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Un nouveau paradigme pour l'eau potable et l'assainissement (3) : la description du nouveau modèle


Résumé général des cinq sections présentant un nouveau paradigme pour l'eau potable et l'assainissement (1-Un modèle non durable qui a atteint ses limites, 2-Les contraintes pour un nouveau modèle, 3-La description du nouveau modèle, 4-La réalisation et l'innovation technologique et 5-Les réalisations et expérimentations collectives récentes dans le monde) :

Les systèmes occidentaux d'alimentation en eau potable et d'assainissement des eaux usées domestiques ne sont pas durables(1). Ils constituent une véritable ineptie sur les plans techniques, énergétiques et écologiques. Ils ont, excepté pour les nappes exploitées presque entièrement pour l'irrigation, des impacts qualitatifs et quantitatifs sur la ressource en eau au moins aussi forts, sinon plus, que l'agriculture intensive. Malgré un avenir de fuite en avant technologique, énergétique et financière, que ce soit au niveau des techniques de traitement que de l'exploitation des eaux salées, ils n'offrent pas de garantie de protection de la ressource en eau ni de sécurité sanitaire. De plus, ils entreraient en dysfonctionnement grave si une grande partie de la population restreignait vraiment sa consommation d'eau. On ne devrait pas les exporter dans les pays pauvres du sud. Il est grand temps de les repenser complètement dans une approche interdisciplinaire et intersectorielle, et à la lumière des connaissances scientifiques les plus pointues sur l'eau et l'environnement.

Tout le modèle occidental repose sur deux piliers : la chasse d'eau et l'eau potable au robinet. Ces inventions du siècle dernier s'avèrent finalement stupides et irresponsables. Ce sont des leurres qui nous ont conduits dans des impasses écologiques et on s'y cramponne encore et toujours, sans jamais remettre en cause leur bien fondé.
Or au moins un nouveau paradigme, un modèle réellement durable existe, et il n'est sans doute pas le seul. Il est basé sur deux principes : traiter la pollution à la source et arrêter de gâcher les eaux souterraines profondes. Il repose sur deux piliers : la toilette sans eau et l'eau hygiénique au robinet. Il est adapté à nos pays et aux pays du sud, même et surtout avec la perspective du changement climatique. Il est entièrement respectueux de la ressource, des équilibres écologiques et de l'homme. Il prend en effet en compte : -les contraintes environnementales, dont la protection des milieux aquatiques et la valorisation agricole et énergétique des boues -les contraintes techniques, dont la réutilisation de l'infrastructure existante en l'état -et les contraintes humaines et financières, dont l'hygiène, la qualité de la vie, les coûts réduits et un accès décent à l'eau et à l'assainissement possible pour tous. Il permet de préserver les ressources profondes ou rares pour les générations futures et de laisser plus d'eau disponible pour le soutien des étiages et pour l'agriculture. Cette dernière doit devenir agroécologique partout avec interdépendance pour la gestion de l'eau et la réutilisation des boues issues des toilettes sans eau. Il redonne enfin à l'eau son rôle originel de lien social profond et devrait contribuer à établir la paix dans le monde, car l'or bleu va être de plus en plus à l'origine de conflits entre les pays.

Il faut se donner les moyens d'explorer ce nouveau paradigme. Cela demande : -de la volonté et de l'indépendance politique -un site expérimental -des entreprises motivées prêtes à s'investir dans l'innovation technologique -et des fonds internationaux.
Et cela demande surtout, selon les mots de Aimé Césaire : "la force d'inventer au lieu de suivre ; la force d'inventer notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l'obstruent".

Résumé de cette troisième section :
En généralisant les "toilettes sans eau" et en distribuant de l'eau simplement "hygiénique" au robinet, on concilie nos besoins et la protection des milieux aquatiques.

Ci-dessous, une description schématique du nouveau paradigme :


Le nouveau modèle d'assainissement et d'alimentation en eau potable est basé sur deux concepts majeurs : traiter la pollution à la source et arrêter de gâcher les eaux souterraines profondes. Il faut pour cela coupler une utilisation systématique de toilettes sans eau avec une distribution de l'eau consommable en bidons. Les réseaux actuels de distribution d'eau potable ne délivreront donc désormais au robinet que de l'eau hygiénique. Les réseaux actuels d'assainissement des eaux usées ne véhiculeront désormais vers les stations d'épuration que des eaux grises faiblement polluées. Les prélèvements d'eau destinés à la production d'eau hygiénique au robinet auront lieu en priorité dans les eaux superficielles même si elles sont de mauvaise qualité. On réservera les eaux souterraines de très bonne qualité ou, en leur absence, les quelques ressources superficielles de très bonne qualité, à la production d'eau consommable distribuée en bidons.

Grâce à l'utilisation systématique de toilettes sans eau : -on supprime la principale source de pathogènes fécaux et la principale source de pollution organique, médicamenteuse et microbiologique des eaux que constitue le lisier humain -on récupère l'essentiel de la charge polluante directement valorisable en engrais et énergie -on peut recycler presque intégralement les eaux usées devenues des eaux grises. La suppression des eaux pour la chasse d'eau et le recyclage des eaux grises réduisent aussi beaucoup les prélèvements d'eau en surface, tout en maintenant le même volume au robinet pour l'utilisateur. La consommation énergétique pour le traitement des eaux usées s'en trouve très réduite et la récupération énergétique des déchets au contraire accrue. La question de l'assainissement autonome ne se pose plus, puisqu'au niveau de la récupération des lisiers, il n'y a plus de différence entre les zones urbaines et rurales, les techniques de traitement peuvent être cependant adaptées, en particulier pour les eaux grises.

Dans plusieurs pays du monde, pays occidentaux, orientaux ou pays du sud, on commence à songer et à expérimenter à petite échelle, même en milieu urbain, toutes sortes de toilettes sans eau(1) , mais apparemment sans jamais envisager de coupler ce dispositif avec un nouveau paradigme pour l'eau potable. Or l'utilisation de toilettes sans eau, même à grande échelle, permet de réduire les pollutions, mais ne résoudrait pas les problèmes de pénurie de l'eau et ne constituerait donc pas une protection suffisante pour la ressource en eau.
De plus, si on utilisait les toilettes sans eau à grande échelle sans changer de paradigme pour l’alimentation en eau potable, ou si, en conservant les systèmes actuels pour l’assainissement et l’eau potable, tous les usagers restreignaient vraiment leur consommation d'eau du robinet, on mettrait en dysfonctionnement à la fois les réseaux d’alimentation en eau potable et les réseaux d’assainissement. Car ces réseaux n’ont pas été conçus ni dimensionnées dans une perspective d’économie de l’eau :
  • Pour les réseaux d'alimentation en eau potable, on se heurterait très vite à un grave problème de contamination microbiologique : toute réduction significative des volumes consommés entrainerait une contamination systématique de l'eau potable à cause de la stagnation dans les tuyaux qui se trouveraient de fait surdimensionnés. Cela s'est effectivement produit en Allemagne par exemple (2) : "arrêtez d'économisez l'eau, gaspillez-la, réclament les autorités sanitaires". En France, pour éviter de réintroduire dans les tuyaux l’eau qui aurait été économisée par les consommateurs, cela signifie qu'il faudrait remplacer les 800000 km de conduites d'eau potable surdimensionnées !
  • Pour les réseaux d’assainissements, une réduction significative des débits qui y circulent d’une part réduirait l’effet de chasse des matières solides et d’autre part augmenterait la charge organique des eaux usées. A l’échelle locale par exemple, si on réduit significativement le débit ou la fréquence d'utilisation de sa chasse d’eau, les matières solides (papier hygiénique principalement) ne sont plus entraînées et finissent par obstruer l’amont des conduites d'évacuation(3). Lorsque les eaux usées sont plus concentrées, cela favorise les processus de fermentation et de production d’hydrogène sulfuré (H2S) au sein des réseaux d’assainissement, avec des effets nuisibles sur les conduites elles-mêmes mais aussi sur le fonctionnement des stations d’épurations biologiques. En d’autres termes, si tous les usagers réduisaient vraiment leur consommation d’eau, en agissant au niveau de leur chasse d'eau ou d’autres postes de consommation, le réseau d'assainissement finirait par être obstrué, avec des conduites qui se corroderaient très rapidement et produiraient des gaz toxiques et malodorants, et avec des stations d’épuration en dysfonctionnement. On serait là encore obligé d’introduire de l’eau claire dans les réseaux d’assainissement pour déplacer les matières solides et pour diluer les effluents, le tout avec une consommation énergétique accrue !
C'est très peu médiatisé, mais les systèmes actuels d'alimentation en eau potable et d'assainissement ne pourraient certainement pas supporter les baisses significatives de consommation d'eau prônées habituellement en responsabilisant les consommateurs comme la solution à la pénurie. Il est illusoire de penser que de simples économies d’eau, sans changer nos modèles d’alimentation en eau potable et d’assainissement, pourraient permettre de réduire la ponction dans les ressources naturelles. Car ces systèmes ont été conçus et dimensionnés pour consommer de l’eau sans restriction.

L'eau potable, l'eau hygiénique et l'eau consommable

Pour l’alimentation en eau à usage domestique, il faut bien la distinction entre "l’eau potable", "l’eau hygiénique" et "l’eau consommable". L'eau hygiénique respecte les mêmes normes microbiologiques que l'eau potable, voire plus si cela s’avérait nécessaire dans le futur, mais elle peut contenir des substances, par exemple des nitrates ou des pesticides, au-dessus des normes de potabilité. C'est d'ailleurs souvent le cas pour l'eau dite potable actuellement, quand les substances polluantes sont saisonnières par exemple. L'eau consommable devra bien entendu respecter les normes actuelles pour l'eau potable, mais elle devra en outre prendre en compte d'autres pathogènes et toutes les substances toxiques et émergentes que l'on ne recherche même pas actuellement dans l'eau potable, le tout avec une précision analytique et un coût inférieur puisque le volume à analyser et éventuellement à traiter ne sera que de l'ordre du centième du volume actuel.



Les eaux usées, les eaux grises et les lisiers

Au niveau des rejets domestiques, il faut comprendre que les "eaux usées" rassemblent les "eaux grises" et les "lisiers". Les lisiers récupérés dans les toilettes sans eau représentent environ 1% du volume des eaux usées. Ils peuvent être traités par compostage de façon à produire des engrais organiques équilibrés et sans toxiques, ou par méthanisation pour produire de l'énergie. Les systèmes d'assainissement actuels servent désormais à la collecte et au traitement des eaux grises qui nécessitent des traitements épuratoires moins coûteux que les effluents domestiques actuels. Ces eaux grises sont en grande partie recyclables après ces traitements puisque non contaminées par les pathogènes fécaux. On supprime aussi tous les rejets en rivière des médicaments présents dans les lisiers et que les stations d'épuration sont incapables d'éliminer. Ces substances doivent et peuvent être détruites par un compostage ou une méthanisation adaptés des lisiers humains. Il faut aussi prévoir une petite poubelle réservée au papier hygiénique, à transporter sec et à recycler en cellulose. La remise en service des bidets permettrait aussi de limiter l'usage de papier.



Des détails et compléments sur le nouveau modèle de gestion de l'eau

L'eau consommable représente moins de 3 % du volume total prélevé actuellement, et seul ce volume réduit doit être prélevé dans les réserves d'eau souterraine de bonne qualité. Les eaux grises traitées pourront être en grande partie recyclées, non pas pour la consommation humaine bien entendu, mais pour la production de l'eau hygiénique, en complément d'un prélèvement dans la ressource superficielle de moindre qualité. Elles pourront être utilisées sans risque pour la recharge des nappes souterraines. Les stations de production de l'eau hygiénique n'élimineront pas les pesticides, nitrates et micropolluants émergents, mais uniquement les pathogènes, en conservant, voire améliorant, les normes microbiologiques actuelles. Les eaux des nappes profondes seront donc réservées à la consommation, éventuellement après un traitement léger. L'eau consommable sera plus sûre et de bien meilleure qualité que l'eau potable actuelle. La distribution de l'eau consommable en bidons, avec par exemple des fontaines dans les maisons, ne signifie pas du transport augmenté car une agglomération peut être alimentée par une seule conduite ou l'eau ne stagnera pas, l'embouteillage se faisant sur place. Ce qui crée de l'emploi de proximité peu qualifié et de la visite pour les personnes âgées et handicapées. On retrouve ainsi l'antique lien social des bornes fontaines collectives : elles seraient ici des centres d'embouteillages, délocalisés dans chaque agglomération. Une occasion de réunir des êtres humains.

Il s'agit finalement de mettre sciemment en place un mode de fonctionnement dégradé de l'alimentation en eau potable et de l'assainissement, mais intelligemment dégradé de façon à réhabiliter les ressources en eau en qualité comme en quantité, et pour consommer de l'eau de meilleure qualité. Plutôt que de subir un mode dégradé qui existe d'ailleurs déjà, car on se voile souvent la face, et qui ne tardera pas de toute façon à apparaître, mais contre notre gré, compte tenu de l'état de la ressource et du changement climatique. La réduction drastique des prélèvements dans les eaux souterraines leur permettra de rejouer leur rôle de maintien du niveau des eaux superficielles et de soutien des débits d'étiages des cours d'eau. Les nappes profondes resteront préservées pour les générations futures.

Le secteur agricole doit poursuivre ses efforts pour le choix de cultures adaptées et de pratiques moins polluantes et moins destructrices, dans l'intérêt de la biodiversité, de la ressource en eau et de la santé des consommateurs. Pour ce secteur, cela fait très longtemps que l'on connait le nouveau paradigme, à savoir l'agriculture biologique et mieux, l'agriculture agroécologique... mais il faudrait l'appliquer partout et surtout le coupler avec une gestion de l'eau potable et de l'assainissement écologique, en recyclant en particulier dans les sols les boues domestiques "écologiques" issues des toilettes sans eau. Les sols en bon état pourront réguler les régimes des eaux et limiter la pollution des cours d'eau et des nappes. Ils bénéficieront des apports en matière organique de qualité provenant du compostage des lisiers, réduisant d'autant la fabrication et l'utilisation d'engrais de synthèse.
Les élevages intensifs (à proscrire bien évidemment) et autres industries agro-alimentaires qui rejettent encore ponctuellement des pathogènes fécaux d'origine animale doivent poursuivre leurs efforts pour retenir et traiter cette pollution à la source.

Certains établissements industriels alimentés par le réseau d'eau potable et certaines collectivités(4) peuvent avoir besoin, non pas d'eau hygiénique, mais d'eau consommable au robinet ou d'une qualité encore plus exigeante. Dans ce cas, ces établissements doivent simplement installer un poste de traitement complémentaire de l'eau hygiénique, par exemple en éliminant les résidus de pesticides ou les nitrates en excès pour la rendre consommable ou de qualité adaptée à leurs besoins.

La synergie avec le secteur industriel doit aussi se faire au niveau des rejets : il faudra bien entendu poursuivre sans relâche le traitement à la source de toutes les pollutions industrielles, particulièrement pour les toutes les petites entreprises qui continuent à utiliser les réseaux d'assainissement collectifs(5), de façon à ce qu'aucune pollution hormis celle des eaux grises n'arrive dans les réseaux d'assainissement, et que les toxiques n'arrivent plus dans les cours d'eau.
Cette synergie doit aussi se faire en amont, au niveau de la fabrication et de la vente des substances chimiques ou des produits contenant des substances chimiques potentiellement toxiques : arrêter de mettre sur le marché des substances qui sont fortement susceptibles d'arriver in fine dans les milieux aquatiques, alors que l'on ne connait pas suffisamment leur pouvoir délétère sur toutes formes de vie (pesticides, etc.).
Les producteurs de médicaments doivent participer à la mise en place des précautions nécessaires pour qu'ils n'arrivent pas dans les milieux aquatiques, donc au financement et à l’installation des toilettes sans eau.

Les eaux de pluie peuvent être récupérées (toitures, surfaces dédiées, etc.) avant qu’elles ne ruissellent sur la voirie (eaux pluviales) et ne rejoignent les cours d’eau ou ne s’infiltrent dans les sols. Ces eaux météoriques sont moins polluées que les eaux de ruissellement, mais elles ne sont toutefois pas, sauf exception, ni hygiéniques ni consommables.
Les eaux météoriques interceptées sont traditionnellement utilisées pour l’arrosage des jardins et pour l’irrigation. Mais on peut aller plus loin. Dans l’exemple de nouveau paradigme présenté ici, elles s’intègrent tout naturellement comme ressource en eaux de surface de moindre qualité au même titre que les cours d’eau et les nappes de surface.
Ces eaux météoriques peuvent donc entrer directement comme eau brute au niveau des stations de production d’eau hygiénique, ou de façon délocalisée dans les industries et chez les particuliers, moyennant un poste de traitement pour la transformer en eau hygiénique.
La récupération des eaux météoriques, si elle se fait autrement qu'à l'échelle d'établissements ou de particuliers dispersés, peut cependant, à l’instar de la gestion actuelle des eaux de ruissellement, poser problème : les eaux interceptées n'arrivent plus sur les sols, dans les petits ruisseaux ou dans les nappes et leur évacuation avec les eaux grises peut causer des court-circuits hydrauliques néfastes.
Si donc cette récupération se fait à grande échelle, il faudra prévoir épandage, réutilisation pour l’irrigation et/ou réinfiltration des eaux grises traitées, ce qui est justement, dans le cadre de ce nouveau paradigme, un de leur intérêt écologique principal.
Pour les utilisateurs dispersés, le problème ne se pose pas puisque les eaux grises peuvent être traitées sur place (lagunages, bassins à macrophytes, filtres bactériens, etc.) et donc restituées localement en douceur au milieu naturel.

Quant aux eaux de ruissellement inévitables collectées par le réseau pluvial, elles doivent continuer à être traitées au moins comme actuellement (décanteurs, déshuileurs, etc.), et le plus possible de façon dispersée avec réutilisation locale (épandage, irrigation et/ou réinfiltration).
Dans l’exemple de ce nouveau paradigme, leur introduction accidentelle ou chronique dans les réseaux d’assainissement, avec débordements et by-pass d’eaux usées, serait beaucoup moins impactante puisque les réseaux ne transporteraient que des eaux grises moins polluées et que les eaux grises traitées sont réutilisables (épandage, irrigation et/ou réinfiltration) pour compenser l’impact des imperméabilisations et des prélèvements.


Notes

  1. Voir par exemple le dossier "ecological sanitation" ou le site ECOSAN ou les travaux de l’association Toilettes du Monde ou l’expérience suivante en Chine
  2. Voir par exemple
  3. L'auteur a testé !
  4. Centres hospitaliers, industries agro-alimentaires, etc.
  5. Restaurants, salons de coiffure, cabinets dentaires, centres médicaux, pressings, etc.




Création : 27 août 2008
Dernière actualisation : 14 mars 2009

Commentaires (fermés depuis mars 2014)

Cyrille WWF, le 2009-10-13 17:34:14

Pour capter ces eaux météoriques, sans dommages collatéraux, et dans un contexte d'augmentation de température, les couvertures végétalisées et les murs végétalisés pourraient apporter des réponses intéressantes, tout en permettant de renforcer l'isolation des bâtiments, ou du moins favoriser l'inertie thermique (le tout béton en été, ce n'est pas super!).
=> Nouveau paradigme pour l'urbanisme, avec une approche intéressante sur la restauration d'une biodiversité laminée. L'eau serait au cœur de ce processus de revégétalisation, restauration de la biodiversité en milieu urbain. Pour le coup, on aurait de nouvelles opportunités économiques de "croissance verte"!

Webmaster, le 2009-10-13 18:21:56

Oui et dans le même sens, on peut aussi envisager d'utiliser sur place une partie des eaux grises produites par les citadins : ces eaux grises pourraient être dépolluées dans des canaux de plantes aquatiques (a priori peu profonds) qui sillonneraient la ville (en terre plein central d’avenues parsemées de jardins aquatiques ?) et ensuite utilisées comme eau d’arrosage (jardins publics, murs végétalisés, murets verticaux fleuris bordant les pistes cyclables, etc ?). En plus de restaurer la biodiversité, ça ferait des puits de carbone et ça diminuerait l’énergie nécessaire au traitement des eaux grises, énergie déjà largement inférieure au traitement des eaux usées actuelles.

Webmaster, le 2012-05-23 12:42:26

Le constat récent que la consommation d’eau par les hommes ferait augmenter le niveau mondial des mers (http://www.actualites-news-environnement.com/28433-consommation-eau-niveau-mers.html) justifie une fois de plus la nécessité écologique des eaux grises qui permettent un recyclage conséquent des eaux utilisées pour l'industrie et l'alimentation en eau potable.

Webmaster, le 2012-10-27 13:54:10

La mise en place de cet exemple de nouveau paradigme, qui donne en particulier la possibilité d'éviter les 800000 kilomètres de conduites de distribution et, si nécessaire, de filtrer soigneusement (microfiltration) et à moindre coût le volume d'eau restreint destiné à la mise en bidons, permettrait aussi d'éviter ce genre de désagrément qui n'est pas beaucoup médiatisé, mais qui pourrait s'avérer grave dans l'avenir : La faune méconnue des réseaux d'eau potable (http://www.lefigaro.fr/environnement/2012/09/12/01029-20120912ARTFIG00564-la-faune-meconnue-des-reseaux-d-eau-potable.php)
-"Crustacés, vers, puces d'eau peuplent les systèmes de distribution : «Oui, bien sûr, il y a des petits animaux dans les réseaux d'eau potable. Je suis sûr qu'en France, comme partout dans le monde, il y en a beaucoup. On ne les voit pas dans les verres parce qu'ils sont microscopiques et transparents, mais il y en a parfois», explique au Figaro Hein van Lieverloo, de l'Institut de recherche sur le cycle de l'eau basé à Nieuwegein, aux Pays-Bas. «Ils ne sont pas dangereux pour la santé», ajoute-t-il aussitôt. Il vient de publier une étude où il essaie d'expliquer pourquoi ces petits invertébrés sont plus ou moins abondants dans les systèmes de distribution d'eau (Water Research, 15 octobre 2012). En effet, contrairement à une idée reçue, le chlore injecté dans les circuits n'élimine pas tous les organismes vivants. Des crustacés, des vers, des puces d'eau dont la taille peut dépasser le centimètre, se développent dans les tuyaux. Il s'agit des mêmes espèces que l'on retrouve dans les rivières et, dans une moindre mesure, dans les grottes ou les nappes phréatiques. Les plus grands sont filtrés au niveau des compteurs, les plus petits passent parfois à travers les robinets. Il est très difficile de les repérer à l'œil nu car ils sont minuscules et transparents. Et peu nombreux: quelques organismes par mètre cube. «Pour tomber dessus, c'est la roulette russe», assure Benoît Barbeau, de l'école polytechnique de Montréal, un autre centre à l'avant-garde de la recherche sur l'eau. Chaque année, en Europe, un petit nombre de personnes ont la mauvaise surprise de découvrir des vers ou des crustacés se tortiller dans leur verre. Cela reste exceptionnel."
-"Aucun contrôle sur les invertébrés : Hein van Lieverloo s'est lancé au début des années 1990, dans l'inventaire des petits invertébrés présents dans l'eau potable distribuée aux Pays-Bas. Là-bas, l'eau est très peu chlorée afin de pouvoir détecter plus facilement les éventuelles contaminations, et sa qualité est reconnue par les experts du monde entier. Il devrait bientôt publier un atlas des espèces colonisant les systèmes d'eau potable. «Hein van Lieverloo est une sommité sur le sujet, qui avait été peu étudié avant qu'il ne s'y intéresse», souligne Benoît Barbeau. Le chercheur hollandais a croisé pour la première fois toutes ces petites bestioles en 1989. Un aquariophile voyant mourir ses poissons les uns après les autres avait filtré l'eau de son robinet pour voir si elle était contaminée. Quand il a découvert qu'elle était peuplée d'invertébrés, il a demandé des explications à la compagnie des eaux locales. «Personne n'a su quoi lui répondre», se souvient Hein van Lieverloo. La réglementation n'imposant aucun contrôle sur les invertébrés dans l'eau du robinet, les gestionnaires de l'eau ne savaient pas quoi dire. Du coup, ils ont décidé de faire des recherches. La présence des invertébrés dans l'eau potable est un sujet tabou. «Les compagnies craignent d'affoler le grand public si on en parle», reconnaît M. van Lieverloo. Prudent, il tient d'ailleurs à ce que ses recherches ne ternissent pas l'image de la qualité de l'eau du robinet. Pour lui, les réseaux d'eau potable sont un milieu écologique en soi et l'eau du robinet est vivante. «Le fait qu'il y ait des animaux dans les tuyaux n'est pas un problème, à condition toutefois qu'il n'y en ait pas trop», assure M. van Lieverloo. «Ils posent surtout un problème esthétique», ajoute pour sa part Benoît Barbeau. Ils peuvent devenir dangereux seulement quand ils sont colonisés par des bactéries pathogènes, ce qui est le cas, par exemple, pour le choléra."
-"Naturellement très résistants au chlore : La plupart de ces petits invertébrés ont un rôle bénéfique. En effet, ils broutent les bactéries qui tapissent l'intérieur des tuyaux. «Leur capacité de nettoyage est utilisée dans la filtration lente. Ce procédé consiste à filtrer à faible vitesse l'eau sur du sable. Il vise à favoriser le développement de biofilms bactériens qui permettent de retenir les impuretés de l'eau. Les invertébrés colonisent ce biofilm et participent ainsi au processus d'épuration», explique Benoît Barbeau. Certains de ces invertébrés s'échappent et se retrouvent ensuite dans les tuyaux. «Naturellement déjà très résistants au chlore, ils sont protégés, car ils vont se loger dans les films bactériens où il n'y a pas de chlore», ajoute le chercheur québécois. Quand les films se déchirent et se fragmentent, les invertébrés peuvent alors se retrouver dans l'eau du robinet. L'abondance des invertébrés dans les systèmes d'eau potable semble liée à plusieurs facteurs. Ils sont plus nombreux dans les eaux captées en surface que dans les nappes phréatiques. Il y en a plus dans les eaux riches en matière organique, principale nourriture des bactéries et dans les tuyaux où les dépôts sédimentaires sont plus épais. «Il y a aussi de grandes variations en fonction de la vitesse de circulation de l'eau ce qui rend très difficile de savoir à quel moment nous devons faire des échantillonnages», indique Hein van Lieverloo."
-"Dans les eaux minérales aussi : Présents dans les eaux du robinet, les invertébrés le sont aussi dans les eaux minérales. Hein van Lieverloo, de l'Institut de recherche sur le cycle de l'eau de Nieuwegein en a trouvé dans une bouteille commercialisée aux Pays-Bas. «Les concentrations devraient être plus faibles, souligne Benoît Barbeau, de l'École polytechnique de Montréal, car les invertébrés sont moins nombreux dans les eaux souterraines que de surface». La question a peu d'importance car ils sont inoffensifs pour la santé humaine. Leur présence dans l'eau du robinet peut toutefois poser des problèmes religieux. L'eau de New York contenant de petits crustacés a été jugée non kasher par plusieurs rabbins. «La question a aussi été soulevée à Montréal mais elle pourrait se poser partout», assure Benoît Barbeau."

Henri, le 2012-10-29 08:02:25

Pourquoi cela pourrait-il s'aggraver dans l'avenir ?

Webmaster, le 2012-10-29 14:20:20

Rép à Henri : pour au moins deux raisons, -l'augmentation des températures (changement climatique) qui va augmenter les proliférations des bactéries et de la microfaune associée dans les biofilms qui colonisent les réseaux d'alimentation en eau potable ; -la nécessité de réduire la consommation d'eau potable qui va automatiquement augmenter le temps de séjour dans les réseaux et donc la contamination de l'eau distribuée. Il n'est pas exclu non plus que l'augmentation des températures et des temps de séjour ne favorisent le développement d'amibes et autres protozoaires ou microinvertébrés pathogènes en eux-mêmes, et pas que par les bactéries qu'ils hébergent.

Je conseille à titre d'exemple la lecture du document "Biofilms et qualité biologique de l'eau potable au cours de sa distribution" (http://www.u-picardie.fr/beauchamp/duee/biofilms.pdf) dont voici quelques extraits :

"Les réseaux de distribution d'eau potable ne peuvent plus aujourd'hui être considérés comme de simples outils de transport de l'eau jusqu'aux consommateurs. Ils constituent un véritable réacteur biologique, à l'intérieur duquel se met en place une dynamique bactérienne, et où une croissance des microorganismes est observable, au détriment de la matière organique biodégradable, ou au détriment d'autres microorganismes. En effet, ces milieux sont colonisés par plusieurs groupes principaux : les bactéries, les protozoaires, les algues, les champignons et les levures. Pour chacun de ces groupes, de nombreuses espèces ont pu être identifiées. L'idée d'une eau potable, distribuée dans les réseaux, biologiquement stable, c'est-à-dire pour laquelle la croissance bactérienne, la consommation de matière organique biodégradable et la prédation ne sont pas significatives, est donc à remettre en question. En effet, l'utilisation de désinfectants, aux concentrations habituellement rencontrées, ne permet en aucun cas l'inhibition totale de la prolifération bactérienne. La croissance bactérienne en réseau n'est donc que faiblement limitée par l'action d'oxydants, ces derniers réagissant avec les composés organiques et la paroi interne des canalisations. Une proposition serait l'augmentation des doses de désinfectant appliquées. Cependant, cette augmentation entraînerait celle de la formation de sous-produits avec dépassement possible des normes de potabilité de l'eau, et avec l'apparition de saveurs ("goût de chlore" de l'eau) conduisant à des plaintes des consommateurs. Pour limiter la reviviscence bactérienne en réseau de distribution, l'action doit être menée sur la cause de la présence de ces microorganismes et de leur multiplication, soit la matière organique biodégradable et l'apport de microorganismes. Ceci suppose une optimisation des filières de traitement, avec notamment l'intégration de techniques membranaires."

"La température des eaux varie de plusieurs degrés pendant le transit en réseau. Les variations saisonnières de température affectent les eaux, surtout quand elles sont d’origine superficielle. En plus de favoriser le développement de goûts et odeurs désagréables, une température élevée accélère la plupart des réactions physico-chimiques et biologiques dans les réseaux et influence la croissance bactérienne (Documentation technique FNDAE, n°12). Sur certains réseaux, en climat tempéré, le nombre de coliformes dans des réseaux de distribution varie de façon saisonnière, les plus hauts niveaux étant observés durant les mois d’été. L’activité bactérienne s’accroît nettement lorsque la température dépasse 15°C."

"L’eau introduite dans le réseau n’est pas stérile ; bactéries, larves peuvent passer à travers la chaîne de traitement ne serait-ce qu’à l’état larvaire, ainsi que de la matière organique. La matière organique dissoute est utilisée par les bactéries présentes dans les réseaux et sert ainsi de nutriments. Dans les zones où le chlore est relativement inactif ou en trop faible dose, le CODB peut être utilisé par les bactéries qui se multiplient (surtout quant la température est supérieure à 10-15°C). -les bactéries peuvent alors sédimenter puis se fixer sur la paroi interne des canalisations. La formation de colonies sous forme d’arbuscule constitue une forme de protection contre l’action du chlore et la croissance. -cette biomasse fixée constitue la base de nutrition pour les unicellulaires (protozoaires, amibes) ou crustacés (Aselles), qui broutent les dépôts divers d’algues, de composés organiques, de biomasse, et contribuent ainsi à la diminution du nombre de bactéries."

"La détection systématique de biomasse bactérienne et de protozoaires dans les réseaux de distribution d’eau potable montre la maintenance d’un écosystème microbien bien diversifié, qui reste stable même quand des désinfectants sont utilisés."

"Dans les réseaux de distribution, certains protozoaires peuvent jouer le rôle de réservoirs de bactéries potentiellement pathogènes, en développant des relations endosymbiotiques ou parasitaires. L’hôte protège alors involontairement les bactéries et leur permet de survivre au traitement de potabilisation et de se multiplier. Ainsi, Légionella sp. peut être l’hôte de Hartmanella ou Naegleria (amibes), Mycobactérium avium et Pseudomonas Aeruginosa, de Acanthomoeba sp. (amibes nues) (Brown et al., 1999)."

"La résistance des protozoaires est liée à la formation de kystes, qui leur permet de résister à des conditions environnementales défavorables, telles que des milieux oligotrophes, en présence d'un désinfectant résiduel. Ces kystes de protozoaires peuvent être pathogènes, et certains d’entre eux ont été mis en évidence au sein de réseau de distribution : -des kystes de Giardia lamblia, à de faibles concentrations variant de 1 à 167 kystes par 100 litres (DeLeon et al., 1993 ; LeChevallier et al., 1991 ; Rose et al., 1991). Giardia lamblia est l'agent infectieux responsable de la giardiase ou lambliase, infection asymptomatique dans la majorité des cas, mais provoquant parfois l'apparition subite de diarrhées intermittentes, accompagnées de crampes abdominales, de ballonnements, d'une fatigue et d'une perte de poids. La giardiase peut être contractée en avalant un nombre relativement peu élevé de spores de Giardia (de 10 à 100). Les personnes qui boivent de l’eau non traitée sont les plus exposées au protozoaire Giardia. -des kystes de Cryptosporidium parvum, à des concentrations variant de 0,5 à 2 kystes par 100 litres (DeLeon et al., 1993 ; LeChevallier et al., 1991 ; Rose et al., 1991). Cryptosporidium est l'agent infectieux responsable de la Cryptosporidiase, dont les symptômes, qui apparaissent de 2 à 10 jours après la consommation d’eau contaminée, sont des diarrhées aiguës, des vomissements, des crampes abdominales et de la fièvre. Cette maladie peut être mortelle pour les personnes immunodéprimées, notamment les personnes atteintes du SIDA."

Henri, le 2012-10-29 18:42:30

Merci de votre réponse rapide, et pour l'assainissement, j'imagine que les phénomènes sont analogues ?

Webmaster, le 2012-10-30 10:51:20

Oui, mais pour les réseaux d'assainissements, je pense que les inconvénients principaux de l'augmentation des températures, des temps de séjours et de la concentration des polluants organiques seront -des fermentations nauséabondes, en particulier des dégagements d’hydrogène sulfuré (H2S) toxique et des corrosions accrues des conduites -et des dysfonctionnements pour les stations d'épuration.

Webmaster, le 2013-01-18 09:01:32

Les dérogations, ça semble être une véritable institution dans le domaine de l'eau, pour le bon état de la DCE (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=etat_eau_objectif_2015_2010_dce_rapportage_france), pour les autorisations de rejets polluants (par exemple: http://eau-evolution.fr/doc/articles.php?lien=eau_temperature_riviere_garonne_tarn_golfech_climat), etc. L'article suivant le dénonce pour la qualité de "l'eau potable" distribuée, qui est, de fait, "l'eau hygiénique" du nouveau paradigme proposé par Eau-Evolution : "Plus de 400 communes en eaux troubles" (http://www.journaldelenvironnement.net/article/plus-de-400-communes-en-eaux-troubles,32661?xtor=EPR-9). Quelques extraits :

"L’enquête de 60 millions de consommateurs et de France Libertés, lancée en juillet dernier, a conduit les associations à mettre le doigt sur l’étendue des dérogations accordées en France par rapport aux seuils physico-chimiques normalement autorisés. Et la réalité pourrait encore dépasser ces premiers résultats…"

"La transparence sur la qualité de l’eau potable apparaît comme une quête sans fin. Les associations France Libertés et 60 millions de consommateurs viennent d’y apporter leur contribution, en publiant, ce 17 janvier, une carte des dérogations dont bénéficient plus de 400 communes. Soit autant de permis de polluer puisque ces collectivités dépassent en effet les seuils limites en nitrates, arsenic, atrazine, glyphosate et autres polluants. Et livrent une eau non conforme aux consommateurs."

"Le résultat est impressionnant : plus d’un millier de dérogations, réparties sur 419 communes, étaient recensées à l’automne 2012. Elles sont accordées par les préfets pour trois ans, et peuvent être renouvelées deux fois, précise le communiqué de France Libertés. Comme souvent, la réalité pourrait dépasser ces chiffres. La Bretagne ou l’Oise n’ont ainsi aucune dérogation recensée. C’est d’ailleurs le cas d’une cinquantaine de départements en tout."

"Il faut dire que la procédure de dérogation s’avère assez souple. Dès qu’un dépassement des seuils physico-chimiques est constaté localement, le responsable de la distribution d’eau prévient aussitôt les responsables de l’Agence régionale de santé (ARS) ainsi que les maires des communes concernées. C’est aussi lui qui formule la demande de dérogation auprès du préfet. Trois conditions, fixées par un arrêté du 25 novembre 2003 (2), précise seulement que la santé des personnes ne doit pas être en danger, qu’il n’existe pas d’autres alternatives pour distribuer l’eau et qu’un plan d’action doit être mis en place pour rétablir la situation «à moyen terme»."

"C’est le 3 juillet dernier que France Libertés et 60 millions de consommateurs ont décidé de lancer une opération transparence sur la qualité de l’eau potable (voir JDLE), Les associations déploraient alors l’opacité intense entourant les données françaises sur la qualité de l’eau."

"Un exemple parmi d’autres: une commune a diffusé pendant 35 jours une eau affichant des taux de bentazone (la molécule d’un pesticide) trois fois plus élevé que la dose journalière acceptable, en raison d’une dérogation. Le consommateur, lui, n’a pas été prévenu. Il pensait au contraire boire une eau conforme à la réglementation."

Webmaster, le 2013-02-03 16:55:10

Un constat connu et prévisible qui aurait dû depuis longtemps nous interpeler sur la pertinence de notre modèle d'assainissement et pousser à la mise en place de toilettes sans eaux "Ces résidus de médicaments que l'on retrouve dans l'eau du robinet" (http://www.acme-eau.org/Ces-residus-de-medicaments-que-l-on-retrouve-dans-l-eau-du-robinet_a3333.html). Extraits :

"Si déjà de nombreuses études avaient révélé que les stations d’épuration ne permettaient pas d’éliminer toute trace des principes actifs de médicaments, un article publié dans la revue médicale « Prescrire » vient confirmer la présence de « présence de micropolluants dans les eaux ».

« Les substances pharmaceutiques utilisées en médecine humaine ou vétérinaire sont en partie rejetées dans l'environnement après consommation », explique la revue Prescrire. « Éliminées par voie urinaire ou fécale, elles sont rejetées dans les eaux usées soit sous la forme active initiale, soit sous forme de substances dérivées, actives ou non. » Or les stations d'épuration n'éliminent pas complètement les médicaments présents dans les eaux usées. Le risque de retrouver des résidus de certaines molécules dans l’eau du robinet est donc réel.
Féminisation des poissons mâles :
Comme l’indiquent les rédacteurs de la revue Prescrire, « le risque environnemental et sanitaire lié à la présence de micropolluants dans les eaux, dont les médicaments, est encore mal connu. Des effets de cette micropollution ont été observés sur certaines espèces aquatiques, notamment une féminisation de poissons mâles. Fin 2012, aucun effet sur les humains n’est encore connu ».

« Sans attendre que des risques avérés soient démontrés, la présence de médicaments dans les eaux usées et leur persistance après traitement sont des raisons supplémentaires de s’efforcer à réduire les rejets de médicaments », soulignent les auteurs. Selon eux, il conviendrait « d’éviter la surconsommation et d’encourager le retour des médicaments non utilisés en pharmacie d’officine ».

Les Européens consomment en effet plus de 3000 composés pharmaceutiques. En France, les antibiotiques représentent à eux seuls un volume de 2500 tonnes par an en médecine humaine et de 1300 tonnes en médecine vétérinaire.

Conséquences directes sur la pollution des rivières :
Si l’eau du robinet est chargée en micropolluants, les rivières récupèrent quant à elles les eaux usagées chargées de toutes ces molécules que les stations d’épuration n’arrivent pas à nettoyer. « Outre les dérivés hormonaux et les anticancéreux, les plus préoccupants sont les antibiotiques, qui génèrent probablement des problèmes de résistance aux antibiotiques. Parmi les substances qui ne se dégradent pas, 40 % partent en rivière, 60 % sont retenues dans les boues des stations d’épuration », expliquait déjà en 2008 le toxicologue Jean-Marie Haguenoer.

Parmi ces résidus de médicaments, les molécules retrouvées lors des récentes analyses, la molécule que les chercheurs retrouvent le plus est le paracétamol, puis vient l’ibuprofène et enfin toute la gamme des anti-inflammatoires aux antidépresseurs. Les chercheurs ont même détecté lors de ces analyses des traces de résidus de pilules contraceptives.

En France, la directive cadre sur l'eau (DCE) adoptée en 2000 a fixé comme objectif d'atteindre le « bon état écologique des masses d'eau » en 2015. Dans la foulée du Grenelle de l'environnement, 600 stations d'épuration défectueuses étaient censées être mises aux normes…."

Webmaster, le 2013-06-30 12:07:43

Comme quoi la synergie avec l'agriculture est indispensable à tous les niveaux "Pesticides: risque chimique, mais aussi virologique" (http://www.journaldelenvironnement.net/article/pesticides-risque-chimique-mais-aussi-virologique,33731) ; l'usage de toilettes sans eau relève de l'évidence ! Extraits :
"Les pesticides présentent aussi un risque microbiologique
Les fruits et légumes pourraient être contaminés par du norovirus lors de l’application de pesticides, du moins si l’agriculteur dilue ces substances avec une eau insuffisamment propre, suggère une étude néerlandaise publiée dans l’International Journal of Food Microbiology.
Principaux agents de gastroentérites, les norovirus colonisent surtout les fruits et légumes lors d’un contact humain avec l’aliment. Mais pas seulement: qu’elle provienne d’un puits ou d’un cours d’eau, l’eau utilisée pour irriguer les cultures, si elle est souillée, peut aussi en être la source. Raison pour laquelle le Codex Alimentarius recommande aux agriculteurs de recourir à une «eau propre»… terme aux contours microbiologiques plutôt flous.
Autre voie possible de contamination, la dilution des pesticides avec de l’eau. C’est ce que suggère l’étude publiée par Katharina Verhaelen, de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (Bilthoven, Pays-Bas), et ses collègues: qu’ils s’agissent de fongicides ou d’insecticides, ces substances n’inhibent généralement pas la survie du norovirus. D’où le risque de voir ces pathogènes pulvérisés sur les cultures.
Les chercheurs ont étudié 8 pesticides sur le marché, dont 4 insecticides et 4 fongicides, qu’ils ont dilués d’un facteur 100 dans de l’eau contenant du norovirus. Ils ont ensuite testé la capacité du virus à infecter des cellules cultivées in vitro. Résultat: le virus n’était jamais inhibé, sauf avec l’insecticide Martivec -sans que les chercheurs sachent si cette inhibition était liée au principe actif, l’abamectine, ou à l’un des agents chimiques constituant l’adjuvant.
«L’eau utilisée pour diluer les pesticides, si elle contient du norovirus, pourrait être une source importante de présence de ce virus sur les produits frais», commentent les chercheurs. Alors que l’accès à l’eau propre est en passe de devenir un défi pour l’agriculture, «l’application de pesticides constitue non seulement un risque chimique pour la santé publique, mais aussi un risque microbiologique», ajoutent-ils.
Au-delà des virus, une étude publiée en 2005 avait montré que les bactéries et les parasites, bien plus sensibles aux pesticides, avaient moins de risque de contaminer la plante si la dilution était pratiquée peu avant l’application aux plantes. Or selon l’étude néerlandaise, c’est justement dans de telles conditions que le norovirus a le plus de chances de survivre. Virus ou bactéries, il faut choisir…"

Webmaster, le 2013-06-30 16:32:58

Encore un exemple des conséquences de l'utilisation d'un modèle qui a déjà largement fait les preuves de sa stupidité : "Les eaux usées des hôpitaux à l'origine de résistances aux antibiotiques" (http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/les-eaux-usees-des-hopitaux-a-l-origine-de-resistances-aux-antibiotiques-11-04-2013-1654083_57.php). Extraits :
"Même à très faibles doses, les antibiotiques peuvent favoriser l'apparition de bactéries multirésistantes. Et mettre en échec le traitement des infections. Les antibiotiques présents dans les eaux usées favorisent l'émergence de bactéries résistantes.
On sait depuis longtemps que le recours trop fréquent aux antibiotiques est à l'origine de l'apparition de souches de bactéries résistantes à ces médicaments. D'où les campagnes contre la prescription "automatique". On sait aussi que l'administration de ce type de traitement au bétail, pour favoriser sa croissance (une pratique désormais interdite en Europe), a les mêmes conséquences. Mais une étude de chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris et du CNRS - publiée sur le site de Plos Genetics - révèle que, même à très faibles doses, les antibiotiques peuvent augmenter l'apparition de résistances chez des bactéries pathogènes. Des doses que l'on trouve par exemple dans les eaux usées des hôpitaux ou chez des malades hospitalisés et exposés aux "poudres d'antibiotiques" présentes dans l'environnement.
Conséquence : "le succès du traitement des infections de plus en plus aléatoire", rappelle le professeur Didier Mazel, chef de l'unité plasticité du génome bactérien. Et les médecins se trouvent dans une véritable impasse thérapeutique. C'est particulièrement le cas en milieu hospitalier, où des bactéries multirésistantes sont fréquentes et impliquées dans les infections nosocomiales.
Réponse SOS
L'équipe du professeur Mazel a montré que de faibles concentrations d'antibiotiques appartenant à la famille des aminoglycosides (utilisées dans le milieu hospitalier pour traiter de nombreuses infections) favorisent l'acquisition de gènes de résistance chez plusieurs bactéries pathogènes, telles que Vibrio cholerae, l'agent infectieux du choléra, ou encore Klebsiella pneumoniae, responsable d'infections respiratoires. Les chercheurs expliquent ce phénomène par le mécanisme suivant : les concentrations d'antibiotiques, même 100 fois moins élevées que celles mortelles pour les bactéries, déclenchent une réponse de stress chez ces micro-organismes. Appelée réponse SOS, elle intervient lorsque l'ADN (support de l'information génétique) bactérien se retrouve menacé et elle favorise l'apparition de gènes de résistance.
Pour le professeur Mazet, il est donc nécessaire d'agir sur les facteurs qui mènent au déclenchement de cette réponse SOS. Et notamment sur une "niche de sélection" particulièrement efficace : les eaux usées sortant des hôpitaux. Comme tous les autres rejets liquides collectés, elles sont traitées et recyclées avant d'être rejetées dans l'environnement. C'est ainsi que sont parfois disséminées des bactéries devenues multirésistantes au contact des antibiotiques. "Il faudrait peut-être piéger les antibiotiques présents dans l'eau à la sortie des hôpitaux, avant de mélanger ces liquides avec les autres eaux usées", suggère le professeur Mazet. Une chose demeure certaine : tous les moyens de lutte contre l'antibiorésistance doivent être rapidement envisagés si l'on veut pouvoir encore bénéficier longtemps de ces médicaments extraordinaires."

Webmaster, le 2013-07-21 07:52:23

L'agroforesterie, cela fait partie d'un nouveau paradigme pour l'agriculture. Cf. "Replanter des arbres : un nouveau modèle économique" (http://www.bfmtv.com/planete/replanter-arbres-un-nouveau-modele-economique-562844.html). Extraits :
"Il fut un temps où les arbres et les cultures faisaient très bon ménage. La pratique avait été délaissée après guerre avec l'apparition de l'agriculture intensive. Mais depuis quelques années, l'agroforesterie renaît dans le monde mais aussi en France. Pur Projet et Vittel ont décidé de s'associer pour replanter des arbres dans le bassin vosgien. Et les enjeux ne sont pas qu'environnementaux."

"Des arbres qui dépolluent
"L'arbre, c'est l'investissement le plus rentable que l'on puisse faire sur terre, 48 % au minimum" rappelle Tristan Lecomte le co-fondateur de Pur Projet. Et agir en France prend un autre sens. Certains Français le réclament d'ailleurs en estimant qu'il est nécessaire d'agir chez nous aussi. Ces arbres ont de grandes vertus. C'est ainsi que l'impact du réchauffement climatique sur les cultures est limité par l'ombrage des arbres, qui retarde l'évaporation. La présence d'arbres profite également aux oiseaux. Ils reviennent combattre les rongeurs ou insectes nuisibles à la nature. Plus besoin dans ces conditions de produits chimiques.

Enfin, selon l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), "les racines des arbres non seulement participent à la conservation des sols en freinant l'érosion, mais jouent aussi le rôle de filtre naturel en réduisant la pénétration des polluants dans les sous-sols et nappes phréatiques." L'eau et l'arbre sont donc très dépendants. 50 à 100 arbres maximum par hectare suffisent. Et pourtant les bienfaits de l'arbre en matière de dépollution ne sont pas assez mis en avant, selon Tristan Lecomte. Les agriculteurs eux-mêmes doivent encore en être convaincus. Les habitudes ont été modifiées depuis longtemps. Comme l'explique Christophe Klotz, "il faut leur réapprendre mais nous ne sommes pas là non plus pour les embêter.""

Webmaster, le 2013-10-11 08:06:37

Bien peu semblent réaliser "qu'on est sur une bombe" avec la pollution chimique quelle que soit son origine, domestique, industrielle ou agricole, que le changement climatique aggravera la situation, et qu'il faut réagir en amont en changeant nos modèles ! Cf. "Hérault : l'eau potable serait-elle contaminée par les médicaments ?" (http://www.midilibre.fr/2013/10/06/cette-eau-contaminee-par-les-medicaments-une-proposition-de-loi-aux-vertus-ecologiques,766440.php). Extraits :
"Sur la base d’une expérimentation à Saint-Just (Hérault), un ex-directeur de clinique héraultais part en croisade contre cette pollution invisible.
C’est une pollution invisible, sournoise. "85 % des médicaments que nous ingérons sont rejetés via les urines et les selles", explique Eric Blin, à la tête d’un programme baptisé Libellule lancé il y a trois ans à Saint-Just, aux portes de Lunel, à l’initiative de la Lyonnaise des eaux. L’idée : installer une zone humide sur un hectare et demi au débouché d’une station d’épuration, pour mesurer comment la biodiversité peut piéger les résidus médicamenteux et cosmétiques que n’avait pas retenus ladite station.

Des recherches en cours
Paradoxe apparent : en lieu et place de ce qui n’était auparavant qu’une friche prolifèrent aujourd’hui des plantes en tous genres, abritant ragondins et canards. Mais pour mieux leur faire absorber à leur tour tous ces polluants. Rien de très neuf : "Le roseau était utilisé par les Égyptiens pour épurer l’eau", souffle un ingénieur de la Lyonnaise des eaux, Jérôme Schuehmacher. Et on n’en sait guère plus qu’à l’époque : "Les labos sont capables d’aller chercher ces micropolluants dans l’eau, pas dans les plantes, tout ça est nouveau." Mais les analyses progressent, et un projet associé à Libellule devrait y contribuer. Nom de code : Zhart, pour zone humide artificielle. Dans une grande serre, au Cailar (Gard), Lyonnaise et laboratoires affinent l’expérimentation de Saint-Just.
Les géants du secteur de l’eau commencent à s’en préoccuper, sur fond de communication soignée mais à petite échelle. "On a voulu anticiper sur la réglementation de l’eau", qui devrait se durcir sur les médicaments, explique Jérôme Schuehmacher. Les lobbys travaillent à ralentir l’ouvrage. Trois substances pharmaceutiques - deux hormones de synthèse et l’anti-inflammatoire diclofénac - auraient dû être ajoutées par l’Europe, cet été, à la liste des molécules à surveiller. Patatras. Des débats sur les seuils retardent l’avancée.

Les médicaments ne font pas encore partie des paramètres à analyser
Une station d’épuration en bon ordre de marche stoppe 80 % des micropolluants. Sur les 20 % - ou plus - qui repartent dans les rivières et les nappes, "un tiers des molécules ne sont pas retrouvées", assure l’ingénieur de la Lyonnaise, une fois l’eau passée dans les méandres de la zone humide.
Et quid des stations d’eau potable, qui à leur tour iront puiser dans les rivières et les nappes ? Les traitements par charbons actifs, ozonation et UV seraient plus efficaces. Mais les médicaments ne font pas partie des paramètres à analyser. Les associations 60 millions de consommateurs et France Libertés ont prouvé, au printemps, la présence de résidus médicamenteux dans l’eau du robinet et dans les eaux en bouteille.
Sans compter la dangerosité de cocktails de micropolluants. "Toute la chaîne alimentaire est touchée, de l’algue aux poissons, insiste Eric Blin. On constate des problèmes de reproduction, de poissons féminisés, à cause de ces cocktails qui agissent comme des perturbateurs endocriniens."

De plus en plus de substances rejetées
Le temps presse, assure le Biterrois Olivier Toma, ancien directeur de clinique reconverti dans une agence spécialisée dans l’expertise sanitaire, Primum Non Nocere. "On est sur une bombe, affirme-t-il. En chimiothérapie, on rejette les molécules dans l’eau, elles sont elles-mêmes cancérigènes." Olivier Toma souligne que "le seul système" efficace, le procédé Loïlyse, est utilisé au cancéropôle de Toulouse. Mais il coûte cher : 500 000 € l’appareil. Et sachant que "la chimiothérapie à domicile se développe et que ça se diffuse partout dans la société, il vaudrait mieux que les stations d’épuration le prennent en charge, plutôt que les hôpitaux".
Olivier Toma s’indigne du gaspillage de médicaments dans un pays, la France, qui en est gourmand. "Heureusement que la ministre de la Santé vient de proposer leur vente à l’unité", lance-t-il, scandalisé en revanche qu’aucun circuit n’existe pour recueillir les médicaments non utilisés par les établissements de santé. Et par les particuliers ? "Le réseau Cyclamed en récupère chaque année 14 000 tonnes." C’est dire le poids de tous ceux qui échappent à la récolte, conservés dans les placards, jetés à la poubelle ou dans les égouts... Une masse invisible. Insaisissable. Comme cette pollution de l’eau qui échappe à la réglementation, poisson trop vif nourri aux poisons médicamenteux.

Une proposition de loi aux vertus écologiques
Les zones humides, en aval des problèmes, n’empêchent pas de se pencher sur les parades à trouver en amont. C’est en tout cas l’idée du député UMP biterrois Elie Aboud, qui vient de déposer une proposition de loi visant à lutter contre l’impact des résidus médicamenteux sur l’environnement.

Le gouvernement vient d’obliger les laboratoires à mentionner le service médical rendu (SMR) sur les boîtes des médicaments, et non plus sur les seules notices à l’intérieur des boîtes, trop souvent ignorées. A ce SMR - qui mesure l’efficacité supposée d’un traitement -, Elie Aboud souhaite ajouter, toujours sur la boîte, un SER : autrement dit un service écologique rendu, qui renseignerait sur le niveau « d’élimination de ces produits dans la nature », indique le député. Les médicaments ingérés par l’homme se dégradent plus ou moins bien dans l’eau. Patients et médecins pourraient, si cette proposition de loi était retenue, choisir les produits en connaissance de cause.
Elie Aboud a été sensibilisé à cette question par Olivier Toma, directeur de l’agence biterroise Primum Non Nocere. S’inspirant d’une réglementation mise en place en Suède, Olivier Toma évoque une grille baptisée PBT (pour Persistance sur l’environnement, Biodégradation et Toxicité), allant de 1 à 9. A efficacité médicale égale, chacun aurait la possibilité de faire un geste pour l’environnement en optant pour le plus biodégradable."

Webmaster, le 2013-10-12 11:30:31

La solution, c'est d'abord de changer nos modèles, cf. "Eau : un bien pour lequel les gens vont s’entretuer ?" (http://french.ruvr.ru/2013_10_11/Eau-un-bien-pour-lequel-les-gens-vont-s-entretuer-3427/). Extraits :
"L’eau, cette source de vie sur notre planète, se transforme en une menace pour l’existence des Etats entiers. La population de la Terre augmentent et consomment de plus en plus de ressources naturelles. L’humanité risque de devoir faire face à une pénurie d’eau. Déjà aujourd’hui l’eau potable coûte plus cher que le pétrole. La soif pourrait être à l’origine des changements sur la carte politique du monde.
C’est le réchauffement climatique que vit la Terre en ce moment. On peut longuement parler des causes qui font grimper les températures mais le constat est bien là : la température annuelle moyenne ne cesse pas d’augmenter. Selon les prévisions d’un groupe d’experts international, dans 100 ans les températures augmenteront de 1,5-4 C°. Il faut savoir qu’il suffit de deux degrés de plus pour que les glaciers commencent à fondre. Ce sera une catastrophe pour certains pays tels que ceux d’Asie centrale qui risquent une forte sécheresse, affirme le directeur du programme « Climat et énergie » du Fonds mondial pour la nature (WWF), Alexeï Kokorine.
« Un glacier accumule l’eau qui tombe sur la terre sous forme de neige, et la rend peu à peu. S’il y a un glacier, les fleuves ont un niveau d’eau plus ou moins acceptable pendant toute la période estivale. S’il n’y a pas de glacier, il y a une forte crue au printemps lorsque la neige fond dans les montagnes, mais ensuite il n’y a plus d’eau du tout. C’est bien s’il y a des installations hydrotechniques modernes mais ce n’est pas toujours le cas et en plus elles coûtent très cher. Dans ces pays-là ce genre d’installations existent mais elles sont désuètes. »
La construction de barrages donne lieu à des litiges interétatiques. Le Nil traverse une dizaine de pays dont chacun doit respecter des quotas. Mais c’est l’Egypte qui a le plus d’eau, une pratique datant de l’époque coloniale. Le Caire s’oppose invariablement à toute tentative de dénoncer des accords et d’augmenter les quotas en faveur des autres Etats. Aujourd’hui l’Egypte est en proie d’une crise interne. L’Ethiopie a donc décidé de profiter du moment. C’est sur le territoire éthiopien que se situe l’embouchure du Nil Bleu qui alimente le fleuve avec le Nil Blanc. Les Ethiopiens ont lancé la construction d’un barrage en expliquant qu’ayant une possibilité d’irriguer leurs terres ils pourraient renoncer à des aides internationales. Ce n’est pas au goût des Egyptiens qui sont prêts à défendre leurs droits sur l’eau les armes à la main.
Les pays qui semblent ne pas avoir de problèmes d’eau ne sont assurés non plus contre des agressions extérieures. La population de la Terre augmentent et consomment beaucoup trop de ressources naturelles. Selon les calculs des Nations unies, il n’y aura plus de pétrole dans 50 ans, plus de gaz dans 60 ans et presque la moitié de la population de la planète souffrira de la manque d’eau douce dans 10 ans. Ce sera alors une guerre.
Quelle est la solution ? Economiser l’eau et faire appel aux technologies pour éviter une catastrophe écologique. L’eau ne se transformera alors pas en un bien pour la possession duquel les gens vont s’entretuer."

Webmaster, le 2013-12-07 08:36:21

"Aller au petit coin sera demain un acte écologique", c'est une révolution nécessaire de nos systèmes d'assainissement, et elle doit se faire à tous les niveaux, cf. "À Amsterdam, des toilettes publiques changent l’urine en engrais" (http://www.wedemain.fr/A-Amsterdam-des-toilettes-publiques-changent-l-urine-en-engrais_a373.html). Extraits :
"La municipalité à installé dans les rues des toilettes qui permettent de générer un produit fertilisant en récupérant le phosphore contenu dans l'urine."

"Aux Pays-Bas, faire ses besoins dans la rue participe à l’économie circulaire. La municipalité d’Amsterdam vient d’installer des pissotières urbaines qui récupèrent l’urine… afin d’en faire de l’engrais. À l’origine du projet : les importants dégâts causés par l’accumulation du phosphore contenu dans l’urine sur les canalisations. « Quitte à l’enlever, nous nous sommes demandés si nous ne pouvions pas en faire quelque chose », raconte Peer Roojiman, responsable du traitement des eaux usagées de la ville. Le phosphore, qui fait partie des éléments de base de la plupart des engrais, est nécessaire à tout ce qui vit sur Terre, mais ses réserves sont limitées, et commencent à s'épuiser.
« Comme tout le monde en rejette chaque jour en allant aux toilettes, nous avons envisagé le récupérer. » Plutôt que de terminer aux égouts, le réseau de traitement installé sur ces urinoirs écologiques passe par un collecteur qui extrait phosphores et nitrates du précieux liquide. Ces éléments permettent de fabriquer du struvite, un cristal blanc dont les propriétés fertilisantes sont éprouvées depuis le XIXè siècle. L’engrais est ensuite distribué à des fermes locales.
La mairie estime que l’équivalent de 10 000 stades de foot de terres agricoles pourrait être fertilisé si la pratique se généralisait dans la ville. Aller au petit coin sera demain un acte écologique."

Webmaster, le 2014-03-06 06:02:51

On peut craindre l'impact de la hausse des températures des réseaux d'alimentation en eau potable sur le développement des pathogènes résistant aux désinfectants habituels de l'eau du robinet comme certaines mycobactéries, cf. "Le vinaigre, une nouvelle arme pour lutter contre la tuberculose ?" (http://www.maxisciences.com/tuberculose/le-vinaigre-une-nouvelle-arme-pour-lutter-contre-la-tuberculose_art32058.html). Extraits :

"Les mycobactéries sont connues pour provoquer la tuberculose et la lèpre, mais celles qui ne sont pas liées à la tuberculose sont courantes dans l’environnement, explique l’auteur principal de l’étude Howard Takiff, chef du laboratoire de génétique moléculaire de l’institut vénézuélien de recherche scientifique. On en retrouve même dans l’eau du robinet et elles sont résistantes aux désinfectants habituels".

Webmaster, le 2014-03-06 07:26:11

Quelle temporisation depuis la mise en place de ces systèmes d'assainissements pas conçus pour éliminer les micropolluants, et quelles quantités de micropolluants toxiques qui s'accumulent dans les sédiments et les biotes ! Et toujours les fuites en avant technologiques, énergétiques et financières, au lieu de revoir nos modèles en ciblant l'élimination complète de tous les micropolluants à la source, c'est-à-dire vraiment en amont, avant leur dilution avec d'autres effluents au sein des réseaux d'assainissement, cf. "Micropolluants de l'eau : en finir avec les résidus médicamenteux hospitaliers" (http://www.actu-environnement.com/ae/news/step-elimination-residus-medicaments-hospital-20965.php4). Extraits :
"Inaugurée récemment, la nouvelle station d'épuration de Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l'Allier vise à éliminer totalement les micropolluants, jusqu'alors rejetés dans le milieu naturel. Un choix notamment lié à la forte activité hospitalière de la commune."

"Pour remplacer son ancienne station d'épuration devenue obsolète, la commune de Saint-Pourçain-sur-Sioule (03) a choisi d'anticiper les futures normes sur les micropolluants. Elle s'est équipée d'une nouvelle Step d'une capacité de 9.000 habitants conçue par la société Ternois, capable d'éliminer par ozonation des molécules polluantes issues de l'activité humaine, et qui n'étaient jusqu'à présent pas incluses dans le traitement des eaux."

"Un choix qui n'est pas anodin puisque cette commune possède de nombreux hôpitaux et établissements hospitaliers qui produisent une charge très importante en micropolluants, notamment des résidus médicamenteux (médicaments cardio-vasculaires, antidépresseurs, antiépileptiques) et des hormones. Cet investissement de 4 millions d'euros devrait contribuer au bon état écologique de la Sioule, rivière qui traverse la commune de Saint-Pourçain avant de se jeter dans l'Allier. Les stations d'épuration n'ont pour le moment aucune obligation d'éliminer les micropolluants, et aucune subvention ne les encourage à s'équiper d'installations capables de les traiter."

"Cette extension, prise en charge par Degrémont, est une première en France. Aucune usine française ne s'était encore équipée d'une filière conçue pour éliminer les micropolluants de l'eau. Sur le plan européen, seule la Suisse s'était positionnée en précurseur dans la prise en compte de cette problématique qui devient un enjeu de santé publique. En s'y adaptant également, la France anticipe une réglementation qui sera sans doute contraignante. Déjà depuis 2009, la Directive-cadre Européenne sur l'Eau impose aux stations d'épuration de quantifier les micropolluants rejetés à la sortie. L'Europe a listé 41 substances dites prioritaires ou dangereuses prioritaires qui doivent être réduites ou éliminées du milieu d'ici 2015 et 2021 selon leur dangerosité. La mise à contribution des usines de traitement des eaux dans l'identification des micropolluants est un dispositif fondamental qui permettrait de les éliminer en amont au niveau industriel."

"Les micropolluants sont des substances organiques ou minérales toxiques dont l'accumulation impacte le milieu et les organismes. Ces substances, rejetées par différents secteurs d'activité, se retrouvent dans les eaux usées traitées par les stations d'épuration. Or, à ce jour, compte tenu de la difficulté d'éliminer ces micropolluants du fait de leur multiplicité, les Step n'ont aucune obligation de donner des garanties chiffrées de leur élimination en sortie."


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