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Carte de qualité des rivières : les micropolluants hors pesticides cumulés dans l’eau en 2007 (HAP, PCB, autres substances de synthèse et métaux)


L'objectif des cartes présentées dans cet article est de montrer, à partir des données brutes disponibles, tout ce qu'il y a comme micropolluants autres que les pesticides de synthèse dans l'eau. Nous essayons d'évaluer la contamination, non pas substance par substance, mais par l'ensemble des micropolluants hors pesticides présents simultanément dans un même prélèvement d'eau. Des cartes de qualité substance par substance dans l'eau ou dans les sédiments sont élaborées dans d'autres articles pour zoomer sur certains micropolluants présentant un intérêt particulier.

Les micropolluants sont des substances soit organiques soit minérales. On les classera schématiquement dans les deux familles respectives des "micropolluants synthétiques" (toutes les substances organiques produites par les activités humaines) et des "métaux" (au sens large : métaux, métalloïdes et autres).

La présence des micropolluants synthétiques dans les milieux naturels est intégralement liée aux activités humaines. La référence est donc pour eux "zéro contamination".
Le cas des HAP est en réalité un plus complexe car si l'homme est responsable de la plupart des contaminations (chimie, déversements et fuites d'hydrocarbures et d'huiles usagées, combustion de carburants fossiles, production de gaz, raffinage du pétrole, préservation et traitement du bois, chauffage au bois, brûlis, eaux de ruissellement des routes et parkings asphaltés, industrie métallurgique, industrie du caoutchouc, gaz d'échappement automobile, production d'électricité en centrales thermiques, incinération de déchets, fabrication de papier goudronné, etc.), elles peuvent aussi avoir une origine naturelle (feux de forêts, décomposition de la matière organique dans les sols, sols bitumineux).
Certains métaux aussi peuvent exister à l'état naturel (fond géochimique). Mais leur présence dans l'eau est, comme pour les HAP, largement liée aux activités humaines (voir par exemple Aperçu de la pression sur la ressource en eau (1) : Micropolluants chimiques).

Les micropolluants synthétiques utilisés, ou ayant été utilisés autrefois, expressément pour leur pouvoir biocide regroupent les phytosanitaires (biocides à usage agricole) et quelques biocides à usage domestique ou industriel. Nous les avons regroupés car il est souvent impossible d'en séparer les usages réels. Ces substances synthétiques biocides font l'objet de l'article Carte de qualité des rivières : les pesticides cumulés dans l’eau en 2007.
Les autres micropolluants synthétiques, ceux qui ne sont pas utilisés pour leur pouvoir biocide, peuvent néanmoins avoir un effet biocide plus ou moins important à court terme (mortalité, maladies, etc.) ou à moyen et long terme (extinction d'une espèce par féminisation, mutations, dégénérescence, etc.). Ils font l'objet, ainsi que les métaux, de cet article.

Ci-dessous un petit schéma explicatif (les "pesticides" évoquent le secteur de l'agriculture intensive, tandis que les "micropolluants hors pesticides" évoquent celui de la chimie) :



Notre objectif est de montrer tout ce qu'il y a dans l'eau comme micropolluants susceptibles d'impacter la biodiversité. Nous ne pouvons donc séparer les métaux des substances organiques qui leur servent de chélatant et de transporteur pour les conduire à l'intérieur des cellules vivantes et parfois même à l'intérieur de leur noyau où ils peuvent avoir un effet délétère. C'est pourquoi nous avons réalisé l'article Carte de qualité des rivières : Tous les micropolluants cumulés dans l’eau en 2007.
Les présentations séparées des micropolluants synthétiques utilisés comme biocides (pesticides) et des autres micropolluants présents dans l'eau ont simplement pour objectif de répondre à certaines interrogations sur l'impact réel que chacun de ces deux groupes peut avoir sur l'état chimique des eaux.

On peut classer les micropolluants hors pesticides dans 4 familles chimiques : les HAP, les PCB, les autres substances organiques (Phtalates, Polybromodiphényléther, etc.) et les métaux. Parmi les métaux, le cuivre est encore utilisé pour son effet biocide dans l'agriculture (bouillie bordelaise), mais il est actuellement de plus en plus remplacé par des fongicides de synthèse.

Les mesures des micropolluants en général sont extrêmement hétérogènes selon les endroits pour une même année de mesure. Cela concerne les périodes et les fréquences des mesures, mais aussi la nature et les nombres de substances recherchées ainsi que les limites analytiques pratiquées. Si bien qu'à une échelle nationale, la recherche de ces substances s'apparente plus à une pêche aléatoire qu'à une recherche systématique efficace.
A ce sujet, le lecteur pourra utilement consulter les articles de la rubrique Micropolluants chimiques, la note méthodologique Comment Eau-Evolution évalue les contaminations chimiques et la toxicité ainsi que l'index des substances chimiques.

Dans ce contexte, la réalisation d'une carte de qualité est assez périlleuse et ne peut donner qu'une image sous-évaluée et peu cohérente des contaminations réelles.
Eau-Evolution essaye néanmoins d'élaborer une indication des contaminations qui traduise le moins mal possible la réalité, tout en restant pragmatique face à la mauvaise qualité générale de ces données. L'objectif est que chacun puisse se faire au moins une idée de la réalité de la présence des micropolluants hors pesticides dans nos cours d'eau.

Deux points de vue distincts et complémentaires sont possibles pour décrire de façon globale la contamination par plusieurs familles chimiques de micropolluants d'un échantillon d'eau prélevé dans une rivière, et pour évaluer son impact possible sur la vie aquatique :
-le nombre de substances qui sont présentes simultanément dans un même prélèvement.
-la toxicité totale de ces substances dans un même prélèvement.

Beaucoup des micropolluants des familles des HAP, des PCB et des métaux ne sont pas ou peu solubles dans l'eau. On les trouve préférentiellement dans les matières en suspension et les sédiments sur lesquels ils s'adsorbent et se désorbent suivant les conditions du milieu (pH, température, etc.). S'ils sont peu présents dans l'eau filtrée, on peut néanmoins les trouver à des concentrations variables dans l'eau brute qui contient plus ou moins de particules solides organiques et minérales en suspension.


Méthodologie

Voir la méthodologie générale de réalisation des cartes dans Comment sont réalisées les cartes de qualité des rivières.

Pour les mêmes raisons que celles indiquées dans les articles de la rubrique Micropolluants chimiques, on peut légitimement considérer que, malgré les distinctions des codes remarques, toutes les limites analytiques présentées sont des LQ (limites de quantification).

Les calculs de qualité sont effectués avec Excel 2007. Les cartes de qualité sont réalisées en langage PHP.

Par souci de transparence, les points les plus pollués sont placés au-dessus et, s'ils occultaient ainsi les points les moins contaminés, avec une taille réduite par rapport à ces derniers. Le lecteur est invité à utiliser l'outil LES CARTES INTERACTIVES pour fabriquer des cartes plus personnalisées (sélection des seuils, des couleurs, des tailles, des stations à afficher, etc.).


Particularités des données

Les substances de synthèse, HAP, PCB et autres substances chimiques, sont mesurées, comme les pesticides, en eau brute.

Sur la question des doublons, à savoir une même substance chimique recherchée deux fois ou plus à la même date sur la même station, notre stratégie est, sauf cas particuliers, la suivante : privilégiant le point de vue patrimonial et non réglementaire sur l'état des eaux, il nous importe finalement peu que ces doublons soient liés à tel ou tel producteur ou réseau de données. Donc tant mieux si la même substance est recherchée deux fois à la même date. Il faut juste s'assurer que l'on ne la compte pas deux fois dans les nombres de substances quantifiées ou les nombres de substances recherchées. Pour cela, on élimine les doublons en conservant en priorité la valeur quantifiée maximale s'il y a des valeurs quantifiées, et on rassemble toutes les mesures effectuées à la même date comme faisant partie du même prélèvement sur la station concernée.

Pour ce qui concerne les métaux : rappelons qu'ils sont entendus au sens large (métaux lourds ou de transition et quelques métalloïdes, alcalino-terreux et autres). Nous n'avons pas intégré le fer dont la présence ne présente pas grand intérêt dans de telles cartes de contamination.
Sur la base des données de toxicité disponibles, les métaux mesurés en eau brute ne peuvent pas contribuer à la toxicité. Compte tenu du fait que très peu de métaux possédant des données de toxicité sont mesurés en eau filtrée à l'échelle de l'ensemble du territoire, la toxicité des métaux dans l'eau est donc très insuffisamment prise en compte.
Pour les quelques contributions à la toxicité du zinc et du cadmium, nous avons pris en compte les références de toxicité correspondant à une dureté peu élevée, la dureté n'était en effet pas disponible partout et la différence de toxicité est relativement modeste dans cette estimation de toxicité faite à partir de données disponibles aussi disparates.
Pour les quelques contributions à la toxicité des métaux, nous n'avons pas tenu compte du bruit de fond géochimique parce que -ces données n'étaient, sauf erreur, pas disponibles, -l'industrie chimique déverse beaucoup de ces métaux et -nous souhaitons estimer la toxicité réelle de l'eau tous micropolluants confondus et non pas une toxicité ajoutée.

Les concentrations sont exprimées en µg/L.


Calculs par station et sélection des points

Pour chaque station de mesure de la qualité de l'eau, on a calculé les valeurs maximales rencontrées en 2007 des deux variables associées aux deux points de vue énoncés plus haut. La valeur la plus élevée rencontrée dans l'année sur une station de mesure laisse augurer de l'ampleur des contaminations et de la gamme des autres valeurs susceptibles d'être mesurées tout au long de l'année sur cette même station.

Plus encore que pour les macropolluants, les mesures disponibles sur l'ensemble du territoire ne permettent pas de calculer des moyennes annuelles pertinentes de façon à compléter le point de vue donné par les valeurs élevées ce ces variables.

Nous présentons aussi quelques statistiques décrivant les substances quantifiées en 2007 :
-Les minimum, médiane, moyenne et maximum.
-Les nombres de quantifications totaux ainsi que ceux associés à des valeurs de toxicité plus ou moins élevées.
Pour les métaux, on a présenté les mesures en eau brutes et les mesures en eau filtrée sur des lignes différentes.

Les substances non quantifiées sont assimilées à 0 (nq=0) dans le total des doses toxiques, ce qui sous-évalue d'autant plus l'évaluation des contaminations que les LQ sont élevées.

Les limites analytiques, la fréquence des prélèvements, les nombres de substances recherchées dans un même prélèvement varient beaucoup selon les endroits.
On ne peut pas juger de la pertinence de la recherche en se limitant à une seule des conditions : LQ basses, fréquences des mesures élevées ou nombre de substances recherchées par prélèvement élevé. Il faut que ces trois conditions soient réunies. Qu'une seule d'entre elles ne soit pas respectée, et la recherche n'est pas pertinente. Les stations de mesures qui réuniraient toutes ces conditions sont très rares, voire inexistantes. C'est la raison pour laquelle il est impossible, à partir des données disponibles actuellement, de dresser une carte des contaminations vraiment pertinente à l'échelle nationale.

Compte tenu des disparités des protocoles de recherche des micropolluants, la sélection des stations ne peut donc se faire que de façon pragmatique en trouvant un compromis entre le nombre de stations sélectionnées et la pertinence la moins mauvaise de l'indicateur correspondant :
Pour chaque station, il s'agit de s'assurer qu'un effort de recherche minimum a bien été réalisé afin de ne pas lui attribuer une contamination faible purement artefactuelle.
Ceci a conduit Eau-Evolution à ne retenir que celles sur lesquelles il y a eu au moins un prélèvement de plus de 40 substances pendant l'année 2007 (ce qui exclut en particulier toutes les stations du bassin Adour-Garonne pour lesquelles d'ailleurs très peu de métaux et aucun HAP ne sont recherchés dans le support eau).
A cette sélection s'ajoutent bien entendu les stations significativement contaminées, même si l'effort de recherche n'a pas été suffisant, c'est-à-dire sur lesquelles on a, malgré la mauvaise qualité de la recherche, trouvé au moins 5 substances différentes dans un même prélèvement.


Les cartes de qualité

Les contaminations par les HAP, les PCB, les autres substances synthétiques et les métaux concernent a priori l'ensemble du territoire, même si certaines ne se rencontrent qu'en lien direct avec la présence de zones urbaines ou industrielles.

Nous avons donc choisi de superposer les deux fonds explicatifs Eau-Evolution qui soulignent les grandes zones agricoles, urbaines et industrielles en relation avec la qualité des eaux de surface.

Rappelons que ces cartes traduisent les méthodes d'évaluations patrimoniales indépendantes et affranchies de tout aspect réglementaire propres à Eau-Evolution, et que chacun est invité à apporter sa critique et sa contribution pour les améliorer.

Les nombre de micropolluants hors pesticides présents simultanément dans un même prélèvement

De façon à pouvoir estimer au mieux le nombre de micropolluants hors pesticides présents simultanément, voici 3 cartes réalisées avec les mêmes valeurs par station, mais présentées avec des seuils (couleur noire) croissants égaux respectivement à 5, 10 et 15 micropolluants différents quantifiés dans un même prélèvement d'eau :









Le nombre de micropolluants présents dans un même prélèvement en 2007 atteint la valeur maximale de 38 substances.

Suivant les stations, on trouve proportionnellement plus de substances synthétiques, ou plus de métaux, ou autant de chaque groupe.
Les niveaux des concentrations quantifiées pour chaque substance sont détaillés dans un tableau présenté plus bas.


La toxicité totale des micropolluants hors pesticides dans un même prélèvement

Nous présentons ici la toxicité potentielle de type chronique (LTC) des substances. Comme pour les concentrations, la valeur la plus élevée rencontrée dans l'année laisse augurer de la gamme des autres valeurs susceptibles d'être mesurées tout au long de l'année. La "dose toxique" correspondant à une substance LTC dans un prélèvement donné est très logiquement le nombre de fois que sa concentration mesurée y dépasse sa LTC. Le "bon état toxique" est alors défini par : la moyenne des cumuls des doses toxiques de toutes les substances LTC mesurées à différentes périodes de l'année doit rester inférieure à 1. La toxicité cumulée maximale par prélèvement présentée sur les cartes laisse augurer de ce que pourrait être cette toxicité cumulée moyenne si la qualité des mesures (fréquence, LQ, etc.) en permettait le calcul. Par ailleurs, une des cartes de toxicité présentée ci-dessous est réalisée à partir du seuil de "4 doses toxiques" qui correspond à l'ordre de grandeur d'une toxicité potentielle aigue (LTA) pour les espèces aquatiques (voir Comment Eau-Evolution évalue les contaminations chimiques et la toxicité).
Ci-dessous un petit rappel terminologique :



De façon à pouvoir estimer au mieux la toxicité totale des micropolluants hors pesticides présents simultanément, voici 3 cartes réalisées avec les mêmes valeurs par station, mais présentées avec des seuils (couleur noire) croissants égaux respectivement à 4, 8 et 12 doses toxiques cumulées dans un même prélèvement d'eau :









La toxicité totale des micropolluants hors pesticides présents dans un même prélèvement en 2007 atteint la valeur maximale de 31212 doses toxiques (les toxicités très élevées proviennent le plus souvent des HAP).

Les zones les plus concernées par les micropolluants hors pesticides en 2007

Ci-dessous, les zones qui sont, toujours bien entendu à partir des données brutes disponibles et des méthodes d'évaluation Eau-Evolution, les plus concernées par les micropolluants hors pesticides en 2007.

Le point de vue du nombre de micropolluants cumulés traduit le mieux selon nous, compte tenu de l'hétérogénéité des données de qualité et de l'insuffisance des données de toxicité, la contamination et le potentiel de toxicité réels des eaux :



La taille des points est proportionnelle aux valeurs de façon à ce que l'on distingue plus nettement les zones concernées.

Il ne faut pas oublier que la disparité géographique des protocoles de mesure rend toute comparaison sujette à caution.


Des statistiques sur les substances quantifiées en 2007

Ci-dessous, quelques chiffres pour caractériser les concentrations rencontrées des micropolluants hors pesticides qui ont été quantifiés au moins 5 fois en 2007. Cela représente 94 des 150 micropolluants qui ont pu être quantifiés.

Ces statistiques sont données uniquement à titre indicatif car elles n'ont pas beaucoup de sens à ce niveau si global où rien n'est vraiment représentatif de rien (représentativité hydro-spatiale de l'échantillon des stations, irrégularité et insuffisance chronique des fréquences de mesures, des limites analytiques, etc.). Elles doivent encore être réalisées, et de façon représentative à tous points de vue, sur chacun des groupes de stations agricoles et/ou urbaines et industrielles identifiés dans les zonages Eau-Evolution pour prendre tout leur sens et permettre de déceler des évolutions éventuelles.

Les substances sont présentées par ordre alphabétique pour les retrouver plus facilement. Au lecteur le choix de les classer comme il le souhaite : parmi les plus quantifiées ou avec des valeurs toxiques quantifiées les plus élevées.

Toutes les concentrations sont exprimées en µg/L.

Pour chaque substance, on a calculé les minimum, médiane, moyenne et maximum des concentrations quantifiées. On a aussi calculé le nombre de mesures quantifiées, en précisant combien parmi ces mesures sont élevées en valeurs toxiques. Ces proportions sont exprimées en % du nombre total de mesures quantifiées :

___________Nom____________Min q__Méd q__Moy q__Max q__Nb q__dont>=0,3 dos. tox_dont>=1 dos. tox
3-chloropropène0,30,50,50,920100%95%
4-n-nonylphénol0,250,350,50,9180%0%
4-Nonylphénol ramifié0,10,20,47,8669100%38,4%
4-nonylphenols ramifiés0,10,340,55,1363100%63,6%
4-tert-butylphénol0,040,10,21,4540%0%
4-tert-Octylphenol0,040,080,10,320100%50%
4-t-Nonylphenol-diethoxylate111,3250%0%
Acénaphtène0,0050,010,031,394471,6%0,4%
Acénaphtylène0,0050,009650,060,472416,7%4,2%
Aluminium (eau brute)0,191221,94460034570%0%
Aluminium (eau filtrée)24882,86302160%0%
Anthracène0,0050,010,020,2722316,1%4%
Antimoine (eau brute)111,781700%0%
Antimoine (eau filtrée)2,52,52,52,5250%0%
Argent (eau brute)0,050,10,41,9110%0%
Arsenic (eau brute)0,51,53,46912650%0%
Arsenic (eau filtrée)0,453,779469,1%69,1%
Baryum (eau brute)530,8540,943415080%0%
Baryum (eau filtrée)0,0122,529,216011457,9%12,3%
Benzène0,20,310,6260%0%
Benzo(a)anthracène0,00490,010,0391219100%99,9%
Benzo(a)pyrène0,0010,010,021,94271822,3%5,6%
Benzo(b)fluoranthène0,0050,010,038,3208179,7%17,8%
Benzo(g,h,i)pérylène0,0020,010,021,091507100%100%
Benzo(k)fluoranthène0,0050,010,023,199573,9%14%
Béryllium (eau brute)0,040,080,25650%0%
Béryllium (eau filtrée)1010101025100%100%
Bore (eau brute)43061,1310015730%0%
Bore (eau filtrée)155061,31603925,6%0%
Bromoforme0,560,88512,1100%0%
Butyl benzyl phtalate0,010,020,051,78930%0%
Cadmium (eau brute)0,150,419,21880%0%
Cadmium (eau filtrée)0,020,050,344983,7%34,7%
Chloro-4 Méthylphénol-30,0050,0090,030,5400%0%
Chloroforme0,20,541,12513935,3%5%
Chloronitrobenzène-1,20,080,1450,20,3160%0%
Chlorophénol-20,130,180,20,3250%0%
Chlorophénol-40,0050,010,020,11000%0%
Chrome (eau brute)0,512,51627960%0%
Chrome (eau filtrée)0,1107,11810071%67%
Chrysène0,0050,010,021,981798100%95,8%
Cobalt (eau brute)0,30,71,2101990%0%
Cobalt (eau filtrée)0,050,24,5105791,2%43,9%
Cuivre (eau brute)0,52,33,76913190%0%
Cuivre (eau filtrée)1,685033,9170102100%100%
Décabromodiphényl oxyde/éther0,50,91,15,46188100%100%
Dibenzo(a,h)anthracène0,0050,010,041,899100%100%
Dibutylétain0,0040,010,020,52644,5%1,9%
Dichloroéthane-1,10,514,515,170%0%
Dichloroéthylène-1,2 cis0,20,521,713,3640%0%
Dichlorométhane1,216,631,85107689,5%38,2%
Dichloronitrobenzène-2,40,050,070,31,1990%0%
Dichlorophénol-2,40,060,090,10,3790%0%
Dioctylstannane0,0050,010,023,94140%0%
EDTA15,36,625270%0%
Etain (eau brute)1482241650%0%
Etain (eau filtrée)1010101025100%100%
Ethyl hexyl phthalate0,051,55212155488,5%57,1%
Fluoranthène0,0050,010,037,16378324,3%4,2%
Fluorène0,0050,010,030,733873,1%1%
Hexachlorobenzène0,0010,0020,0050,032128,6%23,8%
Indéno(1,2,3-cd)pyrène0,0020,010,021,11460100%100%
Manganèse (eau brute)13063,5404032520%0%
Manganèse (eau filtrée)1,212,325110590%0%
Mercure (eau brute)0,020,030,183680%0%
Mercure (eau filtrée)0,0050,010,060,662835,7%21,4%
Méthyl-2-Fluoranthène0,0050,010,030,132433,3%8,3%
Méthyl-2-Naphtalène0,0050,010,032,577510,3%0,1%
Méthylphénol-20,050,080,10,38170%0%
Molybdène (eau brute)0,51,3568,32400%0%
Molybdène (eau filtrée)1010101125100%100%
Monobutylétain0,0030,0060,0233050%0%
n-Butyl Phtalate0,020,10,23,79550%0%
Nickel (eau brute)0,534,321632850%0%
Nickel (eau filtrée)0,624130124521,8%0,9%
Nonylphénols0,040,210,37,8221092%35,1%
Octylstannane0,0050,020,030,212020%0%
p-(n-octyl) phénol0,10,1350,20,38100%100%
PCB 1260,0020,0030,0030,00570%0%
PCB 280,0010,0020,0050,029100%100%
PCB 350,0010,0030,0050,0110100%100%
Pentabromodiphényl oxyde/éther0,010,10,10,5712100%100%
Pentachlorobenzène0,0020,010,050,291573,3%66,7%
Phénanthrène0,0050,010,02524679,7%2,4%
Phenyltin0,0050,010,040,34710%0%
Phosphate de tributyle0,050,070,441230%0%
Plomb (eau brute)0,21,32,817036180%0%
Plomb (eau filtrée)0,1107,69941069,3%62,2%
Pyrène0,0050,020,0630,85225593,5%31,2%
Sélénium (eau brute)112,2152180%0%
Sélénium (eau filtrée)101010,11226100%100%
Tellurium (eau brute)111,32550%0%
Tellurium (eau filtrée)10101010250%0%
Tétrabutylétain0,0050,020,030,185910%0%
Tétrachloréthène0,20,60,84,981833,3%0%
Tétrachlorure de carbone0,522,72,85,91520%0%
Thallium (eau brute)0,113,91890%0%
Thallium (eau filtrée)1010101025100%100%
Titane (eau brute)0,759,93266760%0%
Titane (eau filtrée)1,1106,51048100%75%
Toluène0,211,37,8340%0%
Trichlorobenzène-1,2,30,010,30,30,62564%48%
Trichlorobenzène-1,2,40,00540,010,050,54513,3%2,2%
Trichloroéthane-1,1,10,20,720,93350%0%
Trichloroéthylène0,20,971,7128515,3%2,4%
Trichlorophénol-2,4,50,00250,00470,0080,06180%0%
Trichlorophénol-2,4,60,00250,00480,021,22470%0%
Tricyclohexylétains0,0050,010,010,04120%0%
Trioctylétain0,010,020,12,1290%0%
Triphénylétain0,0050,020,030,22470%0%
Uranium (eau brute)0,20,91,1192560%0%
Vanadium (eau brute)0,524654850%0%
Vanadium (eau filtrée)135,41056100%100%
Xylène0,020,410,82,470%0%
Zinc (eau brute)1111819322610%0%
Zinc (eau filtrée)1,950105,54480152100%97,4%

Ainsi par exemple, 3783 analyses de Fluoranthène ont été quantifiées dans l'eau des rivières mesurées en métropole durant l'année 2007. Les concentrations quantifiées allaient de 0,005 µg/L à 7,16 µg/L (la LTC du fluoranthène est de 0,1 µg/L et sa LTA est de 1 µg/L). 4,2% de ces 3783 analyses quantifiées dénotaient une toxicité potentielle d'au moins 1 dose toxique (LTC).

Quelques commentaires

Ces cartes décrivent une contamination cumulée par principe sous-évaluée (LQ, fréquences, périodes, nature et nombres de substances recherchées, etc.). Et c'est d'autant plus le cas pour l'évaluation de la toxicité cumulée puisque seules 2/3 (plus exactement 97 parmi les 150, et sans tenir compte du fait que la plupart des métaux avec donnée de toxicité ne sont pas mesurés en eau filtrée donc ne comptent pas) des substances quantifiées en 2007 possèdent une donnée de toxicité (NQE ou NQEp).
Et cette contamination est d'autant plus sous-évaluée que les micropolluants émergents d'origine domestique et industrielles ne sont pas recherchés (stéroïdes, antibiotiques, etc.). Sans compter non plus l'infinitude des produits de dégradation qui, même lorsqu'ils ont une existence éphémère, peuvent impacter la vie aquatique.

Il ne faut pas trop chercher à comparer de façon rigoureuse les contaminations d'un grand bassin Agence de l'eau à l'autre et souvent d'une station à l'autre au sein d'un même bassin car les protocoles de recherche sont trop hétéroclites. Nos critères de sélection, pourtant peu contraignants, ont d'ailleurs conduit à ne pas sélectionner l'ensemble des stations du bassin Adour-Garonne.
La seule chose que l'on peut affirmer, c'est que la contamination réelle maximale d'une station est certainement plus importante que la contamination maximale indiquée dans la carte. Et que la vraie toxicité in situ pour les organismes aquatiques n'est pas connue, mais est certainement une réalité qui grève leur équilibre et leur maintien à long terme.

Notons la contamination généralisée des eaux, y compris dans les zones montagneuses, par les HAP. Ceux-ci sont très toxiques substance par substance et certainement encore plus lorsqu'ils sont en cocktail avec des métaux par exemple. Cette contamination paraît extrêmement inquiétante, d'autant plus que la fiche HAP 2006 de l'Ineris conclut : "L’objectif de rejets anthropiques nuls semble extrêmement difficile à atteindre, au moins à court terme, notamment à cause de l’omniprésence et de l’importance des rejets. Les rejets atmosphériques liés au transport automobile ou au chauffage urbain semblent ainsi particulièrement difficiles à réduire. En outre les cokeries, même si elles appliquaient les meilleures techniques disponibles actuelles, resteraient significativement émettrices de HAP".

Les cartes ci-dessus montrent que les micropolluants hors pesticides contribuent forcément à la perte de biodiversité dans les milieux aquatiques mais aussi dans les milieux terrestres anthropisés car toutes les espèces, aquatiques comme terrestres, ont besoin d'eau pour vivre.


Création : 15 janvier 2010
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