Voir l'état des eaux et son évolution - rivières et aquifères

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De la nécessité de mesurer parfaitement les flux polluants


La connaissance des flux polluants à l'aval des bassins versants, quelle que soit la taille de ces bassins versants, est essentielle pour gérer la ressource en eau continentale. Le calcul de ces flux est très exigeant au niveau des données brutes de qualité de l'eau, pour les macropolluants comme pour les micropolluants ; or ces données ne sont en général pas adaptées, voir par exemple les flux de nitrates dans la Vilaine ou l’inaptitude des données chimiques sur des cas concrets ou enfin cette synthèse sur l'état réel des données sur l'eau, les sédiments et les matières en suspension.

La connaissance des flux polluants est essentielle aussi pour gérer les eaux côtières et marines. Les écosystèmes marins sont en effet fortement impactés par les activités humaines à terre. C'est ce que montre entre autres l'intéressant Bilan de santé 2010 de la commission OSPAR qui présente de façon claire et complète l'état de santé actuel de l'Atlantique Nord-Est ainsi que les défis futurs à affronter pour le protéger. Le rapport de 177 pages signale à plusieurs reprises l'insuffisance de beaucoup de données, dont celles concernant les flux polluants.
Ci-dessous, un tout petit extrait des nombreux résultats présentés par OSPAR (pour rappel, la France est concernée par la Région II "Mer du nord au sens large" et la Région IV "Golfe de Gascogne et côte ibérique", et la convention OSPAR pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est doit son nom à la réunion des conventions d'OSLO et de PARIS) :
  1. Concernant les apports fluviaux et rejets directs annuels d'azote entre 1990 et 2006, il est précisé que "Les données sur la Région IV ne sont pas incluses dans la figure car elles sont incomplètes et ne conviennent pas à une évaluation des tendances". Concernant les apports aquatiques de métaux lourds, il est précisé que "L'importante variation quant à la surveillance par les pays d'OSPAR des fleuves et les données incomplètes sur les rejets directs ne permet pas de réaliser une analyse des tendances dans la Région IV". Concernant les teneurs environnementales de certains radionucléides provenant du secteur nucléaire, il est précisé que "Compte tenu du nombre faible de données pour la Région IV, peu de changements statistiques peuvent être déterminés". Etc.
  2. "Des substances dangereuses sont présentes dans l’eau de mer, les sédiments et les organismes marins dans l’ensemble de l’Atlantique du Nord-Est. À proximité des zones très peuplées et industrialisées, des teneurs dans les sédiments et les organismes marins peuvent menacer la vie marine et engendrer divers effets biologiques. La contamination du poisson et des mollusques et crustacés peut atteindre des niveaux tels qu’ils deviennent impropres à la consommation humaine".
  3. "La pollution historique des sédiments fluviaux, estuariens et marins représente une source continue des contaminants, en particulier quand les sédiments sont déplacés par les courants ou perturbés par les activités humaines".
  4. "Les pays OSPAR devront pleinement mettre en œuvre les mesures existantes afin de se rapprocher de l’objectif de cessation des rejets, émissions et pertes de substances dangereuses d’ici 2020. Il s’agit en particulier des mesures requises en vertu de la Directive IPPC de l’UE, de la Directive cadre sur l’eau et sa Directive fille de l’UE sur les substances prioritaires, et de la Directive cadre Stratégie pour le milieu marin de l’UE. La réduction à la source est encore importante et devrait se fonder sur le principe de précaution et le principe de prévention. Il faut poursuivre l’application des meilleures techniques disponibles (BAT) et des meilleures pratiques environnementales (BEP)".
  5. "Il faudra également développer plus avant le CEMP (Programme coordonné de surveillance continue de l’environnement) pour la surveillance et les évaluations futures en s’appuyant sur :
    -Une meilleure compréhension des effets des substances dangereuses, en particulier des effets cumulatifs et des perturbations endocriniennes.
    -Une meilleure surveillance des effets biologiques intégrée, le cas échéant, à la surveillance chimique.
    -L’extension des séries de données aux zones du large plus éloignées situées au-delà des côtes très industrialisées et très peuplées.
    -Un meilleur recueil des informations sur la production, l’utilisation et les voies de pénétration dans le milieu marin, en particulier pour les substances qui ne sont pas considérées comme des substances candidates à la surveillance marine.
    -L’utilisation des résultats des recherches sur les teneurs et les effets des substances dangereuses sur les espèces et les écosystèmes d’eaux profondes
    "
  6. "Les fleuves sont les principales voies de pénétration de l’excès de nutriments dans les Régions II, III et IV, recueillant des rejets directs à partir de sources ponctuelles, telles que les usines de traitement des eaux usées et l’industrie, et des apports provenant des eaux de ruissellement et de la lixiviation à terre essentiellement dus à l’agriculture. La quantité des nutriments provenant de sources telluriques varie selon l’utilisation de la terre et la densité de la population. Les sources ponctuelles sont généralement prédominantes dans les zones urbaines alors que les sources diffuses prédominent dans les zones agricoles. Celles-ci couvrent environ la moitié du territoire de nombreux pays OSPAR, atteignant 60% à 70% dans certains pays en bordure des Régions II et III. En raison du taux de renouvellement dans les sols et les sédiments, les nutriments peuvent être libérés dans le milieu marin des dizaines d’années après qu’on ait réduit leurs sources. Les substances dangereuses représentent un autre facteur confondant potentiel, certaines d’entre elles, comme les produits antisalissure, peuvent avoir un effet potentiel sur la croissance algale et donc sur l’eutrophisation. Le transport transfrontalier de nutriments par les courants océaniques est particulièrement important dans la Région II".
  7. Lorsqu’une substance dangereuse est progressivement abandonnée, dans de nombreux cas, elle est remplacée par d’autres produits chimiques. Ceci présente souvent un avantage pour l’environnement mais risque d’entraîner des problèmes nouveaux et inattendus si les propriétés des produits chimiques de substitution ne sont pas bien comprises. Les paraffines chlorées à chaîne moyenne (PCCM), par exemple, remplacent de plus en plus souvent les PCCC en vertu des restrictions de l’UE en 2002. Elles sont moins nocives que les PCCC mais sont encore préoccupantes car elles sont persistantes et s’accumulent dans le milieu marin. Il est absolument nécessaire de surveiller de près les niveaux des produits chimiques de substitution dans l’environnement car ils peuvent également présenter des risques pour l’environnement".
  8. "L’amélioration de l’état d’eutrophisation a progressé lentement :
    -Dans de nombreux cas, les mesures ciblant les sources de nutriments ont été prises plus tard que prévu.
    -Les écosystèmes peuvent prendre plusieurs années à réagir à des réductions de nutriments à la source, car les nutriments dans les sédiments et le sol risquent de contribuer aux budgets locaux de nutriment pendant longtemps.
    -Il s’avère que le transport transfrontalier de nutriments vers, et au sein de, la Région II contribue aux problèmes d’eutrophisation dans cette Région
    ".
  9. "Pour parvenir à un milieu exempt d’eutrophisation, les pays OSPAR devront :
    -Mettre pleinement en œuvre les mesures OSPAR et de l’UE pertinentes, dès que possible, Tableau 4.1 et encourager la prise en compte de l’eutrophisation marine lors de la mise en œuvre de la Directive Nitrates de l’UE.
    -Prendre si nécessaire des mesures supplémentaires (par exemple en utilisant des plans de gestion des bassins hydrographiques mis en place par la Directive cadre sur l’eau de l’UE) afin de s’attaquer aux sources responsables dans les zones à problème.
    -Coopérer afin de déterminer des objectifs de réduction des apports de nutriments appropriés pour les zones à problème individuelles.
    -Améliorer la surveillance et le recueil coordonné des données sur les sources, les apports et l’état environnemental afin d’informer des mesures
    ".
  10. "Les progrès réalisés en matière de protection d’autres espèces et habitats ont été trop lents. De nombreuses espèces de poisson diadrome (dont les diverses étapes du cycle vital se déroulent en partie dans l’eau douce et en partie dans l’eau salée) ont subi un déclin grave. Cinq de ces espèces ont été déterminées par OSPAR comme étant menacées et en déclin (esturgeon d’Europe, alose vraie, corégone lavaret, lamproie marine et saumon de l’Atlantique). On attribue leur déclin à des impacts directs tels que la pêche commerciale et la pêche de plaisance non contrôlées et à des impacts indirects tels que la dégradation des habitats de frai, la dégradation de la qualité de l’eau, les impacts de l’aquaculture et les obstacles à la migration".

Malgré toutes les difficultés professionnelles et même sanctions liées à mon engagement dans la protection de la ressource en eau douce continentale, j'espère avoir un peu servi la cause des océans dans lesquels se déversent les eaux douces avec entre autres toutes les substances chimiques toxiques qu'elles drainent des continents ("INPUT expressed their great appreciation to France for putting together no less than 16 years of RID riverine input data, thereby closing an important data gap for trend assessments in the Channel and OSPAR Region IV. INPUT warmly thanked Ms Anne Spiteri for her personal commitment and hard work to present more than a decade’s riverine data in such a comprehensive and consistent way and for the important contribution she had made to OSPAR’s monitoring and assessment work"(1)).

Je remercie le Professeur Lucien LAUBIER aujourd'hui décédé qui a contribué à cet engagement en me permettant, alors que je n'étais qu'élève ingénieure, de découvrir les activités de recherche du Centre Océanologique de Bretagne ; et de découvrir l'océanographie en général en participant à l'exploration des peuplements benthiques (jusqu'à 5000 m de profondeur) des fosses de Rockall et Porcupine lors de la Campagne INCAL de l'été 1976 sur le navire océanographique Jean Charcot.
Avec le petit reportage photo qui suit, exhumé presque quarante ans après, je remercie tous les scientifiques qui ont pris le temps à l'époque de répondre à mes questions, et de façon générale, toutes les personnes qui prennent sur leur temps personnel pour transmettre leur passion aux jeunes.

QUELQUES IMAGES DE LA CAMPAGNE INCAL DE 1976 SUR L'ANCIEN NAVIRE OCEANOGRAPHIQUE JEAN CHARCOT

La zone d'exploration de la Campagne INCAL est indiquée par le tracé en rouge :


Image Google earth - Novembre 2013


Les mises à l'eau et récupérations à bord des engins de prélèvement ("16 Chaluts a perche (CP), 10 Chaluts Wormley (WS), 16 Dragues epibenthiques (DS), 8 Dragues Oban (OS), 17 Carottiers Reineck (KR), 1 Nasse Camera (NASCA), 6 Troikas") pouvaient avoir lieu le jour ou la nuit avec l'aide de puissants projecteurs (ce qui explique la couleur sombre de certaines photos).

Les remontées des engins pouvaient durer plusieurs jours pour ne pas endommager les organismes vivants des profondeurs à cause de changements de pressions qui seraient trop rapides ; leur manipulation à bord était souvent assez délicate.

Les précieux sédiments profonds, exhumés de jusqu'à 5000 m de profondeur dans la fosse de Porcupine, étaient récupérés et conditionnés pour être minutieusement analysés à terre, ainsi que leurs peuplements profonds (Lucien LAUBIER et Claude MONNIOT) souvent microscopiques.


Quelques habitants macroscopiques des grandes profondeurs, holothuries, poissons, ophiures, méduses, crustacés, que les techniques modernes permettent heureusement de voir évoluer vivants dans leur milieu :


Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Holothuries, poissons, ophiures, méduses et crustacés des grandes profondeurs - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



La manipulation des engins d'exploration, carottiers, chaluts, troïkas, dragues, et la récupération des précieux sédiments des grands fonds :


Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



Engins d'exploration des grandes profondeurs (carottiers, chaluts, troïkas et dragues) - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL


La simple exubérance de ces dauphins accompagnateurs justifie à elle seule de s'engager pour la connaissance et la protection des ressources en eau douce et marine :


Dauphins accompagnant l'ancien navire océanographique Jean Charcot - Copyright Anne Spiteri/Ifremer Campagne INCAL



(1) Extrait du document "OSPAR convention for the protection of the marine environment of the North-East Atlantic. Meeting of the working group on inputs to the marine environment (INPUT). 31 jan.-2 feb. 2006".


Création : 29 novembre 2013
Dernière actualisation :

Commentaires (fermés depuis mars 2014)

Webmaster, le 2013-11-30 15:00:27

L'EEA fait remarquer entre autres que "plans, strategies, and reports must be based on accurate information if they are to help inform the policy process. There is therefore a need to improve the quality of the data used to measure the health of our coastal environment", et que "the sensitivity of coastal and marine ecosystems to some stressors, and especially to combinations of multiple stressors, is often unknown", cf. "Balancing the future of Europe's coasts" (http://www.eea.europa.eu/publications/balancing-the-future-of-europes). Concernant l'état chimique, sachant que ce rapport de l'EEA ne peut bien entendu pas critiquer ouvertement l'image minimaliste que l'état chimique réglementaire de la DCE donne de l'état chimique réel (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=eau_etat_chim_franc_dce_sie_surveillance_pest_tox), la carte 2.1 page 23 "Share of water bodies not achieving good chemical status of transitional and coastal waters per river basin district" a vraiment de quoi inquiéter... Quelques extraits de ce rapport :

"Recent data highlight the continued poor quality of many European coastal waters, with the Baltic Sea the worst, followed by the North Sea and the Black Sea. The conservation status of Europe's coastal species and habitats is also generally bad or unknown. Only 13 % of the assessments of coastal species made under the Habitats Directive are favourable. 73 % of the coastal habitat assessments show bad or inadequate conservation status."

"Improving the knowledge base for successful coastal management : These plans, strategies, and reports must be based on accurate information if they are to help inform the policy process. There is therefore a need to improve the quality of the data used to measure the health of our coastal environment."

"In spite of measures to reduce nutrient concentrations in European seas, 85 % of measurement stations show no change in nitrogen concentrations, 80 % show no change in phosphorous concentrations, and 89 % show no change in chlorophyll-a concentrations. Winter nitrogen oxide concentrations have dropped significantly at 21 % of 268 stations in the Baltic Sea and at 8 % of stations in the North Sea. Little improvement is seen in other seas."

"Spatial data on human uses of the sea, the water quality, as well as the spatial distribution of species and ecosystems have become increasingly available throughout Europe. This makes it possible to produce maps showing where potentially damaging human activities, high levels of pollution and potentially sensitive ecosystems, populations of coastal and marine life, or biodiversity hotspots overlap (Coll et al., 2012). However, the sensitivity of coastal and marine ecosystems to some stressors, and especially to combinations of multiple stressors, is often unknown. Expert judgement can link the spatial distribution of human maritime activities and pollution with the spatial distribution of important ecosystems. Such analysis provides a global map of human impacts on marine ecosystems (Halpern et al., 2007, 2008 and 2012)."

"Chemical status for more than 4 000 transitional and coastal water bodies has been reported across 16 and 21 Member States, respectively (EEA, 2012a). Poor chemical status is reported in 10 % of transitional and 4 % of coastal water bodies, while good status is achieved in 35 % and 51 %, respectively. Unknown status is reported for 55 % of transitional and 46 % of coastal water bodies (see Map 2.1).
Transitional and coastal waters with the poorest chemical quality across Europe are typically subject to pollution from a range of individual pollutants that reflect a diverse range of sources. Coastal waters related to the Seine in France, for example, report heavy metals, pesticides and polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs) to be an issue, while in the Belgian Schelde, 12 chemicals including mercury, pesticides, PAHs, Tributyltin (TBT) and the industrial chemical nonylphenol are all a cause of poor status. Similarly, the Romanian coastal part of the Danube RBD is polluted by heavy metals (cadmium, lead and nickel), a range of PAHs and some pesticides. Six Member States report their coastal waters to be in 100 % good status, although in five others (Belgium (Flanders), Denmark, the Netherlands, Romania and Sweden), poor status exceeds 90 % of those water bodies with a known chemical status (EEA, 2012a).
Hazardous substances can interact with different ecosystem components, and have detrimental effects on biota at molecular, cellular, tissue and organ levels. Substances with endocrine-disrupting properties have been shown to impair reproduction in fish such as the eelpout (Zoarces viviparous) and shellfish in Europe, raising concerns for fertility and for population survival. In some polluted areas, malformed larvae are found in more than 80 % of eelpout broods (HELCOM, 2010b) (see Photo 2.2). Organochlorines influence birds and marine mammals, and metals and pesticides are toxic to biota.
Accumulation of dioxins (a family of highly stable and toxic persistent organic pollutants (POPs)) along the marine food web has been demonstrated in the Baltic Sea (HELCOM, 2004). While the concentrations have significantly decreased since peaking in the 1970s, dioxin accumulation in seabed sediments and in some fatty fish such as wild salmon and herring is still cause for concern (Naturvårdsverket, 2013)."

"Holistic assessments of the marine and coastal ecosystems show that many vital functions of marine ecosystems have been weakened, impairing overall ecosystem health (Swedish EPA, 2009; HELCOM, 2010c; OSPAR, 2010; UNEP, 2012). This is due to a combination of pressures, including agriculture, fishing, shipping, coastal infrastructure development, tourism and recreation, and inadequate wastewater treatment (Knights et al., 2011).
When taking the MSFD descriptors of 'good environmental status' (GES) as proxies for the state of marine ecosystems and their capacity for service provision, the ODEMM (16) project shows that several of the state descriptors across European seas are currently at high risk of failure to achieve GES by 2020 (Breen et al., 2012)."

"The analysis of cumulative human impacts on the coastal and marine environment is a new and developing field (Ban et al., 2010)."

Webmaster, le 2014-01-26 14:53:27

En espérant que ces explorations des grandes profondeurs ne cachent pas une exploitation industrielle à venir qui ne ferait qu'en saccager la beauté et la richesse écologique, mais on peut le craindre… Cf. "Les grands fonds marins, un univers majestueux et plein de vie" (http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/01/24/les-sites-sous-marins-un-univers-abyssal-a-couper-le-souffle_4353516_3244.html). Extraits :
"Un univers abyssal « majestueux », d'une beauté à « couper le souffle », riche d'une vie hors du commun… C'est ainsi que Marie-Anne Cambon-Bonavita, chef de la mission Bicose (Biodiversité, interactions, connectivité et symbioses en milieux extrêmes), décrit les sites sous-marins explorés par la campagne océanographique en cours dans l'océan Atlantique. Le 11 janvier, trente scientifiques de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'université Pierre-et-Marie Curie et du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, ont appareillé de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à bord du navire Le Pourquoi Pas ?, pour une expédition d'un peu plus d'un mois. Après quatre jours de traversée, le navire s'est positionné au-dessus de la dorsale (chaîne volcanique de montagnes sous-marines) médio-atlantique, à mi-chemin entre la Guadeloupe et les îles Canaries. C'est là que nous avons joint par téléphone Marie-Anne Cambon-Bonavita."

"Quel est l'objectif de cette campagne ? Marie-Anne Cambon-Bonavita : Le but principal, le cœur de la mission Bicose, est de caractériser la diversité géologique et biologique ainsi que le fonctionnement des écosystèmes ultra-profonds."

"Comment accédez-vous à ces milieux ultra-profonds ? Sur le Pourquoi Pas, le plus grand navire scientifique de l'Ifremer, nous disposons du Victor 6000, un robot télé-opéré doté d'instruments scientifiques, capable de travailler par 6000 mètres de fond. Il a déjà effectué trois plongées et il y en aura dix en tout, de longue durée (entre vingt-cinq et quarante-cinq heures). Au cours de ces plongées, il peut réaliser des prélèvements de roches, d'animaux et de fluides, des relevés de la topographie des fonds marins, ainsi que des relevés photographiques, pour avoir une vue d'ensemble des habitats et des faciès géologiques. Il nous envoie en permanence, par câble, des images du fond que nous recevons en direct sur nos écrans."

"Vos premières impressions ? Ce qui nous a coupé le souffle, c'est l'aspect majestueux de ces sites. C'est absolument grandiose, avec des jeux de lumière magnifiques et beaucoup de contrastes de couleurs sur les cheminées hydrothermales, qui vont du blanc au gris et au noir, rehaussés par de l'orange. Tout autour nagent des crevettes blanches et orangées. C'est vraiment de toute beauté."

"Quelles sont les formes de vie dans cet environnement extrême ? Quand nous avions fait les dernières plongées, voilà vingt ans, nous n'avions échantillonné que les sites actifs, c'est-à-dire les cheminées hydrothermales. Nous devons à présent étudier la faune des zones périphériques, inventorier les espèces et leur distribution, de manière à cartographier au mieux les habitats. Car ce sont ces zones périphériques qui seront impactées en cas d'exploitation minière. Outre des anémones de mer, on y trouve des crabes, des poissons de la famille des maquereaux, blancs et sans yeux… Et, dans les sédiments, il y a plein de petits vers, de petits crustacés. Sur les sites hydrothermaux actifs eux-mêmes, on trouve quantité de crevettes et de moules, qui vivent en symbiose avec des bactéries. A ces profondeurs, il n'y a pas de lumière, pas de photosynthèse, donc aucune vie végétale. Ce sont des micro-organismes qui, par chimiosynthèse, apportent des composés nutritifs aux animaux. L'un des volets de notre travail est de chercher à comprendre comment la vie s'est installée dans cet environnement sous pression, obscur, où se mélangent des eaux froides (2 °C) et ultrachaudes. Malgré des doses massives de sulfures, de métaux lourds, de mercure ou de plomb qui, ailleurs, seraient mortelles et élimineraient toute vie, ces espèces se sont parfaitement adaptées."

"Avez-vous fait des découvertes ? Dès la première plongée du robot sous-marin, nous avons trouvé, dans un site actif, des crevettes de l'espèce Rimicaris exoculata dont les femelles portaient des œufs. En quinze ans, c'est la deuxième fois seulement que je fais une telle observation. Et l'un de mes collègues à bord, qui travaille sur ces sujets depuis vingt-cinq ans, n'en avait jamais vu dans ces milieux. On imaginait jusqu'ici que les femelles s'éloignaient des sites actifs pour protéger leurs œufs. Il n'en est rien. Nous avons encore beaucoup à apprendre sur le cycle de vie, la reproduction et la dispersion de ces espèces."

"Ces écosystèmes ne sont-ils pas menacés par les projets d'exploration et d'exploitation des gisements minéraux ? Le but de cette campagne est de mieux connaître ces environnements extrêmes, de mieux les faire connaître, pour mieux les protéger. Voilà pourquoi nous avons établi un relais avec des écoles, qui nous suivent à travers notre blog (http://blogs.ifremer.fr/bicose) et qui vont mener des activités scolaires autour de cette campagne. Nous voulons faire partager au grand public la beauté, pleine de vie, des grands fonds marins."

Webmaster, le 2014-02-26 06:37:50

"La Commission européenne dresse un bilan alarmant de l'application de la directive, entrée en vigueur en 2008, visant un bon état écologique des mers de l'UE en 2020. Bruxelles pointe le manque d'ambition des Etats membres dont la France". Cf. "Bon état écologique du milieu marin : Bruxelles tire la sonnette d'alarme" (http://www.actu-environnement.com/ae/news/bon-etat-ecologique-milieu-marin-mer-europe-france-20875.php4). Extraits :
"Pour rappel : la directive a été adoptée en juin 2008 par le Parlement et le Conseil de l'UE. Les Etats membres étaient invités à transposer la directive pour le milieu marin d'ici au 15 juillet 2010. En septembre 2010, la Commission européenne a défini onze critères à partir d'avis scientifiques, permettant aux Etats d'évaluer l'état environnemental et sanitaire des milieux marins et d'établir les priorités et objectifs de leur plan d'action. Parmi ces 11 critères figurent le maintien de la biodiversité (biomasse des populations, répartition des espèces, état des habitats), la lutte contre les espèces non indigènes et/ou envahissantes mais aussi l'eutrophisation et la bonne santé des stocks de pêche (poissons et crustacés). Sont également pris en compte dans les critères d'évaluation : le niveau d'intégrité des fonds marins, les macrodéchets mais aussi le niveau de concentration des contaminants (substances dangereuses), l'impact des sources sonores sous-marines et de l'énergie thermique, des champs électromagnétiques et de la lumière."

"Les indicateurs sont au rouge"
"Où en sont aujourd'hui les pays de l'UE ? "Des efforts urgents sont nécessaires pour que le milieu marin retrouve un état satisfaisant d'ici à 2020", alerte la Commission européenne. Elle pointe l'ambition "globalement limitée" des pays pour parvenir "au bon état écologique" à cette échéance et relève plusieurs "lacunes". Plus de vingt déterminations différentes du bon état écologique ont été établies par les Etats membres ne permettant pas d'aboutir à des objectifs "communs ou comparables", issus de leurs rapports, constate Bruxelles. Certains Etats membres ne prennent pas en compte les normes législatives existantes : ils "ignorent" les critères en matière de protection de la biodiversité marinefixés par la directive "Habitats". Les Etats membres ont identifié les différents contaminants présents sur la liste des substances prioritaires de la directive-cadre sur l'eau, "en se concentrant sur certains et en ignorant les autres". Seuls quelques Etats membres ont indiqué "clairement" que tous les stocks de poissons devraient être exploités "à ou au-dessous des niveaux de rendement maximal durable", conformément à la Politique commune de la pêche. La Commission critique également "le manque de coordination" entre les Etats membres voisins d'une même région marine (Atlantique du Nord-Est, Méditerranée, mer Noire). Ce qui "constitue un frein à l'amélioration de la situation" des eaux. Elle dénonce aussi le "manque de cohérence" de certains pays membres qui ne prennent pas en compte leur évaluation initiale dans leurs objectifs fixés...
Conséquences : la plupart des indicateurs "sont au rouge", prévient la Commission. Les mers européennes "ne sont pas en bon état écologique" : 88% des stocks halieutiques sont en effet menacés en mer Méditerranée et en mer Noire ! 39% des stocks de l'Atlantique Nord-Est sont également surexploités. Néanmoins, les activités de capture "deviennent plus durables, même si l'amélioration est lente", souligne la Commission. La pollution dans le milieu marin a "diminué dans certains endroits" mais les niveaux de nutriments et de certaines substances dangereuses sont "globalement toujours au-dessus des limites acceptables". L'appauvrissement en oxygène, en raison de la pollution des éléments nutritifs (eutrophisation), est "particulièrement grave" dans la Baltique et la mer Noire. Les déchets marins, principalement en plastique, sont également "un problème croissant". En mer du Nord, plus de 90% des fulmars (des oiseaux de mer) présentent des matières plastiques dans leur estomac. En moyenne, 712 déchets plastique sont retrouvés "sur 100 m de tronçon d'une plage sur la côte Atlantique". Le changement climatique contribue également "à la poursuite de la dégradation des écosystèmes marins". Les écosystèmes marins d'Europe restent donc "menacés par ces pressions multiples", indique l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). Sur les 36.000 espèces animales et végétales connues dans les mers européennes, l'AEE constate pour l'heure que le bon état écologique peut être appliqué "à moins d'un cinquième des espèces" seulement."

"La France pointée"
"Après avoir reçu son rapport, la Commission européenne conclut "au manque global d'ambitions" de la France. L'Hexagone ne va pas "au-delà des normes existantes" de l'UE. Toutes les pressions et les impacts sur le milieu marin identifiés par la France "ne sont souvent pas efficacement couverts". Dans la région de l'Atlantique du Nord-Est, les objectifs sont fixés "à un niveau très général, tandis que dans la Région méditerranéenne, ils sont souvent plus détaillés avec des indicateurs associés". La Commission salue toutefois la France qui a inclus un indicateur sur les processus de recyclage de la matière organique dans sa définition "du bon état écologique"."


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