teneur en oxygène des océans, réduisaient la taille moyenne des poissons.
Mais les conséquences globales et à long terme de ce phénomène restent encore méconnues.
Une équipe de chercheurs australiens et finlandais a modélisé par informatique ce rétrécissement progressif sur les cinquante ans à venir pour tenter de comprendre quel en serait l'impact sur la population de cinq espèces de poissons du Pacifique.
Ils en sont arrivés à la conclusion que, même avec une taille réduite de seulement 4% en moyenne, le taux de mortalité lié aux prédateurs pouvait augmenter jusqu'à 50%. Cela réduirait en proportion les prises des pêcheurs, avertissent-ils dans la revue Biology Letters de l'Académie des sciences britannique.
«Même une légère diminution de la taille d'une espèce de poisson peut avoir des effets importants sur leur mortalité naturelle», insistent les chercheurs.
Leurs calculs portent sur cinq espèces couramment pêchées par les chalutiers australiens, parmi lesquelles le hoki, aussi connu sous le nom de merlu à longue queue, l'abadèche rose ou une variété de poisson-crocodile.
Selon leurs modèles, la masse totale de chaque espèce perdrait entre 5% et 35%, à l'exception du hoki. Si la taille moyenne de ce poisson se réduit bien elle aussi, le nombre de hokis augmenterait de 10% tandis qu'ils se rapprocheraient des zones côtières pour mieux échapper à leurs prédateurs.
Pour les chercheurs, il ne fait aucun doute que l'Homme est en train de changer les écosystèmes marins sur toute la planète, directement via la pêche et indirectement à cause du réchauffement climatique.
«Les pratiques qui ignorent les changements actuels risquent de surestimer les ressources à long terme et d'aboutir à leur surexploitation», insistent les auteurs de l'étude.
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28/01/2013 Impact sanitaire des pesticides : des ministres s'engagent. Extraits :
"Au moment de la demande d'autorisation de mise sur le marché, la méthodologie révèle son insuffisance puisqu'elle se fonde sur la notion de dose journalière admissible, dite DJA, qui ne couvre pas les doses infimes responsables de perturbations endocriniennes ainsi que l'effet cocktail."

"Les études qui sont consacrées aux effets sanitaires des pesticides "ne portent pas sur la durée de vie des animaux de laboratoire, moins encore sur la succession des générations", souligne Nicole Bonnefoy (Soc. – Charente), rapporteur de la mission. De plus, ajoute-t-elle, "au moment de la demande d'autorisation de mise sur le marché, la méthodologie révèle son insuffisance puisqu'elle se fonde sur la notion de dose journalière admissible, dite DJA, qui ne couvre pas les doses infimes responsables de perturbations endocriniennes ainsi que l'effet cocktail".
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28/01/2013 Pesticides : vers le risque zéro. Extraits :
"UN POINT NÉVRALGIQUE : L’ÉVALUATION DU RISQUE"
"L’exigence d’évaluations dépassant les capacités techniques des outils disponibles
Pour mesurer l'impact des pesticides sur la santé humaine la première connaissance nécessaire est celle des dangers des substances composant un produit. Cette évaluation s'opère généralement substance par substance, c'est-à-dire molécule par molécule, mais doit être complétée pour apprécier le danger du produit, c'est-à-dire celui de l'ensemble chimique constituant le produit, par l'évaluation du mélange de substances, des coformulants, des adjuvants et des solvants. Il convient ensuite d’évaluer le risque encouru par les personnes du fait de ce produit dangereux dans ses conditions réelles d'utilisation pour en apprécier vraiment l'impact sur la santé, c'est-à-dire, par exemple, l'emploi du produit en plein air ou en milieu confiné (par exemple, dans des serres), selon des conditions météorologiques données (vent, chaleur, hygrométrie, brouillard…), avec ou sans bruit, avec ou sans équipements de protection collective ou individuelle adaptés, en état de transpiration de l'utilisateur ou non etc., au cours de séquences plus ou moins longues et sur la durée d’une vie, professionnelle et extra-professionnelle. En outre, il faut garder à l'esprit que, au cours d'une même journée et, plus encore, au cours d’une vie, l’exposition d’un individu à un produit pesticide dans ses conditions réelles d'utilisation n'exclue en rien des expositions connexes, simultanées ou non, à d'autres produits pesticides et à toutes sortes de polluants, c'est-à-dire à des mélanges de fait de produits nullement conçus pour une telle utilisation. En fin de compte, il s'agit d'apprécier un risque sanitaire cumulatif à long terme lié à des expositions environnementales multiples. Cette évaluation peut être effectuée à partir de l'addition de plusieurs risques, dite évaluation du risque agrégé, ou de l'évaluation de l'exposition combinée, dite évaluation des risques cumulatifs ou intégrés. Une fois énoncée cette nécessité de retenir ces exigences élevées d’évaluation, il apparaît aussitôt que l'évaluation des expositions combinées est entravée par l'absence de méthodes d’investigation adaptées et de connaissances scientifiques suffisantes pour les apprécier. Cependant, cette évaluation demeure indispensable. Elle a été tentée seulement dans une période récente et souvent pour constater que les outils appropriés n’existent pas encore pour une telle évaluation."

"LE NÉCESSAIRE RENFORCEMENT DU SUIVI DES AUTORISATIONS DE MISE SUR LE MARCHÉ DES PESTICIDES"
"Connaître les effets des produits pesticides autorisés en situation réelle : une exigence absolue
L’évaluation des produits a priori ne suffit pas. L’évaluation des risques liés aux produits pesticides est toujours effectuée ex-ante, c'est-à-dire avant la décision d’autorisation de mise sur le marché, sur la base de tests et d’expérimentations censés donner une vision très précise des effets futurs des produits sur la santé comme sur l’environnement, dans la mesure où une méthodologie stricte est observée. Mais, quelle que soit la qualité de cette évaluation des risques exante, elle ne suffit pas. Un dispositif de surveillance des effets des produits, une fois ceux-ci largement diffusés sur le marché, en situation réelle, est indispensable pour au moins deux raisons. D’abord, les connaissances scientifiques évoluent : un risque nouveau, inconnu ou sous-évalué lors de l’octroi de l’autorisation initiale, peut conduire à retirer celle-ci. Ensuite, les effets à long terme des produits pesticides sont mal connus. Certains effets apparaissent longtemps après le début de l’utilisation des produits, notamment en raison de leur accumulation dans les graisses : ce sont les effets retardés, pas toujours identifiables à l’avance car les résultats issus des études in vivo ne sont pas toujours transposables à l’homme, et ces études sont effectuées sur des animaux de laboratoire qui ont généralement une courte durée de vie. Enfin, selon certains scientifiques, les modèles toxicologiques in vitro ne peuvent intégrer la complexité des mécanismes de régulation des organismes pluricellulaires."

"Mettre en place un système d’information de grande qualité permettant d’exploiter à des fins d’information et d’alerte les données des réseaux de surveillance spécifiques mis en place par d’autres ministères ou opérateurs publics ; cette obligation d’information et d’alerte s’étendant à tout agent public en charge de la santé, de l’alimentation et de l’environnement."

"Mettre en place une veille scientifique, technique et médiatique spécialisée concernant les produits phytopharmaceutiques, leurs usages et leurs impacts.
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28/01/2013 L'évaluation des pesticides est à revoir. Extraits :
"Les vers de terre utilisés pour tester leur toxicité ne vivent pas dans les sols cultivés".
"Évaluer les risques liés aux pesticides, notamment sur la biodiversité, c'est bien. Le faire avec les espèces concernées, c'est mieux. Dans une étude publiée par la revue Chemosphere, Céline Pelosi, chercheuse au laboratoire d'écotoxicologie du sol de l'Inra, montre que l'espèce de vers de terre Eisenia fetida, qui sert de cobaye pour les tests d'homologation des pesticides, est plus résistante aux pesticides que deux autres espèces qui se trouvent pourtant communément dans les sols cultivés: Aporrectodea caliginsa et Lumbricus terrestris. L'espèce actuellement utilisée pour les tests d'homologation n'est en fait pas présente dans ces sols. «On les trouve plutôt dans des matières organiques telles que le fumier ou le compost», poursuit la chercheuse.
Dans les procédures d'agrément de mise sur le marché d'une molécule active, il faut notamment analyser sa toxicité sur une dizaine d'organismes vivants: mammifères, oiseaux, poissons, invertébrés aquatiques, algues, abeilles, plantes… Mais aussi des vers de terre. «Pour ces derniers, les normes utilisées ont été mises en place dans les années 1980», rappelle Céline Pelosi. À l'époque, il est vraisemblable que les vers de terre ont été choisis parce qu'il était aisé de les élever en laboratoire et qu'ils ont un temps de reproduction très court.
Pour effectuer leur travail, les chercheurs de l'Inra ont épluché 1800 publications scientifiques et en ont retenu 15: «Celles que l'on pouvait scientifiquement comparer en raison de leur similitude quant à la façon de travailler (durée de l'étude, sol utilisé, type de boîte…)». C'est ainsi, grâce à ces méta-analyses, qu'ils ont pu mettre en évidence le fait que deux espèces de vers de terre présentes dans les sols étaient en fait beaucoup plus sensibles que celle servant pour les tests de laboratoire. «On s'est ainsi rendu compte que Aporrectodea caliginosa était 3,5 fois plus sensible aux pesticides que ­Eisenia fetida, et que Lumbricus terrestris l'était 2,5 fois plus», raconte encore Céline Pelosi. Autrement dit, il faut une dose beaucoup plus faible de pesticide pour éliminer autant d'individus de ces deux espèces.
Études en plein champ: «À la lumière de ces résultats, il faudrait peut-être reconsidérer le choix d'E. fetida pour la réalisation des tests d'homologation», suggère l'Inra. «On sait que E. fetida n'est pas le plus sensible, reconnaît Véronique Poulsen, en charge de l'unité d'évaluation écotoxicologique à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et environnementale (Anses), qui délivre des avis au ministère de l'Agriculture les autorisations pour la France. Mais on apporte des correctifs pour prendre en compte le fait que ce n'est pas l'espèce la plus sensible, en l'occurrence un facteur de 10 pour les vers de terre.» Les critères qui permettent de retenir une espèce plutôt qu'une autre sont également liés au fait que les résultats obtenus par plusieurs laboratoires dans différents pays doivent aboutir à des résultats identiques: «On pourrait travailler sur des espèces prélevées sur le terrain, ajoute la scientifique, mais on serait alors confronté aux différences inhérentes entre les régions mais aussi à des différences génétiques.»
En cas de problème, toutefois, les études de laboratoire peuvent être complétées par d'autres sur d'autres espèces et par des études conduites en plein champ. Il n'empêche, rappelle Céline Pelosi, «il serait plus pertinent d'utiliser A. caliginosa, dont l'élevage est par ailleurs relativement facile», sans oublier que ce travail mené par l'Inra pourrait être appliqué aux autres organismes testés pour l'homologation des pesticides. On ne serait pas forcément à l'abri de surprises !
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28/01/2013 Amphibiens : la mort par les pesticides. Extraits :
"Selon une étude germano-suisse, l'impact des pesticides sur les grenouilles et autres amphibiens est alarmant et sous-estimé".
"Jusqu'à présent, les tests de toxicité préalables à une commercialisation des pesticides ne prenaient pas en compte les amphibiens. Heureusement pour les fabricants...
Les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, etc.) subissent depuis bon nombre d'années un rapide déclin à l'échelle du monde entier. Les scientifiques débattent encore des facteurs de ce déclin et de leurs poids respectifs : maladies, changement climatique, pollution, disparition des habitats, etc. Des chercheurs allemands et suisses viennent d'apporter un élément important à ce débat. Ils ont montré sur de jeunes grenouilles rousses (Rana temporaria, une espèce européenne commune) que l'exposition à des pesticides conduit à une forte mortalité des batraciens, allant de 40 pour cent après sept jours à 100 pour cent après une heure, selon le produit testé.
Carsten Brühl et Annika Alscher, de l'Université de Coblence-Landau, en Allemagne, avec Thomas Schmidt, des Laboratoires Harlan en Suisse, et Silvia Pepper, de l'Agence fédérale suisse de l'environnement, ont étudié en laboratoire l'effet de sept produits pesticides (quatre fongicides, deux herbicides et un insecticide) sur des grenouilles rousses juvéniles (150 individus au total). Ils ont appliqué au sol humide de la cage de chaque grenouille une dose (quantité par unité de surface) de pesticide correspondant à 0,1, 1 ou 10 fois la dose maximale recommandée en contexte agricole.
Pour les fongicides Headline et Captan Omya administrés à la dose recommandée, la mortalité résultante des grenouilles était de 100 pour cent. Des niveaux importants de mortalité, allant de 40 à 60 pour cent, ont été obtenus avec les autres produits commerciaux testés à la même dose. C. Brühl et ses collègues ont aussi montré que les additifs contenus dans le produit peuvent changer la donne : le Headline, à base de pyraclostrobine et qui contient 67 pour cent de naphta (un solvant), est bien plus toxique qu'une formulation de pyraclostrobine où la proportion de naphta est inférieure à 25 pour cent. À cette formulation est en effet associée une mortalité de 20 pour cent seulement, tant pour la dose nominale que pour la dose dix fois supérieure.
La mise en évidence de mortalités aussi importantes dans un groupe d'animaux vertébrés, dues à des pesticides disponibles dans le commerce, étonne : on aurait pu penser que l'amélioration des tests de toxicité et des procédures d'autorisation de mise sur le marché avait fini par écarter le risque de commercialiser des produits ayant de tels effets délétères. Mais contrairement aux oiseaux et aux mammifères, les amphibiens ne font pas partie des tests imposés pour l'homologation d'un produit pesticide. Or les amphibiens ont une peau très perméable, qui les rend beaucoup plus vulnérables aux polluants.
Si l'impact de la pollution des milieux aquatiques sur les stades larvaires de ces animaux a déjà fait l'objet d'évaluations scientifiques, l'étude de C. Brühl et ses collègues est l'une des premières concernant l'impact de la pollution terrestre sur des amphibiens juvéniles ou adultes. Or de nombreuses espèces d'amphibiens passent une partie de leur vie terrestre dans des milieux agricoles, où l'usage des pesticides est répandu. Cette étude commence donc à combler une grosse lacune dans les connaissances, reconnue dans un rapport récent de l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, et pourrait orienter les efforts de préservation de ce groupe animal menacé. Plus largement, les amphibiens étant souvent considérés comme des espèces sentinelles pour la santé humaine et l'environnement, les travaux de l'équipe germano-suisse pourraient concerner d'autres groupes d'espèces, voire des écosystèmes entiers.
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28/01/2013 Gaz de schiste, CO2 : silence dans les rangs au BRGM. Extraits :
"Une grande tension s'est installée entre la presse scientifique française et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), suspecté de censurer ses chercheurs."
"Pierre Vassal, directeur de la communication du BRGM, assure que "les chercheurs du BRGM sont libres de s'exprimer, dans le respect des partenariats qui existent avec d'autres structures". Sur nombre de sujets, l'organisme travaille en effet avec des entreprises. Des courriels internes datés du 14 janvier cités par le président de l'AJSPI sur son blog, et que Le Monde a pu consulter, montrent pourtant que la présidence du BRGM assume pleinement sa politique de communication – ou de non-communication. "N'importe quel journaliste ne peut pas joindre n'importe quel chercheur comme cela", précise dans un message interne le président de l'organisme, qui ajoute : "Organisme public ne veut pas dire que l'on est obligé de communiquer au public." Pourtant, selon l'entourage de la ministre Geneviève Fioraso, "le BRGM est soumis aux mêmes règles de communication que les autres organismes publics de recherche".
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24/01/2013 Bisphénol A, pesticides... l'Europe admet les failles de sa sécurité sanitaire. Extraits :
"C'est un rapport saisissant que publie, mercredi 23 janvier, l'Agence européenne de l'environnement (AEE). Intitulé Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation, il pointe tout au long de ses quelque 700 pages, les failles béantes du système de régulation sanitaire et environnementale en vigueur, en Europe comme ailleurs.
De l'essence plombée au bisphénol A, en passant par les insecticides systémiques (Gaucho, Cruiser, etc.) ou encore le DDT, l'agence europée ..."

"Des pressions et un retard de près de dix-huit mois :
Le second volet du rapport Signaux précoces et leçons tardives, finalement publié mercredi 23 janvier, est régulièrement annoncé depuis près de dix-huit mois. "Cela fait presque deux ans que le rapport est achevé", souligne la députée européenne Corinne Lepage. Selon nos informations, l'Agence européenne de l'environnement a subi d'importantes pressions sur le contenu du texte, qui met en lumière les mesures dilatoires d'entreprises à tenir compte des alertes sanitaires. Fait inhabituel dans un rapport de l'Union, le chapitre consacré aux dangers des insecticides systémiques (Gaucho, Cruiser, etc.) inclut une longue protestation de Bayer, ainsi qu'une riposte des auteurs."

"Dix leçons du passé :
1. Le plomb dans l'essence.
2. Le perchloroéthylène dans les canalisations du réseau d'eau.
3. Le méthyl-mercure déversé dans la baie de Minamata (Japon) dans les années 1950.
4. L'exposition des travailleurs du nucléaire militaire américain au béryllium.
5. La manipulation de la science par l'industrie du tabac.
6. L'exposition professionnelle au chlorure de vinyle.
7. Les effets du DBCP sur la fertilité humaine.
8. Le scandale du bisphénol A
9. La saga du DDT.
10. L'éthinylestradiol (contraceptif oral) dans les eaux usées.
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18/01/2013 Plus de 400 communes en eaux troubles. Extraits :
"L’enquête de 60 millions de consommateurs et de France Libertés, lancée en juillet dernier, a conduit les associations à mettre le doigt sur l’étendue des dérogations accordées en France par rapport aux seuils physico-chimiques normalement autorisés. Et la réalité pourrait encore dépasser ces premiers résultats…"

"La transparence sur la qualité de l’eau potable apparaît comme une quête sans fin. Les associations France Libertés et 60 millions de consommateurs viennent d’y apporter leur contribution, en publiant, ce 17 janvier, une carte des dérogations dont bénéficient plus de 400 communes. Soit autant de permis de polluer puisque ces collectivités dépassent en effet les seuils limites en nitrates, arsenic, atrazine, glyphosate et autres polluants. Et livrent une eau non conforme aux consommateurs."

"Le résultat est impressionnant : plus d’un millier de dérogations, réparties sur 419 communes, étaient recensées à l’automne 2012. Elles sont accordées par les préfets pour trois ans, et peuvent être renouvelées deux fois, précise le communiqué de France Libertés. Comme souvent, la réalité pourrait dépasser ces chiffres. La Bretagne ou l’Oise n’ont ainsi aucune dérogation recensée. C’est d’ailleurs le cas d’une cinquantaine de départements en tout."

"Il faut dire que la procédure de dérogation s’avère assez souple. Dès qu’un dépassement des seuils physico-chimiques est constaté localement, le responsable de la distribution d’eau prévient aussitôt les responsables de l’Agence régionale de santé (ARS) ainsi que les maires des communes concernées. C’est aussi lui qui formule la demande de dérogation auprès du préfet. Trois conditions, fixées par un arrêté du 25 novembre 2003 (2), précise seulement que la santé des personnes ne doit pas être en danger, qu’il n’existe pas d’autres alternatives pour distribuer l’eau et qu’un plan d’action doit être mis en place pour rétablir la situation «à moyen terme»."

"C’est le 3 juillet dernier que France Libertés et 60 millions de consommateurs ont décidé de lancer une opération transparence sur la qualité de l’eau potable (voir JDLE), Les associations déploraient alors l’opacité intense entourant les données françaises sur la qualité de l’eau."

"Un exemple parmi d’autres: une commune a diffusé pendant 35 jours une eau affichant des taux de bentazone (la molécule d’un pesticide) trois fois plus élevé que la dose journalière acceptable, en raison d’une dérogation. Le consommateur, lui, n’a pas été prévenu. Il pensait au contraire boire une eau conforme à la réglementation.
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17/01/2013 La faillite de l'évaluation des pesticides sur les abeilles. Extraits :
"Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché..."

"De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis..."

"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science."

"Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées."

"Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit."

"En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille..."

"Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes."

"Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. "Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque présenté revenait à définir un produit comme 'à bas risque' dès lors que l'abeille n'est pas exposée à la "dose létale 50" chronique [qui tue 50 % d'une population exposée sur une longue période]. Donc le produit est 'à bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'était simplement incroyable. C'était à tomber mort !""

"Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l'expert représentant ce pays, issu du ministère de l'agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur..."

"Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une écotoxicologue de la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'agriculture) – qui représente la France à l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employée par l'agrochimiste Dow Agrosciences.
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13/01/2013 Mercury, time to act. Extraits :
"Air emissions of mercury are highly mobile globally, while aquatic releases of mercury are more localised. Mercury in water becomes more biologically dangerous and eventually some mercury evaporates into the atmosphere. Once deposited in soils and sediments, the mercury changes its chemical form, largely through metabolism by bacteria or other microbes, and becomes methylmercury, the most dangerous form for human health and the environment. Methylmercury normally accounts for at least 90 per cent of the mercury in fish."
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11/01/2013 Le plastique menace les océans. Extraits :
"les océans en reçoivent pas moins de 20 000 tonnes quotidiennement, soit 6 millions de tonnes chaque année. Or ces matières plastiques, inventées et fabriquées par Homo sapiens – fâcheuse exclusivité -, perturbent gravement le processus de la digestion océanique, et pour cause : elles sont imputrescibles, et échappent complètement à la biodégradabilité. Entières ou en fragments, jetées directement ou échappées des stations d’épuration, originaires du voisinage ou venues de l’autre bout du monde ? Nul ne peut savoir : les coupables ne sont pas responsables, et vice versa.

Aujourd’hui, il s’agit surtout d’objets en plastique, imputrescibles mais pas anodins pour autant : « L’usure, les chocs, les rayons ultraviolets finissent par fissurer et déstructurer ces substances », explique un chercheur. Sous forme de billes, ou de fragments minuscules, les macromolécules de synthèse se trouvent ainsi libérées pour une diffusion plus large, invisible, insidieuse : « Sur les côtes antarctiques, baignées par la mer la plus propre du monde, 80 % des oiseaux ont des fragments de plastique dans l’estomac. »

Les « microplastiques » ont tous les défauts : ils contiennent du DDT, du BPA (bisphénol A, aux effets hormonaux) et des PCB (polychlorobiphényles). Notons que ces derniers sont partout interdits depuis les années 1980, et restent pourtant omniprésents : la nature a la mémoire longue, et les polluants sont des bombes à retardement. En outre, ces petites billes ou fragments de plastique constituent des leurres pour de nombreux animaux marins, qui les confondent avec du plancton et s’empoisonnent en les ingérant – poison transmis aux oiseaux qui, à leur tour, les mangent. Lesquels cessent de se reproduire, leurs femelles ne pondant plus que des oeufs stériles. Enfin, pour des raisons non élucidées, les microbilles de plastique attirent « comme des aimants » les molécules toxiques rencontrées, qui s’y agglutinent. Elles entraînent aussi avec elles des spores, des oeufs de poisson, des coquillages minuscules, qui en profitent pour voyager vers des latitudes lointaines – où la reproduction et l’épanouissement de pareilles espèces exotiques ne sont pas forcément les bienvenues… L’océanographe et écologiste Marcus Eriksen, qui cherche à localiser toutes les plaques de concentration, nous invite à « prendre conscience de l’étendue des dégâts ». Quant à trouver des solutions au problème…
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09/01/2013 Les fourmis sont contaminées par les phtalates. Extraits :
"La surprise a été totale à l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte de Tours (Indre-et-Loire). En effet, là-bas, les scientifiques étudient l'écologie des fourmis mais pas leur exposition à la pollution. «Nous avons été sidérés de découvrir un peu par hasard que ces insectes sont tous contaminés par les phtalates», reconnaît Alain Lenoir, professeur émérite. Ces molécules produites par l'industrie entrent dans la composition des plastiques pour les rendre flexibles et leur donner une forme. Or, elles sont présentes dans les fourmis du monde entier. «Dans les forêts tropicales, dans le désert marocain, en montagne ou dans les endroits les plus éloignés de toute activité humaine», ajoute le chercheur."

"Un milligramme de phtalates par kilo de fourmi vivante"

"Quel est leur impact sur les petits insectes? Personne ne s'est encore posé la question. Alain Lenoir va prendre contact avec le laboratoire de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) basé à Nancy, qui étudie l'impact des phtalates sur les salariés des industries qui les manipulent. «Les fourmis sont très résistantes. Elles parviennent à se détoxifier de substances aussi nocives que les métaux lourds, voire l'arsenic», souligne le chercheur qui admet que, s'il avait plus de moyens, il chercherait la présence d'autres polluants. «Je ne suis pas étonnée que les fourmis soient contaminées par les phtalates. En Europe, en Amérique et en Asie, il y en a partout, dans l'air intérieur des habitations aussi bien que dans l'eau des rivières», affirme Anne-Marie Saillenfait, de l'INRS. Leur omniprésence s'explique par le fait qu'ils sont libérés sous forme de particules dans l'atmosphère. Contrairement à ce que leur apparence extérieure plutôt lisse laisse supposer, les plastiques se dégradent soit par simple contact, soit sous l'effet de la lumière ou de la chaleur.
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08/01/2013 La direction de l’eau du ministère de l’écologie se moque des parlementaires. Extraits :
"Un respectable sénateur socialiste (PS) du Finistère, M. François Marc, interroge en juillet dernier la ministre de l’Ecologie sur les critiques dont fait l’objet l’actuel dispositif français d’analyse de la qualité des eaux brutes avant usage. Une question éminemment pertinente. Comme il est d’usage en la matière, c’est à l’évidence un apparatchik de la Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB), direction qui a appliqué sans barguigner les politiques mortifères décidées par la droite depuis dix ans, qui répond au parlementaire, ou plutôt l’inonde d’une novlangue que l’on croirait tout droit issue d’un kolkhoze, encore dirigé par Kroutchev avant la mort de Staline. L’honorable parlementaire n’aura donc pas l’ombre d’une réponse à la question qu’il posait tout à fait légitimement. Pareil traitement infligé à la représentation nationale est tout simplement scandaleux."

La question écrite n° 00214 de M. François Marc (Finistère - SOC) publiée dans le JO Sénat du 05/07/2012 - page 1453, était la suivante : "M. François Marc attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur l'information transmise au grand public en matière de qualité de l'eau. Il tient à lui faire part des critiques dont font l'objet les protocoles en vigueur, leur exactitude étant parfois remise en cause. Depuis une dizaine d'années, la réglementation et les protocoles de mesure de la qualité de l'eau ont été modifiés. En l'état, les paramètres actuels d'évaluation conduiraient, semble-t-il, à sous-évaluer la réalité de la pollution des rivières et des nappes phréatiques françaises. Dans un souci de transparence, il souhaiterait donc qu'il lui soit précisé dans quelle mesure le dispositif français d'analyse de la qualité des eaux souterraines et de surface souffre véritablement des défaillances dont certains ont pu l'accuser et quelle mesure le Gouvernement entend prendre à ce sujet."

La "réponse" du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, publiée dans le JO Sénat du 03/01/2013 - page 22, était la suivante : "Les modalités d'évaluation de l'état des eaux souterraines et de surface ont évolué ces dernières années pour répondre aux exigences de la législation européenne, notamment celles fixées par la directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau, également appelée « directive-cadre sur l'eau », par la directive 2006/118/CE du 12 décembre 2006 sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration, et par la directive 2008/105/CE du 16 décembre 2008 établissant des normes de qualité environnementale dans le domaine de l'eau. Elles s'appuient sur un réseau de surveillance défini par l'arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l'état des eaux en application de l'article R. 212-22 du code de l'environnement qui définit, notamment, les paramètres à surveiller et les fréquences de surveillance ainsi que le protocole de mesures. L'état des eaux est ensuite évalué à partir des données de la surveillance selon les modalités définies par l'arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d'évaluation de l'état écologique, de l'état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l'environnement. L'état écologique est évalué au travers de paramètres biologiques qui font l'objet d'un inter-étalonnage à l'échelle européenne afin de s'assurer d'une mise en œuvre cohérente de la directive cadre sur l'eau par les États membres de l'Union européenne. Il est également évalué en prenant en compte les paramètres physico-chimiques classiques (demande en oxygène, présence de nutriments azotés ou phosphorés) suivis depuis plusieurs dizaines d'années en France, ainsi qu'une liste de substances spécifiques fixée par bassin hydrographique, auxquels sont associées des valeurs seuils de concentration. L'état chimique est évalué à travers le respect de normes de qualité environnementale pour une liste de substances, dites prioritaires, fixée par la directive 2008/105/CE. L'état chimique des eaux souterraines est évalué à travers le respect des normes de qualité définies pour les nitrates et les pesticides conformément à la directive 2006/118/CE, ainsi qu'une liste complémentaire de paramètres qui peuvent pour certains être définis à l'échelle d'un bassin ou d'une masse d'eau. L'état quantitatif des eaux souterraines est évalué, notamment, à partir des relevés piézométriques."
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29/11/2012 Comment éviter la privatisation des données publiques sur l’eau? et Lettre ouverte à Delphine Batho. Extraits :
"Il semble malheureusement avéré, au vu de l’instruction en cours par la Cour des comptes des très graves dévoiements qui ont affecté le fonctionnement de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) depuis sa création en 2007 que sa tutelle, le ministère de l’Ecologie, comme l’ensemble des ministères concernés (Agriculture, Finances, Intérieur…), n’ont plus la maîtrise de l’ensemble du système français de production de données publiques sur l’eau, qui a fait l’objet en l’espace de quelques années de mutations de grande ampleur, effectuées dans la plus grande opacité. Le gouvernement doit impérativement reprendre le contrôle du système, sauf à encourir le risque, après la marchandisation du vivant, d’une marchandisation des données publiques sur l’eau, qui interdirait tout espoir de déploiement de politiques de gestion soutenable des ressources en eau". La suite ici.

"L’ampleur et les conséquences prévisibles du scandale de l’ONEMA nous conduisent à interpeller Mme la ministre de l’Ecologie" … "Les dysfonctionnements mis à jour sont tels, les dévoiements si graves, que cette crise sans précédent ne peut se résoudre selon le schéma traditionnel d’un changement de direction et d’un superficiel audit sommaire, et ne sera pas résolue sur le fond en s’en remettant aux seules puissances tutélaires de l’eau, sous la forme des grands corps et des lobbies qui l’incarnent". La suite ici.
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27/10/2012 La faune méconnue des réseaux d'eau potable. Extraits :
-"Crustacés, vers, puces d'eau peuplent les systèmes de distribution : «Oui, bien sûr, il y a des petits animaux dans les réseaux d'eau potable. Je suis sûr qu'en France, comme partout dans le monde, il y en a beaucoup. On ne les voit pas dans les verres parce qu'ils sont microscopiques et transparents, mais il y en a parfois», explique au Figaro Hein van Lieverloo, de l'Institut de recherche sur le cycle de l'eau basé à Nieuwegein, aux Pays-Bas. «Ils ne sont pas dangereux pour la santé», ajoute-t-il aussitôt. Il vient de publier une étude où il essaie d'expliquer pourquoi ces petits invertébrés sont plus ou moins abondants dans les systèmes de distribution d'eau (Water Research, 15 octobre 2012). En effet, contrairement à une idée reçue, le chlore injecté dans les circuits n'élimine pas tous les organismes vivants. Des crustacés, des vers, des puces d'eau dont la taille peut dépasser le centimètre, se développent dans les tuyaux. Il s'agit des mêmes espèces que l'on retrouve dans les rivières et, dans une moindre mesure, dans les grottes ou les nappes phréatiques. Les plus grands sont filtrés au niveau des compteurs, les plus petits passent parfois à travers les robinets. Il est très difficile de les repérer à l'œil nu car ils sont minuscules et transparents. Et peu nombreux: quelques organismes par mètre cube. «Pour tomber dessus, c'est la roulette russe», assure Benoît Barbeau, de l'école polytechnique de Montréal, un autre centre à l'avant-garde de la recherche sur l'eau. Chaque année, en Europe, un petit nombre de personnes ont la mauvaise surprise de découvrir des vers ou des crustacés se tortiller dans leur verre. Cela reste exceptionnel."
-"Aucun contrôle sur les invertébrés : Hein van Lieverloo s'est lancé au début des années 1990, dans l'inventaire des petits invertébrés présents dans l'eau potable distribuée aux Pays-Bas. Là-bas, l'eau est très peu chlorée afin de pouvoir détecter plus facilement les éventuelles contaminations, et sa qualité est reconnue par les experts du monde entier. Il devrait bientôt publier un atlas des espèces colonisant les systèmes d'eau potable. «Hein van Lieverloo est une sommité sur le sujet, qui avait été peu étudié avant qu'il ne s'y intéresse», souligne Benoît Barbeau. Le chercheur hollandais a croisé pour la première fois toutes ces petites bestioles en 1989. Un aquariophile voyant mourir ses poissons les uns après les autres avait filtré l'eau de son robinet pour voir si elle était contaminée. Quand il a découvert qu'elle était peuplée d'invertébrés, il a demandé des explications à la compagnie des eaux locales. «Personne n'a su quoi lui répondre», se souvient Hein van Lieverloo. La réglementation n'imposant aucun contrôle sur les invertébrés dans l'eau du robinet, les gestionnaires de l'eau ne savaient pas quoi dire. Du coup, ils ont décidé de faire des recherches. La présence des invertébrés dans l'eau potable est un sujet tabou. «Les compagnies craignent d'affoler le grand public si on en parle», reconnaît M. van Lieverloo. Prudent, il tient d'ailleurs à ce que ses recherches ne ternissent pas l'image de la qualité de l'eau du robinet. Pour lui, les réseaux d'eau potable sont un milieu écologique en soi et l'eau du robinet est vivante. «Le fait qu'il y ait des animaux dans les tuyaux n'est pas un problème, à condition toutefois qu'il n'y en ait pas trop», assure M. van Lieverloo. «Ils posent surtout un problème esthétique», ajoute pour sa part Benoît Barbeau. Ils peuvent devenir dangereux seulement quand ils sont colonisés par des bactéries pathogènes, ce qui est le cas, par exemple, pour le choléra."
-"Naturellement très résistants au chlore : La plupart de ces petits invertébrés ont un rôle bénéfique. En effet, ils broutent les bactéries qui tapissent l'intérieur des tuyaux. «Leur capacité de nettoyage est utilisée dans la filtration lente. Ce procédé consiste à filtrer à faible vitesse l'eau sur du sable. Il vise à favoriser le développement de biofilms bactériens qui permettent de retenir les impuretés de l'eau. Les invertébrés colonisent ce biofilm et participent ainsi au processus d'épuration», explique Benoît Barbeau. Certains de ces invertébrés s'échappent et se retrouvent ensuite dans les tuyaux. «Naturellement déjà très résistants au chlore, ils sont protégés, car ils vont se loger dans les films bactériens où il n'y a pas de chlore», ajoute le chercheur québécois. Quand les films se déchirent et se fragmentent, les invertébrés peuvent alors se retrouver dans l'eau du robinet. L'abondance des invertébrés dans les systèmes d'eau potable semble liée à plusieurs facteurs. Ils sont plus nombreux dans les eaux captées en surface que dans les nappes phréatiques. Il y en a plus dans les eaux riches en matière organique, principale nourriture des bactéries et dans les tuyaux où les dépôts sédimentaires sont plus épais. «Il y a aussi de grandes variations en fonction de la vitesse de circulation de l'eau ce qui rend très difficile de savoir à quel moment nous devons faire des échantillonnages», indique Hein van Lieverloo."
-"Dans les eaux minérales aussi : Présents dans les eaux du robinet, les invertébrés le sont aussi dans les eaux minérales. Hein van Lieverloo, de l'Institut de recherche sur le cycle de l'eau de Nieuwegein en a trouvé dans une bouteille commercialisée aux Pays-Bas. «Les concentrations devraient être plus faibles, souligne Benoît Barbeau, de l'École polytechnique de Montréal, car les invertébrés sont moins nombreux dans les eaux souterraines que de surface». La question a peu d'importance car ils sont inoffensifs pour la santé humaine. Leur présence dans l'eau du robinet peut toutefois poser des problèmes religieux. L'eau de New York contenant de petits crustacés a été jugée non kasher par plusieurs rabbins. «La question a aussi été soulevée à Montréal mais elle pourrait se poser partout», assure Benoît Barbeau.
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23/05/2012 La consommation d’eau par les hommes ferait augmenter le niveau mondial des mers. Extraits :
"Le changement climatique, avec la fonte des calottes glaciaires et des glaciers qui lui est associée, est le suspect habituel lorsqu’il s’agit d’expliquer l’augmentation du niveau des mers au niveau mondial.
Cependant, une nouvelle étude montre désormais que la consommation d’eau par les hommes a un impact majeur sur les changements enregistrés par le niveau des mers et cette relation a été largement sous-estimée.
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26/11/2011 DCE et « bon état » des masses d’eau : un aveu du ministère de l’Ecologie au Sénat. Extraits :
"Le Sénat, désormais à majorité socialiste, vient d’infliger un camouflet au gouvernement, en refusant de voter, pour une foule d’excellentes raisons, les crédits du ministère de l’Ecologie, lors de l’examen du Projet de loi de finances pour 2012. Mais il y a mieux : on découvre, au détour du rapport fait au nom de la commission des finances du Sénat le 17 novembre 2011, que le ministère nous raconte littéralement n’importe quoi sur le « bon état » des masses d’eau, relativement aux objectifs de la DCE. On le savait, mais l’aveu n’en demeure pas moins sidérant…
Il apparaît au détour d’un chapitre du Rapport général n° 107 (2011-2012), fait par MM. Gérard Miquel, François Fortassin, Mme Marie-Hélène des Esgaulx et M. Vincent Delahaye, au nom de la commission des finances, en date du 17 novembre 2011 (http://www.senat.fr/rap/l11-107-310/l11-107-31053.html#toc377)
(…)
« D’après les informations transmises par le MEDDTL, l’indicateur relatif aux masses d’eau en bon état est toujours en cours de construction afin d’améliorer sa précision, à travers la prise en compte progressive des différents éléments de qualité et la mise au point des méthodes d’évaluation de l’état des masses d’eau qui n’est pas encore achevé.
La cible actualisée pour 2011 est de 49 %, en augmentation par rapport à 2010 (47 %). Si ce rythme de progression permet d’envisager une cible de 52 % pour 2012, il sera néanmoins insuffisant pour respecter l’objectif de 66 % de masses d’eau conformes imposé par la DCE à partir de 2015. »
(…)
On croît rêver ! L’indicateur censé rendre compte de la qualité des masses d’eau est « toujours en cours de construction » et la « mise au point des méthodes d’évaluation » n’est toujours pas achevée… Dès lors comment la Direction de l’eau, les Agences, l’Onema et la terre entière réalisent-ils le miracle qui consiste à postuler que la qualité desdites masses d’eau va s’améliorer, passant de 47% au bon état en 2010, à 49% au bon état en 2011, puis 52% en 2012, lors même que le ministère avoue aux sénateurs que l’indicateur « est toujours en construction » et que et la « mise au point des méthodes d’évaluation » n’est toujours pas achevée…
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27/10/2011 Pesticides, BPA, Phtalates : Nos fleuves européens en regorgent. Information publiée à partir de l'article "A new risk assessment approach for the prioritization of 500 classical and emerging organic microcontaminants as potential river basin specific pollutants under the European Water Framework Directive" (Sci. Total Environ. Vol 409, Issue 11, 1 May 2011, p 2064-2077). Extraits :
"La liste des produits chimiques présents dans les eaux européennes doit être immédiatement être remise à jour, alertent ces scientifiques qui constatent, après analyse des niveaux de 500 substances chimiques présentes dans les bassins des quatre principaux fleuves européens, une pollution par les pesticides bien plus importante qu’on ne le supposait. Un état des lieux alarmant publié dans la revue Science of The Total Environment.
Ces scientifiques ont analysé les niveaux de 500 substances organiques dans les bassins des 4 principaux fleuves européens. Ils révèlent que 38% de ces produits chimiques sont présents à des concentrations qui pourraient avoir un effet sur les organismes. La contamination par des produits chimiques organiques est un problème maintenant présent partout en Europe. La plupart des substances classées comme à risque étaient des pesticides, dont la majorité ne figure pas sur la liste européenne des substances prioritaires qui doivent être contrôlées régulièrement, expliquent ces chercheurs. Ils appellent donc à une révision urgente de la liste des produits chimiques sous surveillance visés par la directive européenne.
L'objectif de la directive européenne sur l'eau (EU Water Framework Directive) est que l'eau de surface et souterraine atteigne un niveau correct de qualité « écologique et chimique » en 2015, l'état chimique étant évalué en fonction d'une liste de 33 polluants dits prioritaires. Les auteurs estiment que plus de 14 millions de produits chimiques sont sur le marché et plus de 100.000 d'entre eux sont produits à l’échelle industrielle, en conséquence, les autorités ont du réduire leur surveillance à un nombre beaucoup plus limité de polluants.
La première étude à classer les polluants organiques sur le critère de nécessité d'une action. Les scientifiques du Centre Helmholtz de recherche environnementale (UFZ) en collaboration avec des collègues en France, en Slovaquie, en Belgique et en Espagne ont analysé une base de données compilées comportant 5 millions d'enregistrements sur les données physico-chimiques. Leur étude a porté sur les polluants organiques identifiés dans plus de 750.000 analyses de l'eau des bassins de l'Elbe (République Tchèque / Allemagne), du Danube (qui traverse 10 pays européens voisins), de l'Escaut (Belgique) et des rivières de Llobregat (Espagne). Selon la Commission européenne, cette étude est la première à développer un classement des polluants organiques sur le critère de nécessité d'une action.
Les substances les plus couramment identifiées: L'un des composés les plus fréquemment rencontré est le diéthylhexyl phtalate (DEHP), un phtalate très toxique, perturbateur endocrinien, utilisé comme adoucisseur, qui sera interdit dans l'UE à partir de 2015. Vient ensuite le bisphénol A (BPA), un autre fameux perturbateur endocrinien puis le diclofénac et l'ibuprofène, deux substances pharmaceutiques utilisées couramment dans les analgésiques. Au total, ce sont 73 composés identifiés par ces scientifiques comme polluants à surveiller en priorité. Deux tiers d'entre eux sont des pesticides, provenant de l’agriculture. Parmi les pesticides identifiés les plus problématiques, le diazinon, déjà interdit en Allemagne et en Autriche, l'azoxystrobine et la terbuthylazine, toujours autorisés en Europe centrale.
"Aucun de ces pesticides n’est sur la liste des 33 polluants prioritaires, qui doivent être surveillés par les autorités dans toute l'UE", explique le Dr Peter von der Ohe, chercheur à l’UFZ. "La terbuthylazine est un composé structurellement lié aux polluants simazine et atrazine, dont l’usage est interdit. C'est un exemple de la manière dont de petites modifications structurelles peuvent apparemment améliorer l'état chimique, sans atténuer pour autant les risques pour les écosystèmes aquatiques". Aujourd'hui, la majorité des substances présentes n’est pas répertoriée, alors que de produits chimiques ont été interdits et ne sont plus utilisés. "La Directive Cadre européenne sur l'Eau devrait s'assurer à l'avenir, non seulement de répertorier les substances chimiques présentes, mais aussi de surveiller leurs effets".
Les autorités européennes portent trop peu d'attention aux pesticides et la liste des polluants prioritaires doit être révisée, concluent ces scientifiques.
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>>> Contexte


15/10/2011 Ce site a été ouvert le 22 juillet 2011. Voir à ce sujet les trois articles du journaliste Marc Laimé portant sur la qualité de l'eau : Un mensonge d’état ? , Le témoignage choc d’Anne Spiteri et Nage en eaux troubles ; ou l'article de Agoravox : L’état réel des eaux, un dossier et un site citoyen accablants ; ou encore le dossier de WWF : Désinformation, le rapport WWF qui dénonce.

Commentaires (fermés depuis mars 2014)

blabla, le 2013-09-19 08:43:54

Notre président s'indigne très fort devant les armes chimiques en Syrie et veut sanctionner énergiquement leur usage - mais est-ce que les pesticides ne sont pas eux aussi des armes chimiques redoutables ? Est-ce que la France n'en est pas le premier consommateur européen et le troisième mondial ? Je lui demande donc de s'indigner aussi fort et de sanctionner aussi énergétiquement les déversements de pesticides et de tous les produits chimiques en général dans la nature, des pesticides aux PCB en passant par les nanoparticules et les radio-éléments, qui peuvent etre toxiques pour toutes les formes de vie sur terre et dans la mer !!!!


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