Voir l'état des eaux et son évolution - rivières et aquifères

A partir des données brutes mises à la disposition du public, des citoyens élaborent et partagent une information indépendante sur l'état de l'environnement

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Les données sur l’eau douce continentale : des producteurs aux utilisateurs


Les données sur l’eau permettent de connaître l’état des milieux et de définir et de mesurer les effets des politiques publiques.
Pour permettre la connaissance, la gestion et l’évaluation à l’échelle d’un petit bassin versant comme au niveau européen, ces données doivent être homogènes en quantité comme en qualité. C’est l’objectif du Système d’Information sur l’Eau (SIE) piloté par l’Onema.

Le schéma ci-dessous présente de façon synthétique le circuit des données brutes des producteurs aux utilisateurs :


Chacun des objets de ce graphique est commenté dans la suite de l’article.

Types de données brutes sur les milieux naturels

Eaux superficielles

  • Données sur la quantité : débits des cours d’eau, niveau des lacs et plans d’eau
  • Données sur la qualité : qualité physico-chimique, microbiologique et radiologique des eaux des cours d’eau, lacs et plans d’eau
  • Données sur la vie aquatique : plantes aquatiques, diatomées, micro-invertébrés et poissons des cours d’eau, lacs et plans d’eau

Eaux souterraines

  • Données sur la quantité : niveau (piézométrie) des aquifères superficiels et profonds
  • Données sur la qualité : qualité physico-chimique, microbiologique et radiologique des aquifères superficiels et profonds

Les producteurs de données

L’acquisition des données se fait au travers de réseaux de mesure, regroupant des stations de mesure à vocation homogène :
  • Réseaux de surveillance, pour la connaissance générale de l’état des eaux. C’est l’objectif du réseau de Contrôle de surveillance générale de la DCE. Les réseaux de connaissance générale ont été mis en œuvre à l’origine par les agences de l’eau (RNDE)
  • Réseaux d’usage, pour contrôler l’aptitude de l’eau à un usage (eau potable, baignade, conchyliculture, etc.). Par exemple, le réseau SISE-EAUX dédié au contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine. Il a été mis en place par le Ministère de la Santé
  • Réseaux d’impact, pour surveiller une pollution excessive, l’impact d’une activité polluante ainsi que l’efficacité des mesures prises pour y remédier. C’est l’objectif du réseau de Contrôle de surveillance opérationnel de la DCE. Les réseaux régionaux phytosanitaires, par exemple, ont été créés en 1997 pour mesurer les impacts des produits phytosanitaires sur les eaux ainsi que l’efficacité des actions de prévention et de réduction des pollutions
La banque DISC’EAU permet d’accéder aux fiches descriptives de la plupart des réseaux de données.

Les référentiels analytiques et géographiques

L’homogénéité des données nécessite la mise en place de métadonnées qui sont des données décrivant les jeux et les sources de données.
C’est le SANDRE (Service d’Administration Nationale des Données et Références sur l’Eau) qui élabore le langage commun des données sur l’eau du SIE.

Les référentiels géographiques

  • Le référentiel géographique hydrographique BD Carthage pour le repérage spatial des milieux aquatiques superficiels
  • Le référentiel géographique hydrogéologique BD RHF® pour le repérage spatial des eaux souterraines
  • Le référentiel DCE est un référentiel géographique commun à tous les Etats membres de la DCE. Il sert à la gestion et au reporting pour la Commission Européenne. Il est basé sur : les districts hydrographiques (unités principales de gestion des bassins hydrographiques) et les masses d’eau (parties distinctes et significatives des eaux de surface ou souterraines). Il y a des masses d’eau rivière, masses d’eau plan d’eau, masses d’eau de transition, masses d’eau côtière et masses d’eau souterraine
  • Le référentiel des Zonages qui référence en particulier les zonages réglementaires : Zones sensibles (Directive ERU), Zones vulnérables (Directive nitrates), Zones de répartition des eaux (problèmes quantitatifs), SAGE, etc.

Les référentiels analytiques et autres

OGRES regroupe tous les référentiels, excepté les référentiels géographiques. Il est la référence pour tout ce qui concerne les données d’analyse des eaux (méthodes, paramètres, unités, supports, etc.).

Les banques de données

Les données d’observation sont collectées dans les banques de données thématiques du SIE, dont par exemple :
  • Banque HYDRO : hydrométrie des cours d’eau
  • Banques de bassin : qualité des cours d’eau
  • Banque IMAGE (ancienne BDMAP) : populations piscicoles et milieux aquatiques
  • Banque ADES : piézométrie et la qualité des eaux souterraines
  • Banque PLUVIO : données pluviométrique (accès payant)
  • SISE-baignades : qualité des eaux de baignade
Il existe aussi beaucoup d’autres banques de données liées à l’eau : BASOL : pollution des sols. AGRITOX : propriétés physiques et chimiques, toxicité, écotoxicité, devenir dans l'environnement, données réglementaires des substances actives phytopharmaceutiques. Etc.

Les systèmes réglementaires d’évaluation de l’état des eaux

Le SEQ-Eau (Système d’Evaluation de la Qualité de l’eau) est dédié depuis 1999 à l’évaluation de la qualité des eaux des rivières, des plans d’eau, et des nappes souterraines.
Il produit des données synthétiques sur l’état des eaux. Il est basé sur l’aptitude de l’eau à assurer certaines fonctionnalités : maintien des équilibres biologiques, production d’eau potable, loisirs et sports aquatiques, aquaculture, abreuvage des animaux et irrigation.
L’évaluation de la qualité est réalisée au moyen d’une quinzaine d’altérations : nitrates, pesticides, etc., regroupant chacune plusieurs éléments de qualité. Le classement de la qualité se fait selon 5 classes représentées par une couleur, du bleu (très bon) au rouge (très mauvais).

Suite à la mise en place de la DCE, le système d’évaluation SEQ-Eau doit évoluer pour prendre aussi en compte une composante écologique liée au type de la masse d’eau. Le nouveau système d’évaluation, le SEEE (Système d’Evaluation de l’Etat des Eaux), est donc dédié à l’évaluation des masses d’eau. Il devrait faire l’objet d’un portail internet en 2009.

Les méthodes d’évaluation non réglementaires utilisent librement l’arsenal moderne des outils statistiques et d’analyse des données pour une connaissance plus approfondie de l’état des eaux et de son évolution.

Les utilisateurs des données

Les gestionnaires de l’eau

La gestion intégrée de l’eau, désormais par districts pour l’ensemble des Etats membres, nécessite de disposer de toutes les données brutes disponibles sur l’eau afin de produire, au travers de données synthétiques, une évaluation pertinente de l’état des eaux. Les outils SEQ-Eau et bientôt SEEE ont été mis au point à cette fin. Les données brutes aussi doivent être pertinentes, d’où la conception de programmes de mesure et de référentiels adaptés pour les données brutes.

Il existe des sites dédiés à la gestion intégrée de l’eau comme par exemple GEST’EAU dédié aux outils de cette gestion ; ce site donne accès aux principaux textes règlementaires ainsi qu’aux différents SAGES, contrats de rivières, contrats de nappes, périmètres de protection des captages d’eau, etc.
Il existe aussi de nombreux sites plus spécialisés (SIGES Aquitaine pour la gestion des eaux souterraines en Aquitaine, IMAGE pour la gestion environnementale, etc.).

Les particuliers et autres organisations

Ils sont, la plupart du temps, informés au moyen des données synthétiques produites par les services statistiques de l’Etat.
De Tchernobyl aux algues vertes, en passant par les PCB, il ressort une insuffisance récurrente en quantité comme en qualité de ces informations synthétiques.

En raison du droit du public à l’information et à la participation en matière d’environnement (voir l’article Les grands textes sur l'accès à l'information et la participation du public en matière d'environnement), les données brutes publiques relatives à l’état de l’environnement sont désormais consultables et téléchargeables.

L’objectif de Eau-Evolution est justement d’initier une démarche d'ouverture dans le domaine de l'évaluation de l'état des eaux à partir de ces données brutes (voir l’article L'information libre sur l'état des eaux).


Création : 2 juin 2009
Dernière actualisation :

Commentaires (fermés depuis mars 2014)

Cyrille WWF, le 2009-09-17 17:19:26

Là encore une très bonne synthèse du sujet "données sur l'eau en France", avec des définitions claires et nettes. On voit que l'auteur a une complète maîtrise du sujet et des enjeux afférents ou sous-jacents de ces données sur l'eau et de leurs usages.

Quel doit être le niveau d'intervention de l'Etat sur la question de la fourniture des données ?
=> a priori objectivité et transparence doivent guider les actions, pour rejoindre l'approche patrimoniale. Et à partir ces données patrimoniales : fournir un jeu de données réglementaires, et non avoir l'approche contraire. C'est à dire partir de l'objectif réglementaire, définir le dispositif et l'architecture (protocoles de prélèvements, fréquences, exhaustivité des molécules recherchées et de leurs métabolites, la toxicité de ces molécules, seuils analytiques,...) et s'en servir pour rendre compte et inscrire ces données qualifiées ensuite de patrimoniales. Ce site a au moins le mérite de nous ouvrir les yeux sur une réalité qui n'est pas celle affichée officiellement. Bravo pour ce travail et cette réflexion. Puisse ce site expert servir le plus grand nombre.


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