Voir l'état des eaux et son évolution - rivières et aquifères

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La "nappe de Beauce" à Trancrainville : évolution du niveau de 1965 à 2009


Résumé : un exemple de baisse anormale en années sèches du niveau d'une nappe libre exploitée principalement pour l'irrigation mais aussi pour l’alimentation en eau potable et l'industrie.


La nappe des "calcaires tertiaires libres de Beauce–4092" est un exemple de nappe libre largement utilisée pour l'agriculture, l'alimentation en eau potable et l'industrie. L'évolution du niveau et de la qualité de l'eau est préoccupante, mettant en danger l'alimentation en eau potable et l'équilibre des écosystèmes aquatiques qui en dépendent. Un bilan détaillé est disponible dans l'Etat des lieux du SAGE nappe de Beauce.

Méthode

Les données brutes ont été téléchargées à partir du portail ADES, et de la fiche point d'eau correspondant au piézomètre 03272X0006/PZ.
Eau-Evolution a choisi ce piézomètre parce qu'il bénéficie d'un suivi assez long et que les évolutions des niveaux de l'eau y sont semblables à celles constatées sur les piézomètres voisins. Il plonge dans la nappe des calcaires tertiaires libres de Beauce au niveau de la commune de Trancrainville (Eure-et-Loir).
Les traitements ont été effectués avec Excel 2007.

Résultats

Le graphique suivant montre l'évolution du niveau de la nappe de Beauce dans la zone du piézomètre. Ce type de graphique permet en particulier de vérifier l'efficacité des actions de protection.


Nous ne disposons malheureusement pas de la chronologie pluviométrique locale, mais la chronologie pluviométrique globale sur l'ensemble de la métropole montre que les baisses de niveaux sont bien évidement liées à des successions d'années plutôt sèches : les 9 années 1969-1977 et 1985-1993 ont en effet fourni une quantité cumulée de pluies relativement faible, égale respectivement à 4245 et 4255 milliards de m3 (valeurs approximatives).
En admettant que la pluviométrie se soit comportée de façon à peu prés semblable sur la Beauce que sur l'ensemble de la France, on constate alors que ces deux successions d'années sèches à peu prés équivalentes ont provoqué des baisses de niveau beaucoup plus importantes dans les années 90 que dans les années 70. Ceci ne peut s'expliquer que par un taux de surexploitation accru de cette ressource, essentiellement pour l'irrigation.
Compte tenu de la grande surface de cet aquifère, la baisse du niveau minimum de 3 m dans les années 90 correspond certainement à un volume de prélèvement très élevé.

Des détails et des cartes figurent dans le dans le SAGE Nappe de Beauce ainsi que dans le projet de Décret portant extension des zones de répartition des eaux, dont un extrait ci-dessous : "La nappe des calcaires de Beauce est une nappe libre dans sa majeure partie, en forme de cuvette de 9000 km2; c'est un système hydrogéologique multicouche complexe, bien délimité : à sa périphérie principalement par un ensemble de cours d'eau (Seine, Loire et Loir), à sa base par une couche d'argile à silex imperméable. Son épaisseur varie entre 150 et 250 m. Sa connaissance hydrodynamique provient d'un ensemble de suivis piézométriques depuis 1965, complétés depuis 1997. Un indicateur synthétique de l'évolution du niveau piézométrique depuis 1974 a été défini en 1995, dont la représentativité fait l'unanimité. L'alimentation provient des précipitations surtout hivernales ; l'apport moyen des pluies est estimé à 900 millions de m3/an. La circulation est lente et la recharge retardée (5 à 6 mois en moyenne, localement jusqu'à 3 ans). La vidange se fait naturellement par les cours d'eau périphériques, augmentée de nombreux prélèvements anthropiques.
Les usages sont divers (agriculture, eau potable, industrie) mais le volume prélevé est principalement destiné à l'irrigation qui peut prélever jusqu'à 450 millions de m3 en année sèche. On recense 3200 captages pour l'irrigation et 1000 pour les autres usages
".

Alors, la question de gros bon sens : pourquoi a-t-on autorisé pendant les années sèches un volume excessif de prélèvements, alors que l'on voyait depuis le début des années 90 que la nappe baissait de façon dangereuse ? Les règlementations sont-elles mal conçues et/ou peu appliquées ? et le bon état des eaux en 2015 ?




Création : 28 janvier 2009
Dernière actualisation :

Commentaires (fermés depuis mars 2014)

Cyrille WWF, le 2009-09-25 09:50:34

Un article intéressant qui est à rapprocher de celui que vous trouverez sur le lien suivant "Une irrigation copieusement arrosée d’euros".
D’autres articles du même auteur vous aideront à mieux comprendre la situation catastrophique de notre ressource (tant quantitative que qualitative). Pour l’heure en Beauce tout va bien : sur le site SAGE BEAUCE, on ne voit la problématique Eau presque que par l'approche quantitative, préoccupation 1ère des irriguants ! Il est vrai que la nappe de Beauce sert aussi pour produire de l’eau potable aux communes rurales et agricoles qui sont situées à sa surface (c’est l’arroseur arrosé !). Tout va pour le mieux, puisque pour l’eau potable on raccorde les réseaux à tout va, donc, il n’y aura plus de problèmes…. On continuera à produire comme on le fait depuis 30 ans. C’est les poissons de la rivière Conie qui ne sont pas contents, ne recherchez pas non plus à vouloir faire une descente de kayak l’été sur cette rivière, il n’y a plus d’eau ! => Le bon état en 2015 ! ? On va bientôt classer cette rivière en OUED : donc pas de problèmes !.....


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